RAID 4x4 MATMATA
  TUNISIE

  avec Sud Expé
 

du 12 au 21 avril 2003

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Récit par étapes avec photos

    samedi 12 avril 2003
    dimanche 13 avril 2003
    lundi 14 avril 2003
    mardi 15 avril 2003
    mercredi 16 avril 2003
    jeudi 17 avril 2003
    vendredi 18 avril 2003
    samedi 19 avril 2003
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Voir aussi : raid 4x4 en Tunisie (sans organisation, mars 2002)


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Un peu d'histoire

La Tunisie était peuplée depuis la préhistoire. Des traces de présence humaine ont été découvertes dans les couches profondes du paléolithique.
Ses premiers habitants connus sont les Berbères.

814 Av. JC: Fondation de Carthage par des colons phéniciens, conduits par la Reine Didon, appelée aussi ELYSSA. La nouvelle cité se développe rapidement devenant un grand foyer de civilisation et une puissance redoutable qui inquiète Rome.

264 - 146 Av. JC: Trois guerres contre Rome - passées à la postérité sous le nom des "guerres puniques"- sont engagées donnant lieu, entre autres, à la fantastique expédition conduite par Hannibal qui a traversé les Alpes avec ses éléphants (218- 202 Av. JC). Ces guerres s'achèvent par la défaite de Carthage.

146 Av. JC- 439: Etablissement de la première colonie romaine "Africa". Le pays connaît une grande prospérité. L'agriculture et l'urbanisation se développent.

439: Conquête de Carthage par les Vandales.
533: Reprise de Carthage par les Byzantins. 

647-698: Début de l'ère arabo-musulmane. Fondation de Kairouan par Oqba Ibn Nafaa (en 670) et prise de Carthage par les Arabes (en 698).
800-909 : Expansion de l'Islam et établissement de la Dynastie des Aghlabides (construction de la Mosquée Zitouna de Tunis). Kairouan est alors le centre politique et intellectuel du Maghreb.

909-1159: Dynasties Fatimide et Ziride. Mahdia, fondée en 921, devient la capitale du pays

1159-1230: Les Almohades unissent les pays du Maghreb et l'Andalousie musulmane.

1236: Les Hafsides, vassaux des Almohades, se déclarent indépendants et fondent une nouvelle dynastie à Tunis qui règnera jusqu'en 1574.
1574: La Tunisie est annexée à l'Empire Ottoman . 
1705: Fondation de la Dynastie des Husseinites (déchue le 25 juillet 1957).

1881-1956: Protectorat français, établi le 12 mai 1881. La résistance anti-coloniale dure pendant pratiquement la totalité des 75 ans de domination française. Menée d'abord par le parti Destourien (1920), la lutte connaît un nouvel élan avec le néo-Destour à partir de 1934.

1956 (20 mars): La Tunisie obtient son indépendance.

1957 (25 juillet): Proclamation de la République tunisienne. Habib Bourguiba devient président de la Tunisie indépendante.

1959 (1er juin): adoption de la première constitution de la République Tunisienne.

1963 (15 octobre): les troupes françaises évacuent Bizerte, leur dernière base dans le pays.

1987 (7 novembre): conformément à la Constitution, le Premier ministre, Zine El Abidine Ben Ali, succède au Président Bourguiba, jugé par ses médecins dans l'incapacité de continuer à assumer ses fonctions. Le Président Zine El Abidine Ben Ali est investi par le Parlement en tant que Président de la République.

1989 (2 avril): Elections législatives et présidentielle. Election du Président Ben Ali au suffrage universel.

1994 (20 mars): Elections législatives et présidentielle. Réélection du Président Ben Ali et accès de l'opposition au Parlement, pour la première fois dans l'histoire de la Tunisie indépendante.

1999 (24 octobre): Réélection du Président Ben Ali suite à la première élection présidentielle pluraliste de l'histoire de la Tunisie.
L'opposition gagne 20% des 182 sièges à la Chambre des Députés grâce à la réforme du Code Electoral.
Le nombre de femmes au Parlement passe de 11 à 21.

Un peu de géographie

La géographie de la Tunisie est très diversifiée : montagne au nord, désert au sud, steppes à l'Ouest, Lacs salés au Sud Ouest et plages à l'Est.

La Tunisie compte près de 52,9 % de citadins. La croissance démographique diminue (politique de planning familial depuis 1964). Environ 350000 Tunisiens vivent à l'étranger, principalement en France.

L'économie est assez diversifiée. L'agriculture emploie 33 % des actifs et a développé des cultures intensives irriguées dans le Nord.

Pétrole, gaz et phosphates sont les principales ressources d'exportation et ont permis la création d'importants complexes industriels sur les côtes, alors que les activités textiles et de montage se sont développées dans les villes.

Le tourisme et le pétrole assurent d'importantes recettes. Le pays est l'un des plus développés d'Afrique


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GRAND FORMAT AVEC ETAPES


Récit par étapes avec photos

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Forts d'une récente expérience du Sahara lors d'un voyage en Tunisie l'année dernière en 2002 (voir ici) où nous n'étions partis en "privé" qu'à deux véhicules, je décide cette année de partir avec une organisation. Nombreux sont ceux qui proposent la Tunisie comme destination de raid 4x4 et moto, mais peu d'entre eux offrent un itinéraire original dans le grand sud tunisien pour aller tutoyer les dunes du Grand Erg de près.

Au retour de mon dernier voyage, j'avais rencontré sur le ferry l'organisateur de Sud Expé, Christian Beilles, et en discutant avec lui, je me suis dit que je reviendrais en Tunisie pour effectuer les parcours que je n'avais pas pu faire par manque de sécurité, et en particulier la remontée de Bordj el Khadra vers El Borma, une étape originale où grandes plaines de sable et grandes dunes alternent sur 120 kilomètres. Chose dite chose faite, je m'inscris sur le raid Matmata de Sud Expé avec Guy, un ami qui sera mon copilote.

Le parcours proposé par l'organisation, cette année, ressemble beaucoup à celui que nous avions programmé en 2002, passant pas la plupart des lieux intéressant qui sont aussi des passages-clés (Tiaret - Bordj-El Khadra - El Chouech - El Borma - Ksar Ghilane - Douz - Nefta - Tozeur).

samedi 12 avril 2003
Voyage Genève - Marseille et embarquement pour la Tunisie (Marseille-Tunis)

Après quelque cinq heures de voyage de Genève à Marseille, nous voilà dans en attente au port pour l'embarquement. Nous somme accueillis par une véritable horde de 4x4 de tous styles, prêts à conquérir les pistes de Tunisie. Différentes organisations proposent cette destination, ce qui fait que nous sommes très nombreux à embarquer.

Le navire a près de 4 heures de retard, après quelques problèmes au sein de la compagnie de navigation et, nous dit-on, du mauvais temps en mer.


        les 4x4 prêts pour l'embarquement à Marseille

Après une longue attente et quelques formalités, nous montons à bord du ferry Méditerrannée affrété par la SNCM,

dimanche 13 avril 2003
fin de la traversée de la Méditerranée (Marseille-Tunis) et liaison Tunis-Matmata (étape 1)

Il nous faut 23 heures pour traverser la Méditerranée et enfin atteindre le port de la Goulette à Tunis. La vie à bord s'organise mais le temps passe assez vite avec les nombreuses distractions entrecoupées par les différents repas et une nuit assez calme.


        Le ferry SNCM au port de Marseille

Arrivés à Tunis, c'est encore trois heures d'attente, entre les papiers de douane pour les personnes et les véhicules, les autorisations de circuler en Tunisie. C'est long,  mais on ne peut pas y échapper, ce sont les formalités d'usage que je commence à bien connaître.


        coucher de soleil, quelque part en Méditerrannée

Christian l'organisateur nous indique comment rejoindre Matmata par la route, qui se situe à près de 450 kilomètres au sud de Tunis. Cap sur Matmata, donc, où nous arrivons tard dans la soirée pour un repas mérité pris à l'hôtel Diar El Barbar. Nous y passons notre première nuit. Il s'agit du point de départ du raid qui compte véritablement 6 étapes, mais je considère que la liaison Tunis-Matmata figure comme une étape à part entière en raison de sa longueur.

lundi 14 avril 2003
Matmata - El Jenein (étape 2)

Petit déjeuner avalé, briefing de l'organisateur effectué, road-book en main, nous partons pour El Djenein par la route au début, après avoir fait quelques achats au marché et dans le village de Matmata.


        L'Hôtel Diar El Barbar et sa piscine, à Matmata


        petite oasis à Matmata

En effet, nous partons pour trois nuits en bivouac dans le désert, il faut être autonome avec la nourriture. La route se transforme vite en piste, et nous sommes soudain plongés dans un décor désertique à perte de vue.

La piste est difficile, caillouteuse, et les vibrations incessantes commencent à provoquer des problèmes. Nous devons nous arrêter pour resserrer les tubes latéraux de protection de bas de caisse après quelques kilomètres seulement. Ca commence bien !

 
        Les longues pistes à perte de vue, au sud de Matmata

Nous poursuivons notre route, suivant scrupuleusement le road-book et les indications données par Guy, mon copilote. Nous nous faisons secouer dans tous les sens, ce n'est pas de tout repos. Plus loin sur la piste, nous sommes rejoints par Marc, un belge avec un Land Rover 130 (long) avec qui nous sympathisons très vite. Il est venu avec son fils Cédric pour lui faire goûter à l'aventure dans le désert. Nous continuons avec lui pour le reste de l'étape.


        Le Pajero lancé sur la piste à la conquête du grand sud tunisien

Les véhicules se regroupent parfois ou tentent l'aventure seuls. Au détour d'un carrefour, nous nous laissons aller à suivre un petit convoi mais leur cap est mauvais. Nous devons alors couper à travers les herbes à chameau dans un terrain parfois très accidenté, aidés par le GPS,  pour rejoindre la bonne piste.

        Ce jeep Cherokee a perdu sa roue avant. Ca fait désordre !

Le terrain est tellement exigeant au niveau de la mécanique que déjà un véhicule, le seul Jeep Cherokee engagé, part tout droit dans un virage suite à la perte d'une roue, trahi par un montage un peu spécial. Dans ce terrain, il faut s'engager avec le matériel le plus simple, mais aussi le plus solide possible. Le Cherokee repartira tant bien que mal pour rejoindre la route la plus proche, après une réparation de fortune.

En fin d'après-midi nous atteignons le bivouac d'El Djenein, situé en bord de piste au point GPS de coordonnées N 31° 44'51" et E 10° 8' 8.6", dans un vent de sable que nous devons affronter avec un masque. Avec ces conditions, le montage de la toile de tente n'est pas chose facile et nous devons faire la cuisine directement dans la voiture.

mardi 15 avril 2003
El Jenein - Bordj El Khadra (étape 3)

Réveil vers 6 heures pour un briefing se tenant une heure plus tard. Nous nous lançons sur la grande piste en direction de Tiaret pour faire le plein, après deux passages où les militaires nous contrôlent les passeports, véhicule par véhicule.

Au poste de contrôle SP3 (Tiaret), à la station de pompage, nous rencontrons Mohammed, avec qui nous avions passé quelques heures précieuses l'année dernière. Il me reconnaît tout de suite, et s'empresse de me montrer des documents imprimées qui ne sont autres que les pages internet que j'avais écrites sur notre précédent raid. Il n'a pas changé, il dégage un sincérité jamais vue. C'est émouvant de le retrouver là, même pour quelques minutes seulement.


        Attente au poste de contrôle de Tiaret (station de pompage SP3)


        Panorama, vue sur la grande piste qui conduit à Bordj-el-Khadra

Plus loin, après une halte vers le puits de Tiaret, nous quittons la piste pour nous enfoncer dans un paysage de dunes qui paraissent infranchissables. Pourtant, nous apprenons vite et passons les crêtes des dunes les unes après les autres sans problème. Nous restons derrière le Toyota Land Cruiser, attentifs aux trajectoires qu'il emprunte .


        Seul dans les grandes dunes de l'erg oriental

Il n'y a pas de trajectoire parfaite dans ce terrain, mais il faut tout de même éviter les erreurs : ne pas s'arrêter dans le creux entre deux dunes, ne pas prendre les crêtes des dunes en biais mais plutôt de face (perpendiculairement), s'arrêter juste après le passage de la crête si nécessaire, ne pas prendre trop de vitesse pour ne pas passer de l'autre côté en risquant de partir en avant après la cassure (ça s'appelle une "casquette" dans le jargon). Aussi, il faut toujours laisser une distance de sécurité entre les véhicules, idéalement une ou deux dunes, tout en restant en vue du véhicule suivant et à vue du véhicule précédent. Il ne faut pas oublier non plus que les pneus ont été dégonflés pour ne laisser qu' 1,2 bar et qu'à cette pression le virage serré est interdit sous peine de déjanter.

Le jeu, maintenant, consiste à dessiner de belles courbes entre les dunes en lisant la trajectoire à prendre, tout en douceur, mais ce n'est pas si facile que ça en a l'air !

.
        Le Land Rover de Marc en recherche de trajectoire idéeale après le franchissement d'une dune

Bien sûr, en partant à au moins trois voitures, le dépannage est toujours possible, soit avec des sangles, soit par treuillage pour se dégager d'une mauvaise situation, par exemple en étant posé à cheval sur une crête.

Il arrive parfois également de ne pas avoir assez de vitesse et de se planter tout bêtement dans du sable mou sur le plat, et nous en avons fait la triste expérience. Là aussi, dégagement à la sangle, tracté par un voire deux autres véhicules, et aidés par les plaques de désensablement pour remonter la voiture sur la surface la plus porteuse.

Au plus fort de la journée, nous lisons 43°C sur le thermomètre, et faire des efforts à cette température est épuisant voire dangereux. Nous buvons néanmoins beaucoup pour éviter tout risque de déshydratation qui pourrait être fatal.

Les dunes de sable, c'est aussi du plaisir, le sentiment de surfer dans les descentes comme sur une grande vague, et une douceur de conduite incomparable.

Les vingt derniers kilomètres sont assez angoissants, non seulement par le manque de visibilité, mais aussi parce que je fais la trace au cap indiqué par le GPS en contournant au mieux les dunes qui restent à franchir avec quelques véhicules qui me suivent en toute confiance (enfin, je crois !). De plus, cette responsabilité n'est pas facilitée par le fait que j'ai crevé auparavant, avec une autre roue handicapée par une crevaison lente. J'ai dû regonfler tout le côté gauche à 2 bar de pression, alors que l'autre côte doit encore avoir normalement 1,2 bar. La voiture a tendance à partir en travers à chaque virage, mais je tiens le volant très fort, et la mollesse du sable fait le reste.

Nous arrivons au bivouac à la tombée de la nuit, après de longs moments passés à aider d'autres véhicules ensablés. La solidarité est de mise, mais il faut trouver le juste milieu entre le fait d'avancer pour arriver à une heure raisonnable et de jouer au samaritain en aidant tout le monde. Nous avons compris la leçon dont nous tiendrons compte dès demain.

Je donne l'une de mes roues crevées à l'assistance pour une réparation qui s'avère ne pas être utile. En effet, j'ai dû déjanter en raison de la basse pression. Je devrais pouvoir repartir avec après un regonflage correct.

Ce soir, pas de vent, heureusement. La nuit sera tranquille ou presque. Nous l'avons commencée à la belle étoile dans une douce tiédeur, mais nous devons vite vous abriter sous notre maison de toile, montée en quatrième vitesse, attaqués par une nuée de vilains moustiques. Mais que font-il là, au juste, ceux-là ?

mercredi 16 avril 2003
Bordj El Khadra - puits artésien (étape 4)

Aujourd'hui, il s'agit d'un must, l'étape des étapes, la traversée du Grand Erg du sud au nord par les grands cordons de dunes. D'un autre côté, ça fait peur, mais Christian nous rassure en nous précisant que le sable est plus porteur et que ça ne devrait pas être aussi difficile qu'on peut le craindre. On verra...


        Un des nombreux massifs de dunes rencontrés

Nous partons nous faire pointer au poste de contrôle de Bordj El Khadra, coincé tout au sud du pays entre la Libye et l'Algérie. Sans revenir au bivouac, nous pointons directement sur la case 4 du road-book, qui correspond au 4ème point GPS où avec Marc et son Land Rover nous nous sommes donnés rendez-vous, et nous poursuivons en passant tout d'abord péniblement un premier cordon de dunes ensemble.

Plus loin, c'est avec une certaine habitude et un bon entraînement que nous franchissons ces barrières de sable les unes après les autres, dans une facilité qui peut à peu parait devenir normale. Quelques dépannages et désensablages pigmentent la journée.


        Le Land Rover de Marc posé sur la crête d'une dune. Ca sent le dépannage !

Toujours à trois, nous rattrapons d'autres groupes de 4x4 et de motos sur le trajet, et courtoisement nous leur donnons quelques coups de mains à se dégager de mauvaises passes. Notre timing est bon, nous sommes confortables au niveau de l'horaire si bien que nous pouvons nous permettre quelques pauses-plaisir où nous prenons des photos.


        Denis en pleine démonstration dans le sable avec sa KTM 640

La journée passe vite, cordon après cordon, nous apercevons le lieu du bivouac (position N 31° 15'12.6" / E 9° 30' 1.2"), non loin d'un puits artésien où de l'eau chaude et soufrée jaillit du sol à 26°C. Après deux bivouacs et une toilette presque impossible, nous sautons sur l'occasion pour aller prendre une merveilleuse douche naturelle qui fait un bien fou. Encore un instant magique...

Trouver ce puits en plein désert de sable est hallucinant.

Le vent de sable souffle de nouveau et nous nous construisons un abri de fortune entre deux véhicules à l'aide d'une grande bâche pour éviter les grains de sable dans les yeux. Nous prenons néanmoins un apéro convivial avec d'autres participants avec qui nous faisons connaissance. Elargissons le cercle puisque l'organisation ne propose rien de spécial pour regrouper tout le monde (!) Sans doute comptent-ils sur l'autonomie de chacun ?


        Guy et moi-même méritons bien une douche chaude naturelle au puits artésien, en plein désert

jeudi 17 avril 2003
puits artésien - El Borma - Ksar Ghilane (étape 5)

Nous ne sommes pas encore sortis de l'Erg. Encore quelques dizaines de kilomètres en direction du Nord pour rejoindre la base militaire de Chouech (poste de contrôle) où nous devons déclarer une fois de plus notre passage, qui prouve que nous sortons de la région désertique. Mais quel plaisir, encore des dunes à franchir et pas des moindres.

Au milieu de ce paysage couleur ocre, nous trouvons un endroit à l'abri où le sable est assez porteur pour nous arrêter pour un confortable casse-croûte avec Guy, Marc, et Cédric. Pour nous le menu n'est pas fantastique en raison d'un manque d'organisation du côté de notre propre logistique.


        Traces dans les dunes : laisser une distance de sécurité lorsqu'on se suit


        Le Land Rover de Marc et le Pajero évoluant dans les dunettes

Arrivés à El Borma, nous poursuivons en longeant le pipeline sur la piste parallèle. Mais peu à peu, le sable la recouvre en formant des dunettes de plus en plus marquées, et leur franchissement est parfois complexe. Il faut trouver la bonne passe dans le sable mou, ce qui nous vaut encore quelques ensablements.

Une fois passés de l'autre côté du pipe, nous retrouvons une grande et large piste qui permet quelques excès de vitesse (ici pas de radar !), mais attention aux petites bosses qui nous font vite décoller du sol. Nous devons être extrêmement vigilants. La tête qui bute au plafond, c'est du quotidien ! Guy nous fait même quelques belles figures en décollant les quatre roues mais le Pajero reste bien en ligne. Après ces quelques petites frayeurs éphémères, nous trouvons un endroit idyllique pour nous arrêter déjeuner, au pied d'une montagne de cailloux faisant penser au décor du Grand Canyon de l'Arizona. Seuls les deux gros tuyaux de pétrole lourd, jamais très loin de nous (ils sont notre guide) gâchent quelque peu le paysage.


        Le long du pipeline d'El Borma


        Sur la piste qui longe le pipeline d'El Borma

Reprenons la piste ! 20 kilomètres de grandes lignes droites où le Land Rover, le Toyota, et le Pajero peuvent s'exprimer à pleine puissance, roulant parfois de front sur des lignes parallèles, nous conduisent sur une petite route, que nous avons tôt fait de quitter pour nous retrouver sur des pistes plus étroites. L'orage arrive, le ciel devient gris orangé, et un gros nuage nous arrive dessus. Incroyable, c'est la pluie. Nous traversons des paysages sublimes et la couleur du sable vire au brun foncé. Dieu que c'est beau !

Dix minutes après, fini ! Le ciel se dégage de nouveau comme s'il ne s'était rien passé, nous laissant la voie libre et un sable plus porteur jusqu'à l'oasis de Ksar Ghilane qui semble être difficile à atteindre. Les dernières portions de l'étape sont pénibles car très bosselées. Notre vitesse est faible et la journée finit par être interminable.

Ksar Ghilane nous accueille, avec ses touristes venant de toute part. Le retour à la civilisation en quelques sorte. Quel choc, après 4 jours seuls dans le désert ! Rien de très excitant. Malgré la proposition de dormir sous des tentes berbères aménagées, nous préférons tout de même notre petite toile de tente, cloîtrés au fond du camp à côté de nos véhicules respectifs. Question de dignité !


        l'oasis de Ksar Ghilane : un avant-goût de civilisation

vendredi 18 avril 2003
Ksar Ghilane - Douz - Chott El Djerid - Nefta (étape 6)

Petit déjeuner européen (là encore, rien d'extraordinaire), road-book en main, nous reprenons la piste en direction de Douz. Un très beau parcours dans les dunettes de sable jaune, avec des enchaînements loin d'être faciles et le stress qui monte un peu à chaque passage. C'est quand même excitant, il ne faut pas relâcher sont attention une seule seconde sous peine de poser le châssis. Ici, le remorquage est impossible. Je reste vigilant.

Sortis de ces dunettes, nous retrouvons de la piste sablonneuse, en essayant de respecter à la fois les indications du road-book, et les points de passage GPS donnés par Christian. En nous efforçant de suivre ces contraintes, nous faisons plus de chemin que d'autres qui coupent souvent le trajet prévu, mais c'est un choix que nous faisons. Un peu plus loin, nous arrivons face à un immense cordon de dunes que nous devons traverser selon le road-book. D'ici, ça parait impossible, d'autant plus qu'elles sont formées de telle sorte que nous allons les aborder à rebrousse-poil, c'est-à-dire en attaquant le côté le plus abrupt. Rendons-nous à l'évidence, nous devons passer. L'itinéraire ne nous laisse guère d'autre choix, à moins d'aller chercher une passe loin d'ici.

A ce moment-là, au pied de cet énorme difficulté apparente, nous apercevons le Steyr Puch Pinzgauer, un 6 roues motrices compact dont la présence est rassurante. Ce véhicule semble passer partout et nous demandons aussitôt à son propriétaire, Roland, s'il nous est possible de le suivre dans les dunes.


        Le Pajero et le Pinzgauer 6x6 de Roland côte à côte sur une crête


        Dépannage dans le sable mou

Sortis de ce large cordon mais passés avec grande satisfaction, nous nous laissons glisser jusqu'au Café du Désert, lieu de passage incontournable par les gens qui sillonnent la région. Il est temps de remettre de la pression dans les pneus pour continuer car nous arrivons sur la piste avec ses cailloux.


       Le célèbre Café du Désert, sur un croisement de pistes avant Douz

La piste nous conduit à Douz, où nous dégustons au frais un divin couscous dans un restaurant, le "Rendez-vous".


        Une énorme rose des sables à Douz, devant le restaurant "le Rendez-vous"

Il faut reprendre la route, la journée est annoncée longue jusqu'à Nefta, située au nord-ouest du Chott El Djerid.

Nous traversons tout d'abord une petite partie du Chott el Djerid sur un kilomètre, comme pour nous faire la main sur cette surface constituée d'une croûte mélangée de sable et de sel. Déjà, j'ai le sentiment de perdre un peu le contrôle de la trajectoire. Je sais que nous allons le traverser plus loin et je m'attends au pire.

Le Chott est en fait un genre de lac desséché, une mer de sable gorgé d'eau salée avec une croûte plus ou moins porteuse selon les conditions météo des jours précédents et de la température. Par endroit, ça relève du sable mouvant. A d'autres, la croûte en surface est dure et on peut y marcher ou y rouler. Nous verrons bien.

Empruntant une route goudronnée vers l'ouest au sud du Chott El Djerid par des petites pistes très sablonneuses en alternance avec des dunettes de sable mou, nous approchons de cette fameuse traversée. Au point GPS de coordonnées N 33° 19' 4.6 " et E 8° 1' 36.5", nous quittons la route juste en face d'un poste de garde nationale pour remonter au nord dans le Chott, tout d'abord par des pistes cassantes ou nous nous faisons secouer comme des pruniers. 25 minutes plus tard, au point N 33° 40' 35.3" et E 7° 50' 42.5", la ligne droite infernale commence : une trace au centre, glissante, profonde et parfois remplie d'eau. Une seule possibilité, garder les roues dans cette trace, et avoir de la vitesse pour ne pas s'enfoncer au passage. Une règle primordiale : ne surtout pas en sortir.

La nuit commence à tomber et la visibilité est par conséquent réduite. Mais je ne réfléchis pas une seconde de plus, j'y vais, j'accélère. Une première traversée où je réussis à rester dans cette trace dans des grandes gerbes d'eau où je ne vois rien pendant 30 mètres (je n'avais pas mis les essuie-glace). Guy s'occupe de ça, mais nous ne voyons toujours pas grand chose car les phares sont crépis de cette horrible boue sableuse qui semble sécher instantanément.

C'est très stressant car on sent la voiture qui est terriblement freinée, et je crois que c'est grâce à la vitesse et donc à l'élan que nous sommes passé de l'autre côté, nous laissant un peu de répit pour nous remettre de ces émotions sur un sol un peu plus porteur.

10 minutes plus loin, même scénario, mais plus long cette fois. On recommence, à fond de 3ème dans la trace , tous phares allumés, essuie-glace et lave-phare en route, et on verra bien... Je n'ai pas fait 500 mètres alors que je vais droit sur quelques véhicules plantés au beau milieu de ce merdier. Je dois freiner un peu et rétrograder en 2ème, perdant de la vitesse et devant m'écarter de la trace principale sous les signes d'un type sur place. Après deux secondes, la voiture s'enfonce irrémédiablement sous la croûte de sable salé, freiné par la densité de ce mélange boueux. J'essaie de mettre les gaz, en commençant à partir en travers, mais rien n'y fait, je suis arrêté, comme les 4 autres véhicules, les roues plantées.

L'entraide s'organise entre les 4x4 échoués ici pour essayer de les sortir un à un, tandis que la nuit est bien tombée. C'est angoissant. Il n'y a rien d'autre à faire que de creuser avec les pelles pour dégager les roues et, à l'aide des plaques de désensablement et au treuillage, essayer de remonter à la surface, petit à petit, pour retrouver une portance suffisante. Toutes les techniques sont bonnes à essayer mais aucune n'est vraiment efficace. Malgré tout, après 6 heures d'efforts, nous arrivons à regrouper tous les véhicules l'un derrière l'autre, dans la seule et unique trace où l'on peut espérer pouvoir repartir.

Toutes les voitures qui sont arrivées ici après nous se sont plantées, y compris celle de l'organisateur. Heureusement, devant la longueur de l'étape, les deux tiers des participants ont regagné l'hôtel par la route, et une bonne partie ont été détournés à l'entrée du Chott par l'organisation venue sur place.


        Le Pajero littéralement scotché dans le Chott El Djerid

A un moment donné, nous nous imaginons passer la nuit ici, à la limite de baisser les bras tellement les efforts sont vains. Chaque véhicule sorti de cette vase se replante 50 mètres plus loin sans trouver la meilleure façon d'avancer en sécurité.

La solution est de revenir un à un dans la trace centrale, pleine d'eau mais plus porteuse, et de continuer sans jamais la quitter, même si la glissade est difficile à éviter à seulement 40 km/h avec les roues rendues lisses car remplies de boue collante.

Pourtant, au prix de quelques heures, nous y parviendrons tous et sortirons de cet enfer, non sans quelques sueurs froides dans les passages suivants, toujours menacés de sortir et de s'enfoncer de nouveau sous cette croûte de sel. C'est à 2h30 du matin que nous atteindrons l'hôtel Sahara Palace à Nefta pour une courte nuit. Quelle délivrance !

samedi 19 avril 2003
Nefta - Kairouan (étape 7)
 


        L'hôtel Sahara Palace à Nefta : un peu de confort qui fait du bien après une très courte nuit


        Le Pajero est dans un triste état après le passage laborieux du Chott El Djerid

Avec le cauchemar de la veille, il est pour nous hors de question de faire l'étape du jour en entier, et c'est en vrais touristes que nous abordons la route pour Kairouan, profitant du beau temps pour visiter un peu le pays.


        Les montagnes près de Chebika, à deux pas de la frontière algérienne

Nous partons au nord à la frontière algérienne en passant un col au beau milieu de paysages somptueux. Nous sommes proches de Tamerza. Nous nous arrêtons à l'Oasis de Chebika pour nous balader dans un théâtre naturel de verdure où palmeraie et chutes d'aux nous rafraîchissent, après tout ce sable rencontré.

Un peu plus loin, pause-dejeuner dans un petit restaurant typique et nous reprenons tranquillement la route jusqu'à notre hôtel de Kairouan, l'Amina.


        L'oasis de Chebika

dimanche 20 avril 2003
Kairouan - Tunis (étape 8) puis embarquement pour la France (retour Tunis-Marseille)

Ce matin, retour à Tunis pour embarquer à bord du Méditerranée pour notre voyage de retour à Marseille puis à Genève par la route. Après quelques achats de souvenirs et les formalités administratives, nous quittons le territoire tunisien.


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