19 avril - 3 mai 2000
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GUIDE DU ROUTARD
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Ama Dablam - Népal

Sommaire

 Visites depuis le 1er décembre 2001 

Voir aussi :
Trek en Corse : le GR20 nord (juin 2000)
Traversée du Mercantour (juin 2002)
Transhimalayenne VTT 2003

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1. Le Népal : un peu d'histoire

Sur les plans historiques, culturels, et linguistiques, le Népal a été le point de rencontre entre les populations mongoloïdes d'Asie (de langues tibéto-birmanes) et les populations caucasiennes des plaines de l'Inde (de langues indo-européennes). Pendant longtemps, le royaume a cultivé sa situation d'état-tampon pour jouer le rôle d'intermédiaire dans le commerce entre l'Inde et la Chine. Aujourd'hui, il continue de tirer avantage de sa position stratégique entre ses deux impressionnants voisins.

Au cours des siècles, les frontières du Népal se sont élargies jusqu'à englober une grande partie de l'Inde, ou bien resserrées jusqu'à n'inclure guère plus que la vallée de Kathmandu et les cités environnantes.

Selon une légende, cette vallée était occupée autrefois par un grand lac que Manjushri, un bouddhiste originaire de chine, assécha en fendant d'une coup de glaive magique la Muraille de Chine qui retenait les eaux. Pour les hindous, c'est Krishna qui accomplit l'extraordinaire exploit en lançant un éclair qui creusa la gorge. A chacun son histoire. Les scientifiques s'accordent à dire que la vallée fut, à une époque, submergée par les eaux, et que les rivières coulaient bel et bien vers le sud à travers l'étroite et profonde gorge de Chobar.

A propos du Yéti...

Si vous voulez voir le yéti, vous pouvez toujours faire comme nous, un trek au Népal, mais la présence de l'abominable Homme des Neiges n'est pas garantie.

La question est : est-ce que le yéti existe ?

La recherche du chaînon manquant entre l'Homme et le singe est une priorité pour certains scientifiques. Alors pensez donc, lorsqu'ils apprennent que le chaînon se promène sur les hauts plateaux himalayens, c'est la plus grande chasse au pseudo homme qui s'organise.
Dans ce genre d'affaire, il est difficile de faire la part des choses tant l'origine de certains témoignages apparaît douteuse. Supercheries et mises en scène ont discrédité les récits, pourtant nombreux, des autochtones.
D'un bout à l'autre de l'Himalaya, les indices laissés par les yétis ont contribué à leur forger une sérieuse réputation de mythe ambulant. Alors bien sûr, certains diront que le dahu dispose lui aussi d'une solide réputation et que ce n'est pas pour autant qu'il existe !
Mais tout de même, si on y réfléchit bien, cette région est particulièrement isolée, l'habitat y est hostile. Toutes les conditions sont réunies pour qu'un animal relativement malin puisse échapper aux empailleurs de tous poils.
Les témoins, les indices et les spéculations scientifiques nous laissent penser que ...
On ne sait d'ailleurs plus quoi penser !
Au début du siècle on a bien trouvé un poisson dont on pensait l'espèce disparue depuis 65 millions d'années, alors pourquoi pas un lascar dont les ancêtres auraient moins de 30'000 ans.
Alors toi, qui est tranquillement allongé au fond de ta caverne en sirotant un bon glaçon, songe à ce qui t'attend si jamais tu décidais de rejoindre la civilisation ...

Et si vous voulez en savoir plus, visitez ce site : http://perso.wanadoo.fr/cryptozoo/vedettes/abominab.htm

En attendant, vous pouvez toujours lire (ou relire !) Tintin au Tibet. 

2. Le Népal : un peu de géographie

Situé au coeur de la chaîne himalayenne, en Asie, bordé par le Tibet (Chine) au nord, l'Inde au sud et à l'ouest, le Bhoutan à l'est, le Népal est le paradis des montagnards, d'un court trekking en moyenne montagne aux grandes expéditions engagées....

Arpenter l'Himalaya au Népal offre bien plus que de splendides panoramas, c'est un voyage à travers le temps, à la rencontre de peuples chaleureux aux coutumes inchangées depuis des siècles.

La diversité des paysages, l'harmonie du mélange des religions hindoues et bouddhistes et l'accueil sensationnel des népalis font du Népal un pays insolite, unique et inoubliable.

Quelques chiffres et données


situation géographique du Népal et de la région du Langtang (parc National)

3. Présentation du trek

La destination Népal constituant un vieux rêve pour la plupart d'entre nous, nous avons décidé de nous engager dans une aventure de trekking dans la région du Langtang (voir carte plus haut), au milieu de paysages hauts en couleurs et non loin des hauts sommets de la célèbre chaîne de montagnes himalayenne. La majorité d'entre nous vient d'un village du Haut-Jura situé à 900 m d'altitude, Foncine, là où le projet a fleuri il y a quelques années. Notre point commun à tous est notre origine jurassienne.

Heureusement, l'accès au Langtang est difficile, la piste est escarpée et il n'y a pas d'aéroport. Ainsi les touristes sont moins nombreux que dans les Annapurnas ou l'Everest. Il ne s'agit pas de réaliser l'ascension d'un sommet ou d'atteindre un camp de base sur la route de l'Everest, ce qui constituerait une autre forme de voyage que l'on appellerait plutôt expédition. 

Vue sur de nombreux sommets himalayens, découverte des lacs sacrés de Gosainkund, lieu de pélérinage important. De nombreux villages de différentes ethnies (Silerpas, Tamangs, Brahmanes, Tibétains) sont traversés au cours du trek. Des villageois souriants et accueillants. Suivant l'altitude, les paysages traversés sont extrêmement variés : rizieres, culture en terrasses, forêts de rhododendrons géants et de sapins, orchidées, et en altitude étendue de rocailles et de buissons avec en toile de fond le spectacle saisissant de pics qui dépassent 6000 mètres. Le Langtang est une étroite vallée située juste sous la frontière tibétaine et peuplée de Tibétains et de Tamangs dont les pratiques religieuses, le langage et le costume sont assez proches.

Le but est de s'acclimater quelques jours en gagnant suffisemment d'altitude (1000 mètres par jour) pour ensuite passer un col à 4600 m sans trop en ressentir les effets. Eventuellement, nous tenterons sur notre route un sommet dépassant les 5000 m, en fonction des conditions météo rencontrées.

Sur les 17 jours de voyage (y compris ceux perdus dans l'avion), nous n'effectuerons réellement que 10 jours de trek sur le terrain. Habituellement, 12 jours sont prévus pour le trajet mais la condition physique moyenne du groupe permettra de plus longues étapes.

Le Langtang se situe dans le Nord de Katmandou, à la frontière de Tibet, c'est le premier parc national himalayen du Népal. La vallée de Langtang est profonde et escarpée, boisée de sapins pectinés et de chênes. En altitude, on admire de superbes villages de pierres rassemblés autours des gompas (temples bouddhistes). Cette région montagneuse est peuplée de Tamangs dont les coutumes et le mode vie ressemblent plus au tibétains qu'aux autres ethnies népalaises. A vol d'oiseau, c'est le trekking le plus proche de Kathmandu.

Programme du voyage

Les étapes 1 à 4 sont des étapes d'acclimatation à l'altitude.

4. Photo de l'équipe

  • 1. porteur 1
  • 2. porteur 2
  • 3. porteur 3
  • 4. porteur 4
  • 5. porteur 5
  • 6. Tej (guide organisateur)
  • 7. cuisinier
  • 8. Kaze (guide accompagnateur)
  • 9. cuisinier
  • 10. porteur 6
  • 11. Philippe B (moi-même)
  • 12. porteur 7
  • 13. Prakash (guide accompagnateur)
  • 14. Françoise
  • 15. porteur 8
  • 16. Marie-Claude
  • 17. porteur 9
  • 18. Anne-Lise (organisatrice depuis la France)
  • 19. Mylène
  • 20. Philippe D
  • 21. Philippe F
  • 22. porteur 10
  • 23. Patrick
  • 24. Régine
  • 25. porteur 11
  • 26. porteur 12
  • 27. Pascal

 

 


Nos guides : TEJ (Tej Bahadur Magar), PRAKASH (Prakash Magar), et KAZE (Sir Kaji Magar)

5. Liste de matériel technique

Pour bien commencer un trek au Népal, il faut s'assurer de s'équiper d'un minimum de matériel indispensable. Pour cela, je vous livre quelques conseils sous forme de liste, tirée de mon expérience personnelle. Cette liste n'est pas exhaustive mais elle peut donner une idée suffisante pour une bonne préparation, sachant que je n'ai manqué de rien et que le confort était la plupart du temps au rendez-vous :

Pour le confort :

6. Données techniques générales

Dénivellé total positif
Dénivellé total négatif
Dénivellé total absolu
Altitude maxi
Altitude mini
Altitude moyenne
Distance Totale
8854 m
9554 m
18408 m
4773 m
800 m
3026 m
125 km

7. Profil du trek

Pour connaître chacune des étapes en détails, se reporter plus bas, dans la rubrique récit, vous trouverez le tracé de chaque étape, ainsi que les données techniques et le profil.

8. Récit personnel (détail des étapes)

Mercredi 19 avril 2000 (J1)

Nous dépensons cette journée pour nous rendre à Paris. Notre Vol est programmé pour la fin de la journée avec Royal Air Nepal depuis l'aéroport Paris-Orly. Nous ferons deux escales : Francfort (Allemagne) et Dubai (Arabie Saoudite). En tout, 15 heures de vol (avec les arrêts). Nous devrons décaler nos montres de 3 heures et 45 minutes (en plus de l'heure française)


Jeudi 20 avril 2000 (J2)

Arrivée à Kathmandu. Nous passerons la nuit au Moonlight Hotel (confort acceptable) difficile de faire une comparaison puisque l'hôtel a été réservé directement par notre guide organisateur Tej, avec qui nous faisons tout de suite connaissance autour d'un apéritif de bienvenue. Nous en profitons pour régler les sommes en dollars US que nous lui devons et pour faire un peu de change en roupies pour nos divers achats personnels.

On sent le sens de l'organisation de ceux qui font souvent équipe : nous allons très vite créer une caisse commune et désigner une trésorière, Régine, qui prendra soin de toute la "comptabilité" le long du trek pour nos achats communs.

En attendant, nous allons nous imprégner de l'ambiance des rues de Kathmandu, où règne une atmosphère très vive. Pendant que certains achètent les cartes postales qu'ils enverront plus tard, d'autres se rincent les yeux dans les rues bordées de boutiques multicolores. Nous constaterons également la misère et l'insalubrité de quelques rues où s'amoncellent des détritus de toute nature dans lesquels les enfants courent pieds nus.

Le soir, au retour à l'hôtel et après une douche très appréciée – nous n'en connaîtrons pas beaucoup d'autres comme celle-ci dans les jours à venir – nous goûterons aux premières spécialités népalaises autour d'un repas. L'ambiance est bonne et tout le monde est détendu.


Vendredi 21 avril 2000 (J3)

Aujourd'hui, nous devrons affronter 8 heures de bus. Le départ du Trek se situe bien au nord de Kathmandu, à Syabru Bensi. Il n'y a qu'une route pour y aller, et quand je dis route je suis gentil…Ce chemin suit le relief avec ses détours et ses dénivelés. Nous n'aurons pas d'autre choix mais le voyage en vaut la peine parce qu'il offre une diversité étonnante de paysages et de panoramas. On remarquera la présence de cultures en terrasses un peu partout.


cultures en terrasses

Le trajet lui-même est pittoresque, le passage de certaines portions, à la limite de l'effondrement, relève de l'exploit mais le chauffeur semble serein. De temps en temps, les porteurs et cuisiniers embarqués à bord nous chantent une chanson populaire népalaise, alternativement on nous fait passer l'unique cassette de folklore local à disposition. Nous l'écouterons bien une dizaine de fois…


il y a des enfants partout le long de la route

Dès notre arrivée à Syabru Bensi, saints et saufs, le ciel nous gratifie d'un violent orage qui ne facilite pas le montage des tentes, mais il ne durera pas. Pendant cette manœuvre, nous serons accueillis sous un abri pour un repas typique. Le voyage nous a épuisés, nous nous coucherons tôt (21h30) pour être frais et dispos le lendemain.


Samedi 22 avril 2000 (J4)
ETAPE 1 : Syabru Bensi - Lama Hotel
Présentation :
Début de la vallée du Langtang, première longue montée régulière. Des milliers de cris d'oiseaux, de singes et d'insectes jusqu' à Lama Hotel, une petite clairière au bord du torrent Langtang Khola. Belle vue sur le Langtang Rilung (7245 m)

Lever tôt (5h30), comme tous les jours qui suivront, afin de profiter au maximum des heures les plus fraîches. Petit déjeuner prévu à 6h00 pour un départ à 7h00 précises. Ce schéma se reproduira également chaque jour, il faudra commencer à prendre quelques bonnes habitudes.


nos porteurs ne sont jamais très loin...

L'étape longe le torrent Langtang Khola en le remontant dans la forêt sur sa rive gauche puis sa rive droite. Les Rodhodendrons géants sont impressionnant de beauté. Nous traverserons une série de ponts suspendus impressionnants. Nous nous accordons une large pause déjeuner à Bambu Lodge, à peu près à mi-distance de l'étape, tout à côté du torrent. Les cuisiniers emportent avec eux dans leur chargement de quoi nous faire manger sur toute la longueur du trek.

Le long du parcours, nous apercevons des singes qui peuplent abondamment la région.


essai de portage au bivouac de Lama Hotel

L'arrivée se situe à Lama Hotel, dans un village situé à 2500 m. Là, nous nous réconforterons dans la lodge autour d'un poêle à bois en dégustant quelques gâteaux secs et en sirotant un thé bien bouillant. Le point de campement est stratégiquement choisi en fonction d'un point d'eau, le torrent qui descend de la vallée glaciaire.

Ainsi nous n'aurons aucun mal à faire notre toilette, si ce n'est que la température de l'eau ne doit pas dépasser 3°C.

Données techniques

Dénivellé positif
Dénivellé négatif
Altitude maxi
Altitude départ
Altitude arrivée
Distance totale
900 m
0 m
2400 m
1500 m
2400 m
10 km

Dimanche 23 avril 2000 (J5)
ETAPE 2 : Lama Hotel - Langtang
Présentation : Deuxième montée régulière
le long des gorges et arrivée à une épaisse forêt. Entrée dans le Parc National du Langtang avec une arrivée dans le village du même nom (3480 m)

Le profil de cette étape est sensiblement le même que celui de la veille : une longue montée régulière qui nous permet de nous élever une nouvelle fois de 1000 m pour rejoindre le charmant petit village de Langtang, point d'acclimatation choisi. Les maisons sont toutes faites en pierres granitiques taillées à la main. Evidemment, que du naturel…

Nous ferons la sieste, allongés sur des planches en plein soleil, en jouant les lézards comme sur une plage, à Ghora Tabella, lieu de notre pause déjeuner.

Nous resterons deux nuits de bivouac à Langtang, avec une randonnée à la journée prévue pour demain. C'est l'idéal pour s'acclimater, passer un jour et deux nuits complètes à 3500 m et plus. L'ambiance est différente, l'esprit "montagne" domine beaucoup plus qu'hier, la vallée s'est tout à coup ouverte pour nous offrir ses beaux paysages montagneux. Nous apercevons déjà de hauts sommets partout autour de nous, dont le Langtang Rilung qui culmine à plus de 7200 m. C'est comme si vous êtes à Chamonix et que vous observez le Mont Blanc depuis là, mais avec 2000 m de différence : il faut juste lever les yeux un peu plus haut !


vue sur le Langtang Rilung (7245 m)

A la fin de l'étape, je me laisserai aller à marcher à un rythme soutenu sans attendre le reste du groupe qui s'est déjà scindé en deux, comme si je voulais inconsciemment tester ma condition physique. Il faut que je me dise que nous ne sommes pas là pour ça, mais il est tout de même tentant de voir comment on peut réagir dans de telles conditions d'altitude. En Europe ou dans les pays où j'ai déjà dépassé 3500 m, on parle tout de suite de haute montagne avec de la neige éternelle, ici il s'agit d'un simple sentier de randonnée qui sillonne le long d'un haut plateau, en apparence, c'est étonnant. Il n'y a pas de neige à cette altitude.


un montagnard...bien couvert

Comme chaque jour, de façon coutumière, nous nous réunissons dans la lodge qui accueille le campement pour une tasse de thé et les rituels petits biscuits de bienvenue. Les garçons se laisseront également tenter par une bonne bière (je n'ai jamais bu bière aussi haut !), tandis que les filles négocieront des bijoux locaux dans la petite boutique attenante. Nous serons alors quittes pour cette fois !

Le soir, nous veillerons avec notre guide, Tej, qui prévoit de nous emmener à 4000 m ou plus selon notre réaction à l'altitude. Pour cela, nous mangeons et buvons plus que d'habitude pour nous constituer de bonnes réserves énergétiques (sucres lents). La moitié d'entre nous ressent déjà quelques légers maux de tête. Nous verrons…après la nuit.

Données techniques

Dénivellé positif
Dénivellé négatif
Altitude maxi
Altitude départ
Altitude arrivée
Distance totale
1080 m
0 m
3480 m
2400 m
3480 m
11,5 km

Lundi 24 avril 2000 (J6)
ETAPE 3 : Langtang - Langtang
Présentation : randonnée à la journée dans le but de pouvoir observer d'autres sommets de la chaine himalayenne en dépassant les 4000 m, mais aussi de tester sa condition en haute altitude. 

Lever 5h00. J'ai assez mal dormi, sans doute à cause de l'altitude, mais aussi parce que nous avons connu une tempête qui a même saupoudré les toits de neige. Pas étonnant ! De plus, j'ai eu un peu froid, j'ai sous-estimé l'épaisseur de mon sac de couchage et je ne me suis pas très bien habillé. L'idée de cette randonnée aller-retour me plaît et me motive suffisamment. Debout ! Les cuisiniers nous réveillent avec une traditionnelle tasse de thé ainsi qu'une cuvette d'eau chaude pour une toilette d'appoint. Nous apprécierons unanimement ces petites attentions chaque jour.

Il fait –2°C, l'ambiance montagne est assurée. En fonction des discussions de la veille avec Tej, nous sommes partis pour aller rejoindre le temple Bouddhiste du village d'altitude Khyangchen Gompa à environ 4000 m. Deux heures de marche devraient suffire mais le rythme du groupe est lent et les conditions sont différentes de celles qui étaient prévues. Tout de suite on aperçoit les effets de l'altitude sur les organismes.


vue panoramique sur les hautes montagnes depuis Khyangchin Gompa (environ 4000 m)

Avec Philippe et Kaze (prononcez Kajee), l'un des deux guides accompagnateurs, nous imprimons tous trois un rythme élevé tant nous nous sentons à l'aise. En empruntant souvent un large sentier qui longe les murs de mani (pierres sculptées), nous rejoignons très rapidement le monastère et attendons le reste du groupe. Deux d'entre nous ne parviendront pas jusque là et devront redescendre en raison de maux de tête. Il ne s'agit pas de risquer l'œdème cérébral, qui peut tous nous frapper dans ce cas de figure. 

Je regarde l'alti, nous sommes bien à 4000 m. Avec l'autorisation de Tej, nous plannifions alors de faire un sommet à partir de là, dans une direction qu'il nous propose.

Il y a de la neige au sol, la partie ne sera pas facile, mais nous le tentons néanmoins, en retrouvant l'un des chemins dans la neige fraîche. Nous serons huit à partir, dont sept parviendront au sommet. La montée est difficile dans les sentiers étroits et nous en perdrons même les traces. 


avec le guide Kaze à 4550 m

Nous tirerons alors une ligne qui nous mènera à un premier point situé à 4550 m, droit dans la ligne de pente, et après décision mutuelle, nous continuerons à trois pour atteindre les 4770 m qui constitueront le point culminant du trek, même si nous ne le savons pas encore (nous sommes à 40 m sous le Mont Blanc !).


Patrick en pleine progression (4500 m)

Nous n'aurons même pas la chance de pouvoir observer les énormes glaciers visibles depuis ce panorama parce que le temps a changé brusquement durant notre ascension…dommage. Nous nous contenterons de quelques photos-souvenir avec les cinq autres qui nous ont rejoint plus tard en emmergeant des nuages à notre grande surprise. Nous ne restons que 15 minutes parce que le temps se gâte, avant d'entamer notre longue descente en évitant les glissades.


Patrick, Françoise, Anne-Lise, Pascal, Régine, Philippe F, et moi-même à 4770m (effectif réduit)

De retour à Khyangchen Gompa, nous nous abreuvons d'un "hot lemon", boisson chaude à base de citron comme son nom l'indique. Puis nous continuons pour rallier Langtang, où il règne un climat beaucoup plus agréable que ce matin.

Avant d'arriver au village, je rencontre un instituteur en classe de "plein air" avec ses élèves. Je m'entretiens avec lui quelques minutes en lui demandant de m'accorder quelques photos. C'est émouvant.


petits écoliers népalais en pleine classe...plein air

Deuxième nuit à Langtang, nous nous couchons tôt (20h30) en raison de la longue étape du lendemain, qui constituera l'équivalent des deux premières, mais en sens inverse, à la différence près que nous ne retournerons pas au point de départ mais allons faire route vers le vrai départ du trek : Syabru. (considérons que ces trois jours passés n'ont servi qu'à notre acclimatation).

Données techniques

Dénivellé positif
Dénivellé négatif
Altitude maxi
Altitude départ
Altitude arrivée
Distance totale
1293 m
1293 m
4773 m
3480 m
3480 m
21 km

Mardi 25 avril 2000 (J7)
ETAPE 4 : Langtang - Syabru
Présentation : redescente de la vallée de Langtang pour rejoindre Syabru. Véritable départ du trek.

Petit déjeuner copieux pour une longue étape. Nous descendons toute la vallée de Langtang, mais au niveau de Bambu Lodge, là où nous avions déjeuné le premier jour, nous remonterons violemment en direction de Syabru. 


descente dans la vallée de Langtang

Nous ferons également une pause à Bambu Lodge, avec une longue sieste à la mexicaine, tous allongés sur une paillasse à l'ombre des pins et au bruit des cigales. La montée est très raide. Philippe, Patrick, Pascal et moi-même puiserons dans nos réserves pour conserver une cadence élevée. Le paysage est superbe et grandiose. Françoise, Régine, et Anne-Lise nous étonnent par leur régularité et leur cadence qui est également remarquable.

Nous bivouaquerons juste à l'entrée du village de Syabru, que nous ne tardons pas à visiter (monastère, école, boutiques) alors que les porteurs ne sont pas encore arrivés. Là, nous apprécions la méthode de concassage des pierres pour la construction des maisons et le travail méticuleux du menuisier qui taille des cadres de portes et de fenêtres. 


petite habitante du village de Syabru. Mignonne, non ?

De retour à la Lodge, nous prendrons notre repas à la véranda panoramique, théâtre de danses népalaises "européanisées" par nos soins le soir venu. On nous avait promis une soirée dansante où tout le monde participerait (guides, porteurs, cuisiniers, et marcheurs). L'ambiance est assurée, nous ne nous coucherons pas avant 23 heures pour la plupart d'entre nous.

Données techniques

Dénivellé positif
Dénivellé négatif
Altitude maxi
Altitude départ
Altitude arrivée
Distance totale
550 m
1730 m
1000 m
3480 m
2200 m
20 km

Mercredi 26 avril 2000 (J8)
ETAPE 5 : Syabru - Laurebina
Présentation : montée sur la crête pour se préparer au passage du col de Laurebina. Une bonne partie se fait sur une ligne de crête, ou en balcon dominant la vallée.

En partant du campement à 7h, nous traversons à nouveau le village de Syabru, en s'étonnant de nouveau de la diversité de ses couleurs et des nombreuses petites boutiques touristiques.


L'équipe au complet dans la salle de classe de l'école à Syabru

Une longue journée nous attend : au programme, plus de 1700 m de dénivelé positif. Nous nous dirigeons vers Chalang Pati pour le déjeuner. La cadence, quoique régulière, est assez faible, sans doute en raison de l'accumulation de la fatigue et de la veillée musicale. C'est important pour arriver au bout. De plus, la chaleur croissante et la forte déclivité du terrain sont autant de facteurs qui ralentissent notre progression. Malgré tout, nous avons le temps d'observer les belles cimes enneigées qui nous entourent, dont certaines dépassent les 7000 m. 


un des splendides panoramas qui s'offraient à nos regards ébahis...

Nous rejoignons une ligne de crête par un sentier en balcon, qui se poursuit dans la forêt. Le chemin est agréable et le panorama magnifique sur toute la vallée qui s'offre à nous.

Arrivés à Chalang Pati (3600 m), nous devons rapidement changer les tee-shirts thermiques par les vestes polaires et Gore-Tex car la température descend brusquement et nous devons rester ici pour attendre nos porteurs. Ceux-ci ont vraisemblablement un peu trop abusé du Rakshi, sorte d'alcool "fort" local. Au passage, nous avons également tous goûté à cet élixir et nous comprenons alors pourquoi nos porteurs se font attendre...


vue depuis l'une des nombreuses lodges avec terrasse, le long du parcours

En attendant, nous nous calfeutrons au chaud autour d'un poêle à bois, mais l'attente étant trop longue, nous nous décidons à poursuivre malgré tout pour atteindre notre lieu de bivouac situé à presque 4000 m, avec l'autorisation de Tej, notre guide.


bivouac de Laurebina après la tempête de neige et panorama à 5h30 du matin (4000 m)

C'est avec une certaine aisance, motivée par le fait d'arriver au plus vite pour se loger bien au chaud dans une lodge, que nous y parviendrons. Sans doute grâce à l'acclimatation des jours précédents qui viennent donc à notre crédit. Je n'ai jamais dormi à cette altitude, ni même n'y suis resté plus de quelques heures. Je pense à ce moment à l'étape du lendemain qui s'annonce difficile, nous passerons un col à 4610 m et gravirons peut-être un sommet à plus de 5000 m si les conditions météorologiques et notre condition physique le permettent. Je suis également soucieux à l'avance de savoir de quelle forme physique je bénéficierai dès mon retour en France et avec quelle aisance je pratiquerai mes sports favoris immédiatement après ce long séjour en altitude. On verra ça...

Données techniques

Dénivellé positif
Dénivellé négatif
Altitude maxi
Altitude départ
Altitude arrivée
Distance totale
1800 m
0 m
4000 m
2200 m
4000 m
10,5 km

Jeudi 27 avril 2000 (J9)
ETAPE 6 : Laurebina - Ghopte
Présentation : Passage du col de Laurebina. Sentier à fleur de pente en balcon, puis passage près des lacs de Gosainkund. Longue descente vers Ghopte par une succession de montées et descentes épousant sévèrement le relief.

Grosse tempête de neige dans la nuit. Presque impossible de dormir. La vue est magnifique au lever à 5h30 sur les sommets environnants : un rose pâle digne d'un coucher de soleil dans nos montagnes. Le calme est impressionnant, sans doute ce calme qui survient après la tempête...

Nous sommes repartis pour l'étape la plus haute du trek. Tout le monde part très lentement, nous avons tous en tête le passage du col de Laurebina qui nous hante un peu l'esprit. La montée est forte au départ pour nous permettre de rejoindre un col. 


C'est dur à 4500 m !!!

Le ciel est quelque peu dégagé mais il ne tarde pas à se couvrir de nouveau, comme c'est souvent le cas en haute montagne. Heureusement, nous avons le temps de passer l'étroit sentier en balcon qui serpente sur la crête jusqu'à un "Stupa", temple Bouddhiste surplombant la vallée du Trisuli Khola, qui nous amènera jusqu'aux lacs sacrés de Gosainkund. Le paysage de haute montagne qui nous est offert semble déchiqueté. Le sentier joue les chemins du vertige pour arriver en bordure du lac principal. Les lacs de Gosainkund sont l'oeuvre du Dieu hindou Shiva. Assoiffé par un poison, Shiva aurait percé la montagne et les lacs apparurent au nombre de 108.

J'accompagne Mylène sur cette portion délicate et glissante de surcroît, qui semble être sujette au vertige. D'ores et déjà nous pouvons nous dire que nous ne tenterons pas les 5000 m envisagés en raison de l'épaisse couverture nuageuse. Après une halte à Lakeside View Lodge (4400 m), nous passerons tous le col de Laurebina sans problème, chacun à notre rythme, en progressant dans la grande pente de neige transformée par la chaleur écrasante (il n'y a pas de vent). 


l'un des lacs sacrés de Gosainkund, encore partiellement gelé (4400 m). On aperçoit la pente de neige, au centre, que poursuit l'itinéraire

La seule difficulté est l'altitude. On notera tout de même quelques légers maux de têtes. Nous marquerons le passage à Laurebina Pass (4610 m) par quelques photos de groupe avant d'entamer la descente infernale (pour les pieds !) : longs sentiers abruptes, escarpés et très caillouteux. Ensuite, pour rejoindre Ghopte, nous connaîtrons une longue série de montées et descentes trés raides qui épousent le relief en restant à la même altitude moyenne de 3600 m. En tout nous perdons seulement 1300 m sur 20 km de distance, ce qui est relativement peu.

Dès notre arrivée à Ghopte, notre 7ème bivouac, nous soignons les premières blessures et ampoules avant de nous installer autour du feu. La journée passée, très variée, était difficile tant l'étape était longue. De plus, il n'y a rien ici qui ne nous permette de laver nos affaires comme nous le souhaiterions alors que la plupart sont encore humides, pliées dans les sacs à dos. Pas le moindre ruisseau. De plus, il est impossible de faire sécher quoi que ce soit. Nous devrons patienter encore. Il faut se contenter du peu d'eau que peuvent nous faire chauffer nos cuisiniers, pour nous assurer le minimum d'hygiène et aussi pour notre propre consommation. J'espère pouvoir dormir un peu mieux cette nuit-là, maintenant que nous sommes redescendus à 3300 m. Je me dis que ce devrait être facile avec la longue et dure journée que nous avons vécue.

Données techniques

Dénivellé positif
Dénivellé négatif
Altitude maxi
Altitude départ
Altitude arrivée
Distance totale
910 m
1710 m
4610 m
4000 m
3300 m
23,5 km

Vendredi 28 avril 2000 (J10)
ETAPE 7 : Ghopte - Melamchigaon
Présentation : grande descente vers le village de Melamchigaon, principalement dans les bois par des chemins très escarpés

Encore une fois, il pleut toute la nuit. Contrairement à ce que je pensais, je n'arrive pas à dormir. Un élément nouveau vient s'ajouter à mon inconfort : les ronflements incessants et intermittents de Philippe, mon voisin de tente. Ce matin, j'avalerai volontiers 4 crêpes à la confiture, une sorte de rituel de nos cuisiniers. Il nous ont habitué à consommer ce genre d'aliment farineux depuis le départ. Jour après jour, la qualité de la farine en fera douter plus d'un. 

Tout de suite après, nous commençons notre descente sur le village de Melamchigaon, que nous pouvons apercevoir depuis notre bivouac panoramique. De nouveau, des forêts de rhododendrons remplacent les paysages dénudés de la haute altitude. 

J'ai comme un point de chaque côté, et je me sens très fatigué. J'avance au ralenti tout en me demandant pourquoi ces douleurs ne passent pas. J'apprendrai alors que ce sont de véritables contractures musculaires au niveau du diaphragme. En même temps, je n'ai jamais pris de petit déjeuner aussi copieux que ce matin, et j'ai vite fait de faire un lien avec cet handicap. Je souffrirai doucement tout au long de la descente, pendant laquelle chaque pas ressemble à un devoir accompli. 800 m de descente dans les bois et nous arrivons donc au cœur de ce charmant village de Melamchigaon, parsemé de maisons traditionnelles en pierres aux toits multicolores. Un style s'affirme alors et nous constatons une différence par rapport aux villages d'altitude que nous avons traversés. Là, on peut dire en observant les couleurs et la nature du terrain que les cultures représentent la principale source de richesse des villages. Le relief est moins accidenté et la terre plus fertile. C'est frappant.

Il s'agit de la première étape véritablement courte, que je considère personnellement comme une journée de récupération après avoir profité d'une longue sieste, malgré mon état de santé diminué.

Enfin, nous pourrons prendre une "douche" et faire laver ou sécher quelques habits d'utilité première. Le beau temps est revenu et il fait même très chaud.

Je dépenserai un peu de temps pour m'aventurer dans le village avec une partie du groupe, afin de faire quelques photos d'enfants. La population, et les enfants en particulier, se laissent volontiers photographier ou filmer sans opposer la moindre crainte. Au contraire même, ils s'approchent de vous curieusement, même s'ils ont l'habitude de croiser des touristes trekkers.

De retour à la lodge, nous goûterons au thé népalais (loin d'être exceptionnel à mon goût !), à base d'eau et de beurre de yack salé. Une sorte de "bouillon" certainement très énergétique...


c'est l'heure du thé et des petits gâteaux dans la lodge de Melamchigaon. Accueil sympa.

La soirée venue, on remet ça...ce n'était pas spécialement prévu mais l'un des cuisiniers commence à nous jouer quelques mélodies douces sur sa guitare, et l'ambiance évolue petit à petit sous forme de dégénérescence. Patrick, qui propage la bonne humeur et une certaine joie de vivre partout où nous allons, nous a offert très habilement un spectacle dansant sous forme de tour du monde. Les Népalais n'en reviennent pas et se mêlent tous à la fête peu à peu. Nous nous coucherons tard une fois de plus.

Données techniques

Dénivellé positif
Dénivellé négatif
Altitude maxi
Altitude départ
Altitude arrivée
Distance totale
0 m
1000 m
3300 m
3300 m
2500 m
4 km

Samedi 29 avril 2000 (J11)
ETAPE 8 : Melamchigaon - Tarkeyghyang
Présentation : changement de versant, poursuite de la descente puis remontée. Même type de terrain que la veille.

Aujourd'hui nous passons de l'autre côté de la vallée, pour rallier Tarkeyghyang qui se situe à la même altitude que nous. Cette étape, qui sera une fois de plus un combat contre la douleur pour moi, est également assez courte en distance (4km), mais forte en dénivellation puisque nous devons préalablement descendre 750 m pour les remonter en face. Le type de terrain ressemble à celui de la veille, avec des chemins escarpés et parfois très ravinés. De plus, il s'avère quelquefois périlleux en raison des racines glissantes qui émergent un peu partout dans la descente boisée. Je suis toujours un peu bloqué au niveau abdominal, mais les quatre infirmières du groupe se "battront" pour nous soigner, Philippe et moi-même, à coup d'Aspirine, Doliprane ou autre Ibuprofen. Je dois là remercier particulièrement Françoise et Anne-Lise qui ont visé juste car je constaterai rapidement une constante reprise de mes pleins moyens.

Pour le dîner, l'un des cuisiniers-porteurs nous a réservé une surprise : nous aurons des steaks de bouc dans nos assiettes le soir même. La pauvre bête a dû être décapitée puis préparée à la hâte pour que nous puissions en profiter. Un peu rustique mais traditionnel !


vue sur le village de Tarkeyghyang aux toits bleus caractéristiques

Tej nous propose deux alternatives pour le lendemain, qui font l'objet d'une longue discussion et d'avis partagés. Finalement, la compréhension de l'anglais aidant, nous nous sommes rendus compte avec l'appui de la carte que tout le monde était d'accord pour rajouter à notre périple l'ascension d'un sommet à 3770 m, sans doute quelque peu frustrés de n'avoir pas pu dépasser les 5000 m deux jours auparavant.

Après la nuit, nous verrons dans quel état d'esprit le groupe se trouve pour prendre la décision finale.

Données techniques

Dénivellé positif
Dénivellé négatif
Altitude maxi
Altitude départ
Altitude arrivée
Distance totale
750 m
750 m
2500 m
2500 m
2500 m
4 km

Dimanche 30 avril 2000 (J12)
ETAPE 9 : Tarkeyghyang - Kakani
Présentation : Sommet à 3770 m au dessus de Tarkeyghyang, en aller-retour depuis le col qui se situe sur une longue arête sommitale qui nous emmène à Sarmathang puis Kakani. Ce sommet constitue une variante que l'ensemble du groupe s'est accordé à gravir avec l'accord du guide. Il se situe sur la voie directe qui relie Langtang (Kyangchen Gompa) à Tarkeyghyang, autre itinéraire classique. De là nous avons une vue globale à 360° sur tous les plus hauts sommets de la région.
Avec ce sommet, l'étape est longue (plus de 9 heures de marche), mais sans difficulté technique sur l'arête.

Le but est de rejoindre une ligne de crête pour ensuite la suivre en descente sur le reste de la journée. De base, cela représente déjà neuf bonnes heures de marche. L'option proposée et de rajouter l'ascension d'un sommet proche depuis le col qui se situe sur la crête, mais dans une direction opposée à notre route. Ce qui veut dire que nous devons tous accepter de rajouter deux heures mais surtout 1400 m de dénivelé absolu à notre étape. Ce sera fait sans problème, à la surprise de Tej qui n'a certainement rarement vu de groupe plus homogène, ce qui le ravit d'ailleurs.

Après une nuit très correcte (normal : je suis guéri, pas de précipitations, température agréable, altitude raisonnable), nous partons unanimement pour ce sommet, haut lieu de pèlerinage. Je sens que mes jambes avancent toutes seules, comme si c'était le premier jour de trek. Cette sensation est très agréable. J'ai rarement pris autant de plaisir à marcher. Pour se faire, depuis le col, nous ne mettrons pour la plupart qu'1h30 au lieu des 2h30 prévues, malgré une petite erreur de parcours en raison d'un chemin peu visible. Je peux m'apercevoir, après un rapide calcul, que nous avons atteint le sommet à la vitesse moyenne de 850 m de dénivelé à l'heure, vitesse que je n'avais jamais réalisée en altitude. Nous jouissons d'un panorama magnifique à 360°, qui en valait vraiment la peine. Nous pouvons, à l'aide de la carte, véritablement décortiquer toutes les chaînes de montagnes environnantes. La descente de cette petite montagne nous rappelle à l'ordre, tant les risques de dérapages sont élevés en raison des grosses pierres et du ravinement important. A la base, de retour au col à 3000 m où nous attend Tej, nous poursuivons comme prévu en longeant la ligne de crête pour rejoindre Sarmathang, lieu de déjeuner et de repos (sieste). Une heure plus tard, c'est reparti en pente douce jusqu'à Kakani où notre bivouac nous attend.

Cette étape est riche en panoramas des deux côtés de cette longue et interminable crête, où nous nous laisserons parfois surprendre par la violence des rayons du soleil. La chaleur est effectivement insoutenable par endroits, mais nous pensons pouvoir faire sécher nos habits lavés la veille.

Les toiles de tente sont déjà montées à notre arrivée à Kakani (2000 m), étant donné que nos porteurs ont pour une fois pris un peu d'avance sur nous. Ils ont suivi un itinéraire plus direct, sans variante.

Nous leur offrons à chacun une boisson de leur choix, ce qui les comble vraisemblablement de bonheur qu'ils dissimuleront timidement. Cela doit faire bien longtemps que la plupart d'entre eux n'ont pas pu s'offrir une bonne bière ou un coca bien frais. Naturellement, nous en ferons de même, pour les accompagner.

Données techniques

Dénivellé positif
Dénivellé négatif
Altitude maxi
Altitude départ
Altitude arrivée
Distance totale
1620 m
2170 m
3770 m
2500 m
1950 m
19,5 km

Lundi 1er mai 2000 (J13)
ETAPE 10 : Kakani - Melamchi Pul Bazar
Présentation : Descente sur Melamchi Pul Bazar où un bus nous attend pour le retour à Kathmandu. Traversée de villages typiques appartenant à d'autres ethnies, visiblement plus riches que les villages d'altitude en raison des nombreuses possbilités de cultures en terrasses.

Cette dernière étape ne devrait être qu'une formalité puisqu'elle se résume, à part pour Marie-Claude qui a de sérieux problèmes à un genou, à descendre en fond de vallée afin de rejoindre notre bus de retour pour Kathmandu. Nous l'aiderons tour à tour physiquement et psychologiquement à surmonter ses douleurs.


il n'y a pas d'âge pour le portage...

Au travers les villages traversés, nous pouvons constater l'abondante collection de cultures en terrasses autour desquelles la vie locale se conjugue. La population semble être mieux organisée. 


épiciers et leur boutique à Dubbhachaur

Les premiers attendront les derniers à Melamchi Pul Bazar pour un nouveau voyage en bus au cours duquel nous confirmerons une fois de plus l'extrême habileté de notre chauffeur, qui est le même qu'à l'aller sur Syabru Bensi. Au prix de quelques peurs aux détours de virages dangereux, nous rallions donc Kathmandu dans l'après-midi.

Hébergés dans un hôtel différent non loin du centre ville et de toute activité, nous en profiterons pour reprendre contact avec certaines commodités de confort qui avaient pu nous manquer pendant le trek : une vraie toilette, le lavage des habits (y compris ceux que nous laisserons à nos porteurs), un peu de détente et de décompression,...

Données techniques

Dénivellé positif
Dénivellé négatif
Altitude maxi
Altitude départ
Altitude arrivée
Distance totale
0 m
1150 m
1950 m
1950 m
800 m
6 km

Mardi 2 mai 2000 (J14)

Cette journée est dédiée au shopping et à la visite de lieux intéressants (dans divers sites de Kathmandu que Tej connaît et pour lesquels il sera une fois de plus notre guide : Patsupatinath, Thamel, Patan). 


multicolores poudres de teinture (Kathmandu - Patsupatinath)

Nous dépenserons presque tout ce qui nous reste de dollars ou de roupies dans des souvenirs ou autres objets d'art qui rempliront nos sacs de voyage.


l'un des centres commerciaux de Kathmandu (Patan) avec ses nombreux temples

Nous sommes invités le soir-même dans la maison de Tej, où son épouse nous a préparé quelques spécialités. C'était très attentionné de la part de sa petite famille et nous l'en remercions vivement une fois de plus.

Mercredi 3 mai 2000 (J15)

Retour à Paris-Orly avec Royal Air Nepal, avec escales à Dubai puis Francfort, puis retour dans le Jura en voiture, difficile avec la fatigue accumulée du vol venant s'ajouter, pour certains dont moi-même,  à des problèmes de santé occasionnés vraisemblablement par quelques mauvaises "bactéries népalaises". Je soupçonne la farine...

9. Conclusion

En guise de conclusion, je donnerai plutôt une liste de conseils destinés à ceux qui veulent entreprendre ce genre de trek. Ils seront valables dans le même type de région, mais en aucun cas ils peuvent correspondre à une expédition en plus haute altitude dans les massifs de l'Himalaya ou de l'Annapurna par exemple.

Intérêts :

Conseils de préparation

Médicaments :

Indispensables

Non indispensables

Traitements locaux

Ne pas prendre de médicaments effervescents ou de médicaments à diluer dans de l'eau.

Conseils à suivre sur place :

10. Contacts

En France

Anne-Lise Louvrier
41 lieu-dit les Ruines
39460 Foncine-le-Haut
France

email michel.louvrier@wanadoo.fr
Tél +33 3 8451-9318
Fax +33 3 8451-9505

Philippe Bourgine
email contact@philippe-bourgine.com
(je transmettrai...)

Au Népal

Guide Tej Bahadur Magar
P.O. BOX 20614
Kathmandu
Nepal

Fax +977 1 223-658

11. Liens (Népal)

Le Café des Trekkers. P.O. Box 2238, Jyatha, Thamel, Kathmandu, Nepal. Tel/Fax +977 (1) 4225777, email cafetrek@hotmail.com