Traversée
du Mercantour à pied
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Voir aussi : Trek au Népal (avril-mai 2000) Trek en Corse : le GR20 (juin 2000) |
de l'Ubaye à la côte d'Azur, une randonnée au long cours sur un sentier mythique
Isabelle, Patrick, et moi, issus de régions différentes (Normandie, Franche-Comté), ne nous connaissions pas auparavant. C'est par affinités en relation avec la montagne, la nature, le sport et la randonnée pédestre en particulier que nous avons décidé en commun de partir ensemble dans cette aventure pédestre.
Patrick et Isabelle se sont connus l'année dernière, en 2001, sur le tracé du célèbre GR 20 en Corse, sur lequel j'ai personnellement randonné en 2000. Suite au récit de cette aventure sur mon site perso, ils m'ont contacté pour constituer notre trio cette année pour traverser le Parc Naturel National du Mercantour.
Qu'est-ce qu'un Parc National ?
C'est un territoire dont la qualité paysagère, écologique et culturelle justifie qu'il soit préservé. La protection de ce patrimoine relève d'une légitimité nationale. Des professionnels de la nature y exercent une activité de gestion, d'observation, de surveillance et aussi d'information car l'accueil du public est la seconde vocation d'un Parc National.

situation géographique
Cliquer sur les numéros des étapes pour voir le trajet sur la carte

Nouveau : coordonnées GPS (format des fichiers : texte, coordonnées exprimées en mode WGS 84, degrés décimaux).
Dans mes fichiers, les points sont très nombreux et le tracé très précis (digitalisés à partir du Logiciel CartoNAV des des cartes CartoExploreur de Bayo). Selon les GPS utilisés, il faudra extraire des fichiers le nombre voulu (par exemple, un point tous les 100 points)
accès à la liste
des 176 CDROMs de cartes IGN
Par exemple, mon GPS (un simple Garmin GPS 12), n'accepte que 30 points par route !
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télécharger l'itinéraire
au format PDF (Guide topo FFRP - 20 pages)
télécharger l'itinéraire au
format PDF (cartographie IGN - 25 pages)
Longueur totale
dénivelée positive
dénivelée négative
dénivelée absolue
temps passé total
temps passé en montée
temps passé en descente
temps passé sur plat et pauses
pourcentage du temps passé en montée
pourcentage du temps passé en descente
pourcentage du temps passé sur plat et pauses184 km
10386 m
12218 m
22604 m
67h25'
29h51'
27h15'
10h19'
44.3 %
40.4 %
15.3 %Moyennes par jour
dénivelée positive
dénivelée négative
dénivelée absolue
temps passé total
temps passé en montée
temps passé en descente
temps passé sur plat et pauses
pourcentage du temps passé en montée
pourcentage du temps passé en descente
pourcentage du temps passé sur plat et pauses
dénivelée à l'heure en montée
dénivelée à l'heure en descente1154 m
1358 m
2512 m
7h30'
3h19'
3h01'
1h09'
44.7 %
40.8 %
14.5 %
348 m/h
448 m/hMaxis sur une étape
dénivelée positive
dénivelée négative
dénivelée absolue
temps passé total
temps passé en montée
temps passé en descente
temps passé sur plat et pauses
pourcentage du temps passé en montée
pourcentage du temps passé en descente
pourcentage du temps passé sur plat et pauses
dénivelée à l'heure en montée
dénivelée à l'heure en descente1685 m
2382 m
3697 m
12h29'
5h02'
4h51'
2h43'
53.8 %
68.6 %
21.8 %
442 m/h
593 m/hMinis sur une étape
dénivelée positive
dénivelée négative
dénivelée absolue
temps passé total
temps passé en montée
temps passé en descente
temps passé sur plat et pauses
pourcentage du temps passé en montée
pourcentage du temps passé en descente
pourcentage du temps passé sur plat et pauses
dénivelée à l'heure en montée
dénivelée à l'heure en descente423 m
790 m
1737 m
5h13'
1h28'
1h52'
21'
20.8 %
28.1%
6.7 %
289 m/h
379 m/h
samedi 15 juin 2002
Voyage en train Genève - Grenoble - Gap puis en bus jusqu'à Barcelonnette. Départ depuis Larche - Pont Rouge
En milieu de journée, nous nous retrouvons à la gare de Grenoble pour terminer le voyage ensemble jusqu'au lieu de départ de la randonnée, Larche (Alpes de Haute-Provence). Pour aller jusqu'à Larche, nous devons emprunter le bus depuis Gap pour nous rentre à Barcelonnette, où nous ferons quelques courses avant de sauter dans le taxi pour Larche. Il est 18 heures. Le lieu de départ est prévu dans le village, mais la montée au col à pied ne représente aucun intérêt. Ainsi, nous suivons les conseils du chauffeur de taxi qui nous laisse alors au niveau du col.
Petite mise en jambes avec les lourds sacs sur le dos, pour rejoindre le tracé du GR 5 que nous commencerons véritablement au lieu-dit le Pont Rouge. Mon sac à dos et celui de Patrick, pour lesquels nous avons essayé de répartir le poids en séparant l'unique toile de tente, doit avoisiner les 19 kg. Isabelle a su optimiser au maximum le poids du sien. On dit que le poids du sac d'un randonneur ne doit pas dépasser 1/4 de son propre poids. J'en suis bien loin !
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Départ du Col de Larche - Les premiers pas vers l'aventure pédestreDès nos premiers pas sur le chemin, nous entendons les sifflements des marmottes qui semblent nous accueillir. Nous en apercevons déjà quelques-unes que nous avons du mal à photographier en les approchant au plus près. Un troupeau de moutons approchant de la bergerie nous indique que le berger et ses chiens ne sont pas loin. Un peu plus tard, nous les rencontrons pour bavarder avec eux et ainsi en profiter pour leur demander l'autorisation de bivouaquer ici, au Pont Rouge, tout près de la rivière..
A ce moment, nous entrons pour la première fois dans le parc National du Mercantour. Les conditions de bivouac sont réglementées. Ainsi nous nous pouvons pas camper n'importe où et respecter certains horaires, c'est pourquoi nous planterons la toile de tente au dernier moment, à la tombée de la nuit.
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Notre lieu de bivouac au lieu-dit le Pont Rouge - Troupeau de moutons en pâtureNous remplissons gourdes et camelbak directement à la source se trouvant là, de l'autre côté de l'Ubayette. L'eau de cette rivière, très fraîche, nous permettra de nous laver, mais aussi de nous fournir l'eau pour nos premier repas lyophilisés. Le dîner n'est pas royal, je dois me contenter de sachets déjà périmés depuis quelques mois, mais nous devons nous alimenter sérieusement et en quantité pour affronter les longues heures de marche qui nous attendent.
La nuit venant, nous nous couchons vers 22 heures, bercés par le bruit de la rivière après cette longue journée de voyages successifs.
L'Ubayette, au bord de laquelle nous avons notre premier bivouac
dimanche 16 juin 2002
Etape 1 : Larche (Pont Rouge) - Bousiéyas
distance parcourue
dénivelée positive
dénivelée négative
dénivelée absolue
temps passé total
temps passé en montée
temps passé en descente
temps passé sur plat et pauses
pourcentage du temps passé en montée
pourcentage du temps passé en descente
pourcentage du temps passé sur plat et pauses
dénivelée à l'heure en montée
dénivelée à l'heure en descente15.6 km
960 m
979 m
1939 m
5h14'
2h45'
1h52'
37'
52.5 %
35.7 %
11.8 %
349 m/h
524 m/h

Départ très matinal, à 6h, sans doute réveillés prématurément pas le clapotis incessant de l'eau de la rivière, toute proche, ou alors tout simplement par la fraîcheur. Nous sommes déjà à 1900 m d'altitude. De toute façon, la règle quotidienne est de se lever tôt pour profiter des heures les plus fraîches au maximum, avant que le soleil ne pointe son nez. J'aurai du mal à prendre le pli, mais ça viendra au fur et à mesure.
Un rapide petit déjeuner, toujours à base de produits lyophilisés, et nous sommes partis, sacs au dos, pour la Grande Marche vers le Pas de la Cavale, premier passage important. Au début le chemin est assez large, et la pente faible, nous avançons régulièrement jusqu'au lac du Lauzanier. Au fil de la montée, le chemin se resserre alors que la pente se fait plus forte. Les marques peintes d'un double trait blanc et rouge qui balisent le GR, ainsi que les indications "GR 5", sont omniprésentes. Néanmoins, Isabelle et moi regardons souvent le topo-guide pour avoir une confirmation du tracé, mais aussi pour voir où nous en sommes.
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Les lacs du Lauzanier et de Derrière la Croix, pendant la montée sur le Pas de la Cavale, première difficultéLà encore, les marmottes se réveillent avec l'apparition du soleil, pour nous saluer. Nous apercevons les premiers névés sur la pente d'accès au col, langues de neige fondantes qui témoignent d'un hiver pas très rigoureux. Le spectacle de la montagne qui se reflète dans les lacs est étonnant de beauté.
Nous sommes proches du sommet, mais nous devons faire très attention en franchissant le dernier névé qui se trouve en pente nettement déversante. De plus, le souffle est de plus en plus court en raison de l'altitude, ce qui nous oblige à nous concentrer. Je conseille à Isa et Patrick de ne pas se suivre de trop près sur ces parties enneigées, risquant de décrocher une plaque qui pourrait glisser sur le fond et nous emporter. Sur ces parties en neige, Il faudrait au moins un piolet pour la sécurité, mais nous n'avons pas voulu nous charger inutilement et, malgré la faible fréquentation du GR 5 à cette période, les traces de pas sont suffisamment marquées.
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Pas de la Cavale, l'un des hauts passages de notre rando - Balisage omniprésent.Ensuite, la descente est vertigineuse. Le sentier est taillé à même la roche et serpente suivant des virages très serrés. Il faut rester vigilants, le poids du sac, modifiant notre équilibre, pourrait nous entraîner facilement à la chute. Un étonnant paysage, appelé Salsa Morena, s'ouvre à nos yeux où la géologie prend tout son sens. Nous apprenons que les cratères formés dans la roche sont en fait le résultat de l'infiltration des eaux à travers les différentes couches rocheuses superposées, dont plusieurs ères géologiques différentes sont représentées (jurassique, crétacé).
Le soleil est déjà preque à la verticale, la chaleur se fait sentir au fond du vallon. Ajoutée au fait que nous ne sommes pas encore bien entraînés, elle représente un réel handicap pour la dernière montée au col des Fourches que nous abordons avec difficulté. L'arrivée au col est une délivrance. J'ai le coeur qui bat très vite, trop vite sans doute. Patrick est épuisé.
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Lacs d'Agnel et cratère géologique dans la Salsa Morena - Cabane esseulée avant la montée au Col des FourchesAprès quelque repos, nous entamons la descente sur Bousiéyas, petit hameau qui sera notre point d'arrivée pour aujourd'hui. Nous le voyons déjà en contrebas, mais il est encore très loin. Pour cela, nous traversons plusieurs fois la route du col dans ses nombreux lacets, itinéraire qui fait le bonheur de nombreux cyclistes et motocyclistes que nous saluons et encouragons à leur passage.
Gîte de Bousiéyas, où nous passons notre première nuit sous un vrai toitEnfin, après 5 heures 15 de marche, nous parvenons au gîte d'étape de Bousiéyas. Au soleil, par terre, les matelas, couvertures et autres oreillers prennent l'air, sortis par la gardienne qui vient juste d'ouvrir. Nous l'aidons volontiers à l'installation des lieux en tant que premiers clients.
Il n'est pas encore midi, et pendant que la gardienne s'absente en nous confiant la surveillance du gîte, nous profitons de ce temps libre pour prendre une douche et faire un peu de lessive. Je me mets à écrire quelques lignes pour résumer la journée tandis que Patrick teste les matelas du gîte en se disant qu'il y dormirait bien cette nuit. Une courte sieste aura raison de notre fatigue et nous sommes prêts pour un petit repas. Quelques coquillettes à la tomate, achetées à Barcelonnette et donc transportées jusqu'ici, nous comblerons de bonheur et constituerons un apport en sucres lents pour le lendemain.
L'orage arrive. Après les éclairs menaçants, et en quelques secondes, des trombes d'eau frappent le sol avec violence. A ce moment-là il est encore question de bivouaquer, ne comptant sur le gîte que pour dîner. C'est un peu la règle que nous nous sommes fixé. D'un commun accord, vu qu'il n'y a pas trop de place pour la toile de tente et que le sol est détrempé, nous choisirons de passer la nuit abrités dans le gîte après un bon et généreux repas.
lundi 17 juin 2002
Etape 2 : Bousiéyas - Roya
distance parcourue
dénivelée positive
dénivelée négative
dénivelée absolue
temps passé total
temps passé en montée
temps passé en descente
temps passé sur plat et pauses
pourcentage du temps passé en montée
pourcentage du temps passé en descente
pourcentage du temps passé sur plat et pauses
dénivelée à l'heure en montée
dénivelée à l'heure en descente31 km
1685 m
2012 m
3697 m
12h29'
5h02'
4h44'
2h43'
40.3 %
37.9 %
21.8 %
335 m/h
425m/h

Cette étape est la plus longue en terme de kilométrage, mais nous l'abordons comme la veille, c'est-à-dire en partant très tôt. Dans l'ombre des montagnes environnantes, nous arrivons au col de la Colombière en traversant un gros ruisseau puis en empruntant un long chemin en sous-bois. Plus tard, le paysage s'ouvre sur quelques sommets que le soleil commence à éclaircir, et nous voyons nettement le col de la Colombière où nous passons une heure plus tard. Nous tentons de surprendre quelques chamois mais ils s'enfuient à notre passage. Puis, mouillés de transpiration, nous serpentons en descente en direction de Saint-Dalmas-le-Selvage, charmant petit village qui semble terré dans le fond de la vallée, où une seule route finit. Le chemin est superbe et suit le contour des reliefs, ce qui me donne le temps de faire quelques belles images.
A Saint-Dalmas, nous profitons d'une fontaine pour nous rafraîchir et soigner nos pieds qui commencent à souffrir. Quelques réparations s'avèrent nécessaires, à l'aide de Compeed, Elastoplaste ou autres pansements, surtout pour Patrick. Personnellement, mes pieds tiennent bon, massés soir et matin par une crème pénétrante spéciale anti-frottements (voir liste de matériel "Santé/Hygiène" plus bas), éprouvée lors de mes treks précédents au Népal et en Corse.
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Village de Bousiéyas au petit matin - Lever du soleil sur le Col de la ColombièreAprès une montée rapide au col d'Annelle, nous redescendons sur Saint-Etienne-de-Tinée, où nous nous arrêtons au premier bistro venu, en terrasse, pour déguster un coca bien frais sous les yeux des voisins qui nous voient nous déchausser instantanément. J'en profite d'ailleurs pour changer de chaussettes, et comme je suis équipé de superbes pinces à linge, je ferai sécher les autres en les pendant sur le sac à dos. Question esthétique, il y a mieux.
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Décoration de maison à Saint-Dalmas-le-Selvage - Sieste sur un green de golf à AuronIl fait encore très chaud, mais il faut repartir. la route est longue. Nous longeons la Tinée sur une petite route goudronnée pendant deux kilomètres, puis la quittons pour monter en direction d'Auron, célèbre station de ski située à 1600 mètres d'altitude, soit 500 mètres au dessus de nos têtes. Nous quittons la route pour emprunter un sentier interminable et très abrupt. Nous semblons être cloués au sol tellement la chaleur est accablante. Isabelle et moi devant, Patrick en retrait, nous arrivons tant bien que mal sur les hauteurs de la station, presque déserte en cette période. J'improviste une petite sieste de fatigue en attendant Patrick qui, à son train, arrive enfin. Nous pouvons repartir. Nous cherchons désespérément un restaurant ouvert où nous dévorons littéralement une grosse salade campagnarde. Tous les commerces sont fermés, et de surcroît nous sommes lundi. De plus, la saison touristique ne commence véritablement qu'en juillet, c'est pourquoi un seul restaurant est ouvert. Nous avons encore de la chance d'y trouver place.
Nous profitons de l'amabilité de la serveuse pour faire le plein d'eau, mais aussi pour lui acheter 500 grammes de riz pour notre futur repas du soir à Roya où nous ne trouverons vraisemblablement pas de quoi nous restaurer, ce qu'elle nous accorde avec gentillesse.
Après un bon repas, quoi de meilleur qu'une longue sieste ? D'autant plus que nous sommes bien motivés pour couper la journée en deux. Au prix de quelques efforts supplémentaires, nous parvenons à la partie supérieure de la station, où se trouvent les installations de sport d'hiver avec les remontées mécaniques. Cherchant un emplacement pour nous allonger, nous trouvons une herbe bien rase, d'un rare vert clair, qui n'est rien d'autre en fait qu'un green de golf. Sans le savoir, nous nous installons sans aucun souci. Pour l'anecdote, Isa est réveillée par une balle de golf qui vient la frapper en pleine sieste, envoyée par un touriste anglais surpris de nous voir là, modifiant la géométrie de son terrain de jeu !
Finalement, une heure après nous serons chassés par un type qui tond la pelouse autour de nous. Forcés de continuer, avec le courage qu'il faut, nous continuons la longue montée au col du Blainon à 2014 mètres. Une fois dans le rythme, nos pas sont bien marqués et nous progressons assez vite, aidés par la douce fraicheur en traversant les sous-bois de cônifères. Le tapis d'épines au sol est un vrai régal et épargne quelque peu nos pieds jusque-là endoloris.
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Bergerie pendant la descente sur Roya - Village de RoyaSans trop tarder, au col, nous enchaînons sur la longue descente, à flanc de montagne, sautant les courbes de niveau les unes après les autres. Nous traversons un énorme troupeau de moutons et de chèvres à mi-descente. Là encore, les marmottes pointent leur museau en sifflotant.
Enfin, nous arrivons à Roya. Quelle journée !
Roya est un village typique de la région. Il semble se trouver au bout du monde. Même le gîte d'étape a brûlé l'année dernière suite à un problème électrique. Il n'a pas encore été reconstruit pour des problèmes d'assurance, nous dit-on. Nous irons tout de même finir notre marche sur sa terrasse où nous élirons domicile pour le dîner, alors que nous planterons le bivouac tout à côté du cimetière en contrebas. Une fontaine où coule une eau potable et limpide fera notre bonheur pour le lavage, la lessive, mais aussi pour la cuisson du riz.
Patrick n'est pas très en forme et n'a pas faim. Isa et moi le poussons à manger quand même, histoire d'avoir quelque chose dans le ventre pour repartir demain. Il est vrai qu'une journée de 12 heures, dont 10 heures de marche, ça use...
La nuit sous la tente sera calme et paisible.
mardi 18 juin 2002
Etape 3 : Roya - Gîte de Longon (vacheries de Roure)
distance parcourue
dénivelée positive
dénivelée négative
dénivelée absolue
temps passé total
temps passé en montée
temps passé en descente
temps passé sur plat et pauses
pourcentage du temps passé en montée
pourcentage du temps passé en descente
pourcentage du temps passé sur plat et pauses
dénivelée à l'heure en montée
dénivelée à l'heure en descente17.5 km
1343 m
966 m
2309 m
7h39'
3h50'
2h33'
1h16'
50.1 %
33.3 %
16.6 %
350 m/h
379 m/h

Départ à 6 heures 30 de Roya, sous un ciel déjà bleu. Une grosse montée nous attend, la plus longue en une seule traite. Nous descendons légèrement plus bas au niveau du ruisseau pour gagner le vallon de Sallevielle qui sera notre terrain d'aventure pendant trois bonnes heures de montée (en tout 1100 mètres de dénivelée). En atteignant la cabane de Sallevieille à mi-pente, nous nous imposons une courte pause pour boire et manger une ou deux barres de céréales.
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Combe de Crousette, pendant la montée au col du même nomChangement de paysage, après le passage d'une barre rocheuse : un grand plateau herbeux qui me fait penser au Lac Nino sur le GR 20 en Corse. C'est agréable, on croirait marcher sur de la moquette. Le plaisir n'est que de courte durée puisque nous devons poursuivre en direction du col de Crousette. En chemin nous rencontrons un jeune sportif qui s'entraîne seul à découvrir les cols et sommets de la région.
Au col, croyant être arrivés au sommet, nous sommes déçus en voyant qu'il reste une longue traversée en pente. Avec courage, nous continuons jusqu'à l'arête principale du Mont Mounier, connu dans la région par les skieurs de randonnée. De l'autre côté, un fort vent nous oblige à nous abriter. Le panorama à 360° est grandiose.
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Arrivée sur la crête du Mont Mounier - Descente au col de MoulinèsNous quittons le Parc National pour une descente en lacets dans les pierres, pendant laquelle nous rencontrons les premiers randonneurs qui rallient Roya. Les premiers semblent bien fatigués, mais nous les rassurons en leur indiquant la position d'une source où ils pourront se rafraîchir. Le col de Moulinès marquera le retour dans le parc que nous avions quitté pour quelques kilomètres.
En plein soleil, avachis sur l'herbe, nous nous passons de la crème solaire en observant le passage des Portes de Longon, où nous devrions être dans une heure. Nous descendons dans le vallon du Démant sur une pente en dévers, traversons le torrent du même nom, et finissons lentement notre ascension vers les Portes de Longon qui est en fait une brèche rocheuse. Après un dernier repos en attendant Patrick, qui n'a visiblement pas encore récupéré de sa petite forme de ce matin, il n'y a plus qu'à se laisser glisser sur une longue mais faible pente parsemée de jolies fleurs multicolores pour atteindre les vacheries de Roure, ou gîte de Longon, reconstruit récemment après une avalanche dévastatrice.
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Refuge de Longon (ou vacheries de Roure) - Marmotte proche de son terrierJe m'amuse à chasser les images de marmottes qui se montrent ici peu farouches à notre égard. J'arrive à en approcher une de près que j'immortalise avant qu'elle ne rentre dans son terrier. La gardienne du refuge et son copain, arrivés plus tard, sont très sympas. Nous animons une vive discussion avec lui et un autre randonneur qui fait le parcours en sens inverse, Gérard, sur le ski de randonnée que l'on peut pratiquer ici en hiver. Pour l'anecdote, il est arrivé qu'une marmotte vienne élire domicile dans le refuge lui-même, nous dit-on.
En attendant le soir, nous dégustons un morceau de gâteau et prenons une fois de plus quelque repos mérité. Je profite pour écrire toutes les cartes postales que je peux acheter sur place.
Le soir venu, avant que la chaleur ait disparu, on nous sert un énorme plat de pâtes aux herbes sur lequel nous nous jetterons sans scrupules. La soirée se terminera avec une partie de Trivial Pursuit musclée avec Gérard, Isabelle, et Patrick.
mercredi 19 juin 2002
Etape 4 : Gîte de Longon (vacheries de Roure) - Saint Dalmas Valdeblore
distance parcourue
dénivelée positive
dénivelée négative
dénivelée absolue
temps passé total
temps passé en montée
temps passé en descente
temps passé sur plat et pauses
pourcentage du temps passé en montée
pourcentage du temps passé en descente
pourcentage du temps passé sur plat et pauses
dénivelée à l'heure en montée
dénivelée à l'heure en descente27 km
947 m
1556 m
2503 m
7h45'
3h02'
3h32'
1h11'
39.1 %
45.6 %
15.3 %
312 m/h
440 m/h

Départ ce matin à 6 heures 15 pour une autre longue étape. Le temps est toujours très clément, c'est à se demander si nous allons connaître la moindre averse. Salués par les marmotes de Longon, nous entâmons la descente sur Saint-Sauveur-sur Tinée en trois temps, qui correspondent à trois types de terrains différents : sentier étroit, large chemin, puis chemin plus étroit. Il fait déjà chaud à 8 heures. seuls les rares passages en sous-bois dans la forêt de pins et le long de la cascade en contrebas du gîte nous rafraichissent de façon éphémère.
La traversée du ruisseau de l'Arcane est un jeu d'enfant, mais elle peut s'avérer très périlleuse en cas de fortes pluies, si l'on en croit la pancarte qui indique un danger évident. Maintenant, on y trouve une belle passerelle qui a l'air d'avoir été montée tout récemment.
Plus loin, dans le bois, au hasard nous croisons une biche qui s'efface furtivement. Sur un petit plateau herbeux, proche du village de Rougios, nous rencontrons les premières vaches et chevaux. Notre vision de la faune locale s'élargit peu à peu !
Dès que le chemin d'accès à Rougios est atteint, on nous propose de nous conduire directement au prochain village en montant dans un Land Rover, nous faisant gagner une heure. Peut-être injustement, je refuse, prétextant le respect du tracé à pied dans son intégralité. Peut-être aurais-je dû accepter ? Quoi qu'il en soit, nous atteignons rapidement le village de Roure par un chemin parfois étroit passant entre les petites maisons qui le surplombent.
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Cascade sous le refuge de Longon - Village de RoureRoure, charmant hameau construit directement sur la pente de la montagne, avec ses ruelles pavées, nous inspire beaucoup. Nous faisons une halte réparatrice à la première fontaine venue, en admirant l'architecture des maisons. Là encore, je sens le besoin d'enlever les chaussures pour laisser respirer les pieds qui le demandaient. Nous sommes bien à l'ombre, sentant la fraîcheur des dalles de pierre. Malheureusement il faut repartir, affronter la terrible descente sur Saint-Sauveur sous les rayons pesants du soleil, sans pitié.
![]()
Roure : clocher typique et fenêtreUne heure trente plus tard, serrant les dents et les orteils, nous foulons le sol bitumé sur fond de la vallée an arrivant à Saint-Sauveur, l'un des premier villages importants où nous pensons pouvoir poster les cartes écrites au refuge. Isa et Patrick y parviendront, mais pas moi, par faute de timbre-poste. Pas le moindre distributeur de billets et je n'ai plus d'argent liquide. Ce n'est pas une priorité, j'attendrai plus tard. Il est plus important de se nourrir dans les conditions que nous connaissons, ainsi nous pénétrons tour-à-tour dans une boulangerie pour acheter des viennoiseries bien sucrées avec des raisins secs ou des amandes, histoire d'avoir bonne conscience sur leur côté énergétique. Un coca bien frais, et nous ne nous éternisons pas plus pour continuer par la traversée du village puis la montée sur le village perché de Rimplas, de l'autre côté de la vallée.
Vue plongeante sur Saint-Sauveur-sur-TinéeEn montée progressive dans un sentier étroit où nous écartons les nombreuses toiles d'araignées venant nous chatouiller les mollets, nous perdons trace du sentier près d'une chapelle. Le balisage est douteux, et le topo-guide pas assez précis pour nous orienter correctement. Nous tournons en rond, en comptant les gouttes de sueur qui ruissellent le long de notre visage. Finalement, nous nous engageons sur un chemin large que nous pensons logiquement être le bon, doute qui se lèvera 10 minutes plus tard en posant la question à un couple de riverains.
On ne voit pas la fin de cette montée, pas le moindre mètre carré d'ombre comme répit. Ce sont 500 mètres d'ascension pénibles que nous devons subir avant d'arriver au village, où nous nous posons au pied d'un gros arbre, avec, toujours, une fontaine à proximité. Patrick passe un coup de fil pour rassurer sa famille alors qu'Isabelle est étendue sur le sol les yeux fermés et les doigts de pied en éventail. Pour moi, un nouveau changement de chaussettes se dessine.
Le facteur, qui logiquement connaît bien le coin, nous incite à emprunter la route pour rejoindre La Bolline, plutôt que de descendre en suivant l'itinéraire du GR 5 qui s'engouffre dans le fond du vallon pour remonter. Nous l'écoutons sagement. Peu à peu, nous regrettons. Sur le bitume, la chaleur est plus intense. Certes, le chemin est plus court, mais nos pieds sont soumis à rude épreuve, pas trop habitués à fouler un sol bouillant où les bulles d'asphalte se forment à vue d'oeil. Le pas lourd, donc, nous arrivons à La Bolline, sans nous arrêter, et continuons notre montée sur Saint-Dalmas Valdeblore avec le peu d'eau qu'il nous reste.
Par cette chaleur, c'est au moral que nous finirons l'ascension, après 7 heures 45 d'efforts. Au passage dans le centre de Saint-Dalmas, nous repérons la supérette que nous visiterons plus tard pour acheter ce qu'il nous faut pour les prochains jours. Pour passer la nuit, nous choisissons plutôt, le camping plutôt que le gîte d'étape, pensant y trouver une piscine dont nous rêvons depuis ces derniers jours. Espoir déçu ! Nous restons néanmoins au camping, bien installés à l'ombre d'un olivier.
Douche, repas lyophilisés (les derniers sachets pour mon compte), coups de téléphone, lessive, vaisselle, sieste : tout est bon pour patienter en attendant l'ouverture des commerces.
A 17 heures 30, je pars au village avec Isa pour nous ramener de la nourriture. Malheureuse surprise, la supérette que nous avions repéré, la seule du village, est fermée le mercredi. Pas de chance. Nous nous rabattons alors sur la boulangerie en contrebas, où nous trouvons du pain, du miel, et un maigre paquet de chips que nous garderons pour le lendemain. La boulangère nous indique alors la possibilité d'aller dîner, faute de vivres, au seul restaurant exceptionnellement ouvert, l'Auberge des Murés (Tel 04.93.23.24.60), à 300 mètres au-dessus de notre camping. C'est donc sur une note relativement luxueuse que nous terminerons finalement cette journée, autour d'un bon repas avec de la viande arrosé d'un peu de vin rosé. Une chance, au milieu de notre périple. Nous profitons de l'hospitalité de la patronne pour lui acheter ici encore deux paquets de 250 grammes de penne, que nous nous partageons Patrick et moi pour en répartir le poids dans nos sacs à dos.
Nous marquons ainsi la fin du GR 5, que nous quitterons demain pour emprunter le GR 52. Le premier continue jusqu'à Nice, le deuxième termine à Menton.
jeudi 20 juin 2002
Etape 5 : Saint Dalmas Valdeblore - Le Boréon (GR 52)
distance parcourue
dénivelée positive
dénivelée négative
dénivelée absolue
temps passé total
temps passé en montée
temps passé en descente
temps passé sur plat et pauses
pourcentage du temps passé en montée
pourcentage du temps passé en descente
pourcentage du temps passé sur plat et pauses
dénivelée à l'heure en montée
dénivelée à l'heure en descente21.5 km
1352 m
1163 m
2515 m
7h30'
3h43'
2h56'
51'
49.6 %
39.1 %
11.3 %
364 m/h
396 m/h

Aujourd'hui, changement de GR pour repartir plein nord. Nous nous levons très tôt. Il fait encore nuit. Sans réveiller les voisins, nous nous éclipsons rapidement après une préparation et un café avec du pain et du miel pris à la lueur de nos lampes frontales. Nous attaquons tout d'abord la montée qui nous conduit au col de Veillos. Le rythme est bien soutenu, nous sommes en forme, si j'en juge par la très courte pause que nous faisons devant la borne du GR 52, après une heure de montée.
Patrick se sent particulièrement bien, et ça nous fait plaisir à tous. Cela montre bien qu'il faut être en constante bonne condition physique. Personne n'est à l'abri d'un passage à vide. Une journée affaibli pour une raison ou une autre, et il faut du temps pour se reconstituer une réserve d'énergie et avoir ainsi la force de lutter contre la douleur et la fatigue. Tant mieux, donc.
Je m'inquiète de plus en plus d'une douleur à la cheville gauche. A chaque pas je sens un craquement inquiétant. Serait-ce le début d'une tendinite ? Je ne le souhaite pas. Patrick a pris avec lui une crème anti-inflammatoire miraculeuse (Ketum), que j'appliquerai régulièrement sous forme de massage, et qui me fera disparaître ces vilains craquements.
Au col de Veillos, nous nous jetons sur le paquet de chips, idéalement tombé à ce moment-là. Notre conscience nous ordonne de nous en séparer avant qu'il ne s'écrase dans le sac à dos. Petite pause au soleil, puis, nous repassons à l'ombre du Mont Pépoiri, sur son versant ouest, avec une petite brise vivifiante qui nous fait du bien et nous aide ainsi à accéder au col du Barn sans problème.
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Démarrage de l'étape sur le GR52 (St-Dalmas Valderblore - Menton) - Lac de MillefontsAu passage, les lacs de Millefonts nous emplissent de bonheur, avec les nuances de couleurs qu'ils révèlent au petit matin. Le soleil souligne les crêtes aux alentours. Juste avant le Col du Barn (2452 m), nous avons deux ou trois névés importants à franchir. C'est sans problème. Isa propose de ne pas s'arrêter au col, préférant plonger tout de suite derrière dans le vallon. En même temps nous pénétrons une fois de plus dans le Mercantour.
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Nouvelle entrée dans le parc du Mercantour au col du Barn - Rhododendrons en descendant le vallon du BarnA ce moment-là, je m'autorise une douceur, une part de gâteau aux noix que je déguste en contemplant la beauté du paysage.
La végétation, les couleurs changent peu à peu. Le sentier serpentant dans les pentes caillouteuses laisse progressivement place à un chemin bien marqué dans l'herbe entouré de gigantesques parterres de rhododendrons et autres fleurs dont je ne connais pas encore le nom. En toile de fond, de grands mélèzes et les montagnes enneigées. Plus loin le torrent du Barn, une petite passerelle en rondins de bois viennent compléter le tableau. Isabelle voit juste : "c'est comme au paradis !", lance-t-elle.
Effectivement, c'est beau...époustouflant, même. Nous sommes en plein coeur du parc national le plus riche en flore et n'en mesurons certainement pas assez l'importance. J'en ai oublié mes douleurs à la cheville, qui réapparaissent de temps de temps.
Torrent du BarnLa nature nous offre ici ce qu'elle a de meilleur. Nous nous sentons tout petits.
Le sentier se perd dans les mélèzes au fond du vallon, pour terminer à la vacherie du Collet, où nous prenons une pause écourtée par d'impolis moustiques qui sont venus nous attaquer par dizaines. Impossible de s'attarder ici. Dommage, nous reprenons ainsi notre route vers le col de Salèse qui marque la frontière entre les deux principales vallées de la région, la Tinée et la Vésubie, en alternant chemin large et sentier étroit.
Puis, une longue descente dans les pins du vallon de Salèse nous conduit tout droit au gîte du Boréon dont nous apercevons le barrage. Les deux kilomètres de bitume à la fin sont de trop, mais la motivation pour arriver au plus vite nous aura fait gagner 30 minutes sur le temps prévu pour la descente depuis le col.
Gîte du Boréon, au terme de la 5ème étapeEn arrivant à 13 heures 15, nous avons encore une bonne demi-journée devant nous pour nous refaire une santé et c'est en mangeant une bonne grosse assiette de pâtes que cela commence véritablement. Je me dis et me répète que les choses les plus simples sont souvent les meilleures dans ce cas-là. Ai-je tort ?
Magré le confort du gîte, nous plantons le bivouac sur un promontoir herbeux à proximité. Le repas servi est très copieux, composé d'un potage à la tomate, de rôti de porc servi avec du riz sauvage, de fromage du pays et d'une tarte aux pommes. Nous sommes comblés. Nous ajouterons le café et un petit verre de Génépy, offert par le patron pour couronner le tout.
Après la lecture d'un magazine dédié à la vie du loup dans la région, une seconde partie de Trivial Pursuit viendra terminer notre soirée. Aussi, je préparerai comme tous les jours le profil de l'étape de demain.
vendredi 21 juin 2002
Etape 6 : Le Boréon - Refuge CAF de Nice
distance parcourue
dénivelée positive
dénivelée négative
dénivelée absolue
temps passé total
temps passé en montée
temps passé en descente
temps passé sur plat et pauses
pourcentage du temps passé en montée
pourcentage du temps passé en descente
pourcentage du temps passé sur plat et pauses
dénivelée à l'heure en montée
dénivelée à l'heure en descente14.2 km
1624 m
967 m
2591 m
8h44'
4h42'
2h27'
1h35'
53.8 %
28.1 %
18.1 %
346 m/h
395 m/h

Comme nous avons prévu une courte étape aujourd'hui, soit quatre heures de marche, nous ne nous levons qu'à 6 heures 30 seulement. Le petit déjeuner a été spécialement préparé au gîte pour notre départ : café, pain grillé, confiture de myrtilles. Un régal pour une journée qui commence bien.
Nous commençons au dessus du gîte dans une pente forte qui s'adoucit de temps en temps au gré du relief en remontant le long du torrent du Boréon. La végétation est luxuriante. Nous voyons encore des rhododendrons ça et là, mais aussi des fleurs rares dont la présence a été évoquée la veille par une randonneuse au gîte.
Le torrent, par sa violence due à la fonte des neiges, nous offre de belles cascades tout au long de son cours. Le débit est élevé. En levant la tête, les montagnes dessinent un relief très accidenté qui nous annonce une étape différente de celles que nous avons vécues jusque là. Peut-être est-ce le début de la "vraie" montagne (je compare trop facilement à celles que je connais du côté de Chamonix) ?
Malgré la dénivellation de 1000 mètres qui nous transporte au Pas des Ladres, notre allure est soutenue et nous y parvenons en moins de trois heures, après un arrêt au lac de Trécoulpe, encore une merveille.
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Lac de Trecoulpe - Montée au Pas des Ladres avec le lac en contrebasEncore une seule heure et l'étape du jour est théoriquement bouclée puisque les panneaux indicateurs du GR 52 nous annoncent la proximité du refuge de la Madone de Fenestre. En regardant le topo, Je lance l'idée de couper à l'intersection d'un chemin qui indique le lac de Fenestre et ainsi de rejoindre l'itinéraire prévu le lendemain. A l'unanimité, mais après quelques secondes de réflexion, nous acceptons de gagner du temps en prenant de l'avance et ainsi de rejoindre le refuge CAF de Nice qui se trouve à trois heures d'ici.
Avec une marge suffisante, ceci nous permettra de réaliser l'étape suivante dans de meilleures conditions en se levant plus tard et ainsi mieux profiter du paysage car elle s'annonce particulièrement belle : la Vallée des Merveilles et ses nombreux lacs de montagne. Ainsi, au point culminant, la Baisse du Basto, nous trouverons de nombreux névés qu'il nous faudra passer dans un créneau horaire adéquat pour que la neige ne soit ni trop dure ni trop molle.
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Refuge de la Madone de Fenestre - Pas du Mont ColombC'est donc parti pour 500 mètres d'ascension supplémentaires que nous abordons tranquillement, sous le soleil, pour nous économiser. En récompense, au Pas du Mont Colomb, nous nous autorisons une longue pause pique-nique avec sandwichs, miel, pommes, et café que nous nous permettons même de nous faire chauffer à 2550 mètres d'altitude, avant de repartir pour la descente finale vers le refuge CAF de Nice.
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Chamois pendant la descente au refuge de Nice - Bouquetin proche du refugeTout au long de ce parcours supplémentaire, nous sommes doublement récompensés en apercevant des chamois en grand nombre qui se baladent sur les névés ou gambadent sur les rochers dans des pentes vertigineuses avec une aisance déconcertante. Plus loin nous les imitons en sautant de pierre en pierre puisque que le GR est tracé comme cela.
Les bouquetins présents autour du refuge CAF de Nice constituent la cerise sur le gâteau. En arrivant, ils nous accueillent et se laissent photographier sans complexe, pas du tout intimidés. En outre, ils nous garantissent de revenir avec des belles photos souvenirs
Là, nous retrouvons deux hollandais que nous avons connu dès le gîte du Boréon, trois jours auparavant.
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Lac et refuge CAF de NiceLe refuge de Nice est très représentatif des refuges de montagne, perché sur une hauteur, comme j'ai l'habitude de les voir dans les Alpes du nord.
Après un repas trop léger compte tenu des considérations commerciales d'un refuge public, et une partie de mini-Scrabble, nous choisirons de dormir dans un dortoir avec d'autres randonneurs, un peu serrés comme dans tout refuge du Club Alpin, mais bien au chaud.
samedi 22 juin 2002
Etape 7 : Refuge CAF de Nice - Refuge CAF des Merveilles - Lacs du Diable
distance parcourue
dénivelée positive
dénivelée négative
dénivelée absolue
temps passé total
temps passé en montée
temps passé en descente
temps passé sur plat et pauses
pourcentage du temps passé en montée
pourcentage du temps passé en descente
pourcentage du temps passé sur plat et pauses
dénivelée à l'heure en montée
dénivelée à l'heure en descente12.6 km
947 m
790 m
1737 m
5h47'
2h49'
1h58'
1h
48.7 %
34.0 %
17.3 %
336 m/h
402 m/h

Décollage à 7 heures 55, donc tard. Mais l'étape du jour est plus courte que prévue. Le point culminant de notre périple nous attend au loin, à peu près à 1 heure 40 d'ici. Entre temps, les bouquetins, aussi appelés mouflons dans certaines régions, nous disent au revoir et semblent nous souhaiter bonne route. Très tôt nous devons crapahuter dans les rochers avant d'atteindre le premier lac de montagne, le lac Niré, encore partiellement gelé. Les sommets alentours s'y reflètent avec exactitude, tellement la surface de l'eau est plane.
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Lac Niré - Lacs sous la Baisse du BastoNous arrivons ensuite sur une petite plaine herbeuse où une série de trois lacs se déversent l'un dans l'autre. Autour d'eau, partout, la neige. Nous passons les deux premiers sur leur gauche, pour traverser et ainsi contourner le troisième sur sa droite. Le balisage est souvent caché par la neige et nous devons faire preuve de logique, aidés par le topo-guide, pour deviner le tracé du sentier. Quelques marques blanches et rouges sont néanmoins visibles, même de loin.
Cette fois, c'est tout droit dans la pente jusqu'en haut. Dans les cailloux au début, puis en plein dans les névés pentus jusqu'au sommet. La Baisse du Basto s'ouvre alors. Nous y sommes. Le panorama est époustouflant.
Après une bonne pause de 20 minutes, nous repartons en direction de la Baisse de Valmasque, située à 2550 mètres d'altitude. Une descente puis une remontée abrupte pendant laquelle nous pouvons contempler le lac du Basto, le premier et le plus grand de la série des trois grands lacs de la vallée.
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Montée raide dans les névés à la Baisse du Basto, le point culminant de la randonnéeEncore une pause pendant laquelle nous avalons un petit café et nous essayons à la glissade sur les névés, en surplombant la fameuse Vallée des Merveilles que nous allons bientôt découvrir. La descente est facile, les trois heures passées presque oubliées. Nous sommes résolument à l'aise.
La Vallée des Merveilles tient ses promesses. Encore quelques petits lacs formés au gré de la neige qui fond laissent s'écouler lentement de l'eau ruisselant le long du sentier. Pendant la descente, nous avons l'occasion d'observer quelques peintures rupestres datant de l'âge du bronze (protohistoire, 2000 ans avec J.-C.), révélées aujourd'hui à même la roche. C'est étonnant. Le site est très touristique, c'est pourquoi nous croisons de nombreux randonneurs, simplement équipés pour la journée ou le week-end - nous sommes samedi - venus en curieux ou dans le but de s'informer dans des groupes organisés animés par des guides agréés.
De ce fait, le refuge CAF des Merveilles est complet, et nous avons la mauvaise surprise d'apprendre que nous ne pourrons même pas y dîner. Aussitôt, nous changeons nos plans et au lieu de manger ce que nous avons prévu, nous demandons une assiette de charcuterie suivie d'une belle omelette aux champignons avec un coca bien frais que le patron aura la gentillesse de nous faire servir sur la terrasse. Le barman nous offre même quelques tranches de pain qui ne seront pas de trop pour notre petit déjeuner de demain.
Ainsi nous conservons les pâtes qui nous restent pour notre repas du soir. Le refuge CAF des Merveilles ne sera qu'un point intermédiaire. Au lieu d'aller monter le bivouac autour, avec le nombre de touristes se trouvant là, nous préférons repartir pour une petite heure en direction de la Cîme du Diable et prévoir notre bivouac sur les rives des lacs du même nom, pensant logiquement trouver l'eau nécessaire à nos besoins quotidiens.
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"Le Christ", l'une des nombreuses gravures rupestres de la Vallée des Merveilles - Chamois près des Lacs du DiableLa montée aux lacs est néanmoins difficile les jambes commencent à peser anormalement. Pour me consoler ou me rassurer, je me dis que nous sommes en pleine digestion que qu'il ne s'agit pas d'un hasard. Mais l'idée de poursuivre n'est pas mauvaise puisque nous gagnons une heure précieuse sur l'étape prévue demain.
A peine arrivés, nous sentons la fraîcheur nous envahir soudainement. Oui, nous sommes en altitude. Ca faisait longtemps que nous n'avions pas bivouaqué à 2400 mètres. Nous trouvons tant bien que mal un emplacement pour la toile de tente, juste au-dessus du lac supérieur, après avoir dégagé quelques pierres en les déterrant. La douche est vite trouvée : baignade dans le lac du Diable, où l'eau ne doit certainement pas dépasser les 10°c ! Il faut une certaine dose de courage pour s'y tremper entièrement mais nous sommes extrêmement motivés, peut-être aussi par le côté insolite que cela produit.
Quelques randonneurs passent encore et nous regardent, semblant nous prendre pour des fous à nous amuser dans ce lac glacé avec en toile de fond un névé qui plonge sous l'eau. Nous profitons de ce bain pour nous laver, ternissant ainsi l'eau avec les produits chimiques que sont nos savons ou autres gels douche.
Pour la cuisine, ça se complique. Il n'y a pas de source. Ces lacs sont le résultat de la fonte des neiges uniquement, et leur eau n'est pas potable pour boire ou pour la cuisine. Pour cela, la solution est toute proche : nous allons gratter la neige des névés pour en prélever quelques blocs que nous pouvons aisément faire fondre dans nos casseroles.
Fonte de neige pour la cuisson des pâtesDe quoi nous préparer un thé pour commencer, avant de nous retrancher sous la toile de tente quand nous entendons les grosses gouttes de pluie qui commencent à plomber le sol. Une averse de courte durée qui nous bercera pendant la sieste.
Au réveil, nous sommes un peu inquiets pour les affaires que nous avions mis à sécher, suite à notre baignade improvisée. Mais la pluie a cessé et nous sommes confiants.
Pour notre repas du soir, nous fondons encore de la neige à volonté afin de cuire les 500 grammes de pâtes que nous avons transporté jusqu'ici depuis Saint-Dalmas Valdeblore. Avec un peu d'huile d'olive, ça fera l'affaire. On oubliera les petits champignons et la sauce tomate.
Mais voilà, un malheur n'arrive jamais seul : nos cartouches de gaz se vident et bientôt nous n'avons plus rien pour chauffer. Ouf, les penne sont cuites ! Nous trouverons cependant un peu de bois aux alentours pour faire un petit feu et ainsi tenter de se faire chauffer un café mais il ne brûle pas très bien et finalement nous abandonnerons ce luxe assez vite.
L'étape de demain nous conduira à Sospel, où nous retrouverons la civilisation et ainsi nous pourrons nous nourrir correctement et surtout suffisamment.
dimanche 23 juin 2002
Etape 8 : Lacs du Diable - Sospel
distance parcourue
dénivelée positive
dénivelée négative
dénivelée absolue
temps passé total
temps passé en montée
temps passé en descente
temps passé sur plat et pauses
pourcentage du temps passé en montée
pourcentage du temps passé en descente
pourcentage du temps passé sur plat et pauses
dénivelée à l'heure en montée
dénivelée à l'heure en descente26.9 km
423 m
2382 m
2805 m
7h04'
1h28'
4h51'
0h45'
20.8 %
68.6 %
10.6 %
288 m/h
491 m/h

Juste levés pour admirer un fâbuleux lever de soleil qui dégrade le ciel de nuances orangées, nous ne pouvons que constater le privilège de notre situation.
Après un rapide café et quelques tartines de compote de pommes, il nous faut à peine dix minutes pour atteindre le Pas du Diable, nous n'avons même pas le temps de nous échauffer qu'il faut entâmer la longue descente dans les cailloux de l'autre côté. L'équilibre est précaire, à deux reprises je manque de me tordre la cheville. Très vite nous enlevons nos coupes-vent ou vestes légères qu'il nous a fallu enfiler au départ. Cette descente, n'est pas vraiment un cadeau.
Peu à peu, les rayons du soleil passent par-dessus la montagne et mettent en valeur les reliefs et le tracé que nous allons suivre, tout en fleurtant avec les lignes de crêtes. Au loin, le sentier est très visible, il se devine parfaitement dans les grandes pentes herbeuses situées de part et d'autre de celles-ci.
Notre progression est assez rapide, agrémentée par les bêlements lointains d'un immense troupeau de moutons.
De crête en crête et de col en col, nous faisons route sur la Pointe des Trois Communes, avec comme point de mire une forteresse qui semble dominer stratégiquement toute la région des Alpes-Maritimes. Avec Isabelle un peu en retrait, Patrick et moi nous imposons un rythme d'enfer, les gouttes de sueur innondent notre visage et irritent nos yeux.
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Lever de soleil sur les Lacs du Diable - Cîmes du Diable et de Tuor, vues depuis la Pointe des Trois CommunesA peine arrivés, nous faisons le tour de ce monument historique, vestige de la deuxième Guerre Mondiale, à l'occasion d'une pause bien méritée. Sur ce bâtiment, nous apercevons d'ailleurs les traces des combats que se sont livré les Forces Françaises en avril 1945.
Le col de Turini, célèbre pour le passage du Rallye de Monte-Carlo, n'est qu'à 30 minutes de marche d'ici.
Suite à notre bivouac, nous n'avons que peu d'eau avec nous car il a fallu économiser. Un couple de randonneurs que nous avons croisé hier nous a indiqué l'emplacement de l'unique point d'eau possible sur le parcours, C'est en fait un abreuvoir qu'il ne faudra absolument pas rater, sous peine de finir déshydratés. Nous sommes équipés de pastilles de purification que nous devrons vraisemblablement utiliser.
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Vache du pays (vacheries de l'Authion) - Vue sur le village de Moulinet, sur la route du Col de TuriniEn contrebas, au niveau des vacheries de l'Authion, nous croisons notre deuxième troupeau de vaches. Elles sont belles dans la région ! C'est juste là que nous devons être vigilants pour trouver l'abreuvoir dont on nous a parlé et ainsi remplir nos gourdes. Nous y parvenons sans peine et prenons le risque de ne pas utiliser nos pastilles purificatrices, tant l'eau est claire et limpide. D'ailleurs, sa fraîcheur nous vivifie instantanément, un vrai bonheur...
Ensuite, l'enfer continue avec la lente descente sur Sospel, en alternant passages en forêts de pins sur des sentiers ou des chemins larges, pâturages, et étroits chemins de pierres brûlantes. Nous couperons légèrement l'itinéraire pour ne pas avoir à remonter, aux alentour de la Baisse de Ventabren. L'enchaînement de la Baisse du Déal, de la Baisse de Lignière, et de la Baisse de Fighière où nous perdons beaucoup d'altitude est un cauchemar pour les pieds. Nous devons même nous arrêter pour une pause forcée tellement la douleur est insoutenable. En fait, nous souffrons beaucoup plus dans les descentes, en raison d'un frottement excessif des orteils dans le fond des chaussures. Nous aurions presque préféré monter mais voilà, il se trouve que Menton est en bord de mer et il faut bien quitter la montagne un jour !
Ainsi, nous sortons définitivement du Parc National du Mercantour avant d'arriver au dessus de Sospel. Ce charmant village, au-dessus duquel nous débarquons, est une cité dont les racines plongent dans l'histoire ancienne du Comté de Nice.
Notre flair exercé nous montre la première terrasse de restaurant où nous prenons un copieux repas, à l'ombre au bord de la rivière. Nous y restons deux bonnes heures avant de faire des achats pour le petit déjeuner de demain, puisque la boulangerie à proximité est ouverte le dimanche. Le barman du bistrot nous indique que nous pouvons aller voir au camping municipal pour passer la nuit, mais sans garantie. Nous aurions voulu entendre parler de piscine, mais tout est fermé en attendant la saison d'été qui commence ici en juillet.
En fait le camping municipal, à 500 mètres du centre, n'est pas ouvert lui non plus. Nous avons alors la chance et surtout l'opportunité de rencontrer Monsieur le Maire de Sospel en personne, qui nous donne l'aimable autorisation d'y camper, mais aussi de disposer exceptionnellement des installations de WC et douches.
Nous considérons ce privilège comme une bienvenue et aussitôt nous organisons pour nous laver et faire notre lessive quotidienne.
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Sospel : lit de la Bevera - Volets typiques et couleurs chaudesAprès un nouveau repas, la douce chaleur nocture nous impose de passer la nuit à la belle étoile. Nous ne sommes ici plus qu'à 350 mètres d'altitude.
Sospel : horloge sur facade
lundi 24 juin 2002
Etape 9 : Sospel - Menton
distance parcourue
dénivelée positive
dénivelée négative
dénivelée absolue
temps passé total
temps passé en montée
temps passé en descente
temps passé sur plat et pauses
pourcentage du temps passé en montée
pourcentage du temps passé en descente
pourcentage du temps passé sur plat et pauses
dénivelée à l'heure en montée
dénivelée à l'heure en descente17.7 km
1105 m
1403 m
2508 m
5h13'
2h30'
2h22'
0h21'
47.9 %
45.4 %
6.7 %
442 m/h
593 m/h

Nous abordons sereinement cette ultime étape, en partant tranquillement lors de la traversée de Sospel. Le programme du jour n'est pas si facile que ça. Nous aurions pu croire qu'à l'altitude où nous sommes, il ne nous restera que de la descente pour rejoindre la mer. Que nenni ! Plusieurs grosses côtes sont au menu et il nous faudra monter deux fois jusqu'à plus de 1000 mètres d'altitude, de quoi faire taire ceux qui croient que l'arrière-pays niçois et mentonnais est plat !
Nous sommes rapidement dans le bain puisque la première commence dès la sortie du village. Il est déjà 7 heures. Peut-être avons-nous sous-estimé l'heure de départ, toujours est-il que pour atteindre le col du Razet, il nous faut nous élever de près de 700 mètres.
Heureusement, les quelques passages en sous-bois nous abritent de la chaleur qui est inexorablement au rendez-vous. Profitons de ces quelques moment de relative fraîcheur, la fin de l'étape est plutôt dégagée et il ne faudra pas compter sur une quelconque brise marine pour nous aider à terminer la "balade". C'est vraisemblablement dans la fournaise que nous terminerons l'aventure.
Motivés pour raccourcir l'étape au maximum, nous arrivons au premier col en trente minutes de moins que le topo-guide ne l'indique. Il est vrai que les temps de parcours sont donnés à titre indicatif pour des marcheurs moyens, mais en règle générale, ils correspondent à notre rythme depuis le départ.
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Suite d'abreuvoirs après Colla Bassa - Première vue sur la mer MéditerranéeC'est en tous les cas de bon augure pour la suite. Avec notre vitesse de croisière, en écourtant les pauses, nous pourrons gagner beaucoup de temps sur l'horaire prévu et ainsi mieux profiter des heures matinales qui sont toujours les meilleures. Mais avec la température qu'il fait déjà à 8 heures, nous sommes sceptiques.
La prairie de Morga est un petit répit pour nos pauvres pieds, nous pouvons marcher sur un terrain plat pendant quelques centaines de mètres. De belles couleurs et de bonnes senteurs viennent égayer notre itinéraire. Nous sommes obligés à un moment de nous frayer un passage au milieu de quelques vaches se trouvant sur le chemin. Elles ne semblent pas du tout farouches. Au pied de la toute dernière difficulté, la montée au col du Berceau, nous sommes encore assez frais. Je me mets à croire que mes jambes avancent toutes seules. L'habitude des jours passés à marcher a induit un certain automatisme qui n'est pas désagréable. On ne peut pas vraiment parler de fatigue, je crois qu'il s'agit plutôt des effets directs de l'entraînement. Animés par la certitude de déboucher sur une magnifique vue panoramique plongeante au sommet d'où nous verrons la mer mais surtout notre destination finale, nous pressons le pas. Tout en essayant de me concentrer sur le parcours en regardant la végétation, je tente de fondre sur Patrick mais il a pris beaucoup d'avance. Pas si facile, "il avance le gaillard", me dis-je !
Encore quelques interminables petits virages et le col du Berceau est à nous, et la promesse de voir la Côte d'Azur tenue. Là, nous jetons littéralement nos sacs à terre pour mieux profiter et admirer la vue : Ça fait du bien de voir la mer, signe concret de notre arrivée imminente. Le pain aux raisins que nous avions bienheureusement gardé jusque là est un régal, sans doute l'un des meilleurs que j'ai pu dévorer. Les mouches, d'ailleurs, ne s'y trompent pas, en voletant autour de nous comme des folles...Ce doit être à cause de la transpiration.
Une dernière pause, et nous voilà partis pour la descente finale. Ce n'est pas une partie de plaisir, d'autant plus que la pente est forte par endroits. Je n'ai qu'une pensée en tête c'est d'essayer de préserver les pieds au maximum. J'ai l'impression d'avoir les orteils à vif, c'est terrifiant. Chaque pas supplémentaire est un calvaire.
Au prix de quelques dérapages sur la terre battue, nous parvenons au lieu-dit le Plan du Lion, à mi-pente, où nous soufflons un peu. Il faut bien continuer, la grande bleue nous tend les bras mais nous n'y sommes pas encore. Le poids su sac, le soleil qui est maintenant à la verticale, le manque d'eau aussi, sont autant d'éléments qui viennent compliquer l'exercice. Toutes les huit secondes, une goutte de sueur tombe de mon front, que mon chapeau en coton n'est plus capable d'éponger. J'ai rarement eu aussi chaud pendant l'effort, ça frise l'inconscience. En réalité, il fait 37°C, me dit le thermomètre intégré dans ma montre.
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Menton : vue panoramique depuis le Col du Berceau, avant la descente finale - Vieux-Menton et port de plaisanceIl nous faut 1 heure 30 pour atteindre les hauteurs de Menton, débouchant dans les ruelles au beau milieu des propriétés. Nous visons le camping Saint Michel, se trouvant à côté de l'auberge de jeunesse. Nous avons mis 5 heures 14 au lieu des 6 heures 50 prévues. Bel effort tout de même !
Le camping en question est situé sur une colline, accessible facilement depuis la gare principale, moyennant la bagatelle de quelques 300 marches d'escalier à monter. Comme si nous n'avions pas fait assez !
Un peu au hasard, nous tombons sur petite gare, de laquelle nous prenons le train pour Menton Centre, pour enfin terminer notre parcours du combattant au camping. Nous avons retenu l'idée de dormir à l'auberge de jeunesse ce soir, mais il nous faudrait prendre une carte de membre qui nous coûte finalement trop cher. Malgré tout, nous pouvons nous organiser avec les responsables pour nous faire garder notre sac à dos et ainsi profiter d'une certaine liberté pour aller nous balader, avec nos confortables sandales, dans la ville, mais aussi sur la plage.
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Isabelle et Patrick profitent d'un bon bain de mer décontractant après tous ces efforts
Nous trois sur la plage à MentonEnsuite, nous ne parlons que de plaisir : soleil, plage, léger vent, petits repas et boissons rafraîchissantes, baignade, sans oublier les doigts de pieds en éventail qui ne réclamaient que ça depuis longtemps.
Nécessaire
sac à dos 50 à 70 litres avec suffisamment de sangles d'accrochage et de maintien
toile de tente légère 2 places
lunettes de soleil (paire)
pochettes ou boîtes d'allumettes
Camelbak et/ou gourde de grande capacité (1,5 à 2 litres)
argent liquide, pour payer les gardiens des refuges et le ravitaillement
topo guide FFRP : GR5 + GR52 (Tinée-Vésubie : Vallée des Merveilles). Voir rubrique Cartographie/Bibliographie
cartes IGN TOP25 pour la partie GR 5 : 3538 ET, 3639 ET, 3641 ET, 3741 OT, 3742 OT
cartes IGN TOP25 pour la partie GR 52 : 3641 ET, 3741 OT (cartes communes au tracé GR 5), 3841 OT
karrimat ou matelas autogonflant
mini-réchaud à gaz pliable avec cartouches à visser (attention les cartouches de gaz sont interdites dans l'avion)
sacs poubelle 25 litres, pour isoler de l'humidité le contenu du sac à dos
briquet ou allumettes
sangles de rechange pour sac à dos, long. 75 cm ou plus
altimètre
lampe frontale (pratique pour les bivouacs et les refuges)
couverture de survie
poncho en cas de pluie
couteau suisse
boussole
Facultatif
caméscope avec batterie(s) de rechange chargée(s) et cassettes vidéo
appareil photos avec batteries de rechange et films (100 ASA suffisent)
téléphone mobile ou radio pour la sécurité (prendre suffisamment de batteries car il n'y a pas de possibilité de charger en route)
carnet d'adresses : pour envoyer les cartes postales aux amis ou leur téléphoner !
petit carnet avec stylo(s) : pour noter le résumé de la journée, sans quoi cette page web n'aurait pas existé !
sangle de poitrine pour sac à dos
paire de jumelles de montagne
GPS avec batteries de rechanges
piles de rechange pour lampe frontale
couvre-sac à dos imperméable
en lieu et
places des cartes IGN TOP 25 : CDROM de cartographie IGN édités par Bayo
(www.bayo.com)
références 04 EST, 06 NORD, et 06 SUD (37,96 € chacun en avril
2002). Ces CDROMs contiennent le logiciel Carto Exploreur
Alimentation / Cuisine (pour une autonomie complète)
éponge avec grattoir pour vaisselle
soupe / potage (sachets)
paquets de pâtes
riz (sachets prêts à cuire)
sauces en sachets
set de 3 couverts métalliques légers
sachets de thé et de café soluble
barres de céréales (consommation importante)
pâtes de fruits énergétiques
sel (petite boite)
lait concentré sucré (en tube) ou lait en poudre
repas lyophilisés
tasse/verre alu
casserole/gamelle
sachets de sucre en poudre ou en morceaux
concentré de tomates (tube)
bonnes chaussures de randonnée (pas neuves !)
chaussettes spéciales randonnée (genre Coolmax)
short de sport ou short court
tee-shirts thermiques pour la randonnée
tee-shirt coton pour le soir au refuge ou en bivouac
veste polaire
veste Gore-Tex ou coupe-vent
K-Way
paire de sandales ou baskets légères
pantalon légers en toile (idéal = transformable en short)
maillot de bain (pour apprécier les baignades dans les ruisseaux et en mer)
Conseils pratiques et préparation
Ce tracé original, qui permet de traverser l'intégralité du Parc National du Mercantour dans le sens nord-sud, reste une référence. Empruntant deux sentiers de Grande Randonnée (GR 5 et GR 52), il permet de se noyer dans un environnement changeant au fil des étapes, et de rencontrer une diversité de faune et de flore unique en France. A elle seule la région de la Vallée des Merveilles vaut le déplacement.
Et quoi de plus agréable de finir par une bonne baignade en Méditerranée après avoir passé quelques jours dans la montagne ?
Liste des gîtes et refuges du Parc National du Mercantour
| Gîte de Boussiéyas | +33 4 93.02.42.20 ou +33 4 93.02.41.01 | |
| Gîte d'étape, à St Etienne de Tinée | +33 4 93.02.48.77 | |
| Gîte d'alpage, à Roya | +33 4 93.02.41.46 | |
| Auberge le Robur, à Roure | +33 4 93.02.03.57 | |
| Gîte d'alpage, à Valdeblore | +33 4 93.02.83.96 | |
| Gîte d'étape, au Boréon | +33 4 93.03.27.27 | |
| Refuge CAF* de Nice | +33 4 93.04.62.74 | |
| Refuge CAF* des Merveilles | +33 4 93.62.59.99 | |
| Gîte d'étape la Fighiera, à Sospel | +33 4 93.04.12.33 | |
| * Club Alpin Français |
...et les pages Perso :
Incontournable :