du 16 au 23 septembre 2000

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Récit par étapes avec photos
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Présentation

L'organisation

Aventures Humaines organise diverses manifestations sportives sur le massif jurassien et la France entière, mais aussi à l'étranger : Randos, Treks, VTT, Vélo, Cyclo, Ânes de bâts, Moto, 4x4, Raquettes à neige et ski de rando. Cliquez ici pour de plus amples renseignements sur les activités proposées et les pays où elles sont organisées.

Du 16 au 23 septembre, nous sommes partis avec Patrick Vallet pour un raid VTT à travers le désert et le Haut Atlas Marocain, constituant un petit groupe de 8 personnes, toutes d'origine Franc-Comtoise (Doubs, Jura) : Philippe, Michel, Hélène, Michel, Yves, Freddy, et moi-même.

L'organisateur, Patrick, est un expert en la matière. Il a consacré 12 années de sa vie au cyclisme en tant que professionnel en remportant de nombreuses courses, dont les plus prestigieuses.

Le Maroc

Un peu d'histoire

L'extrémité nord du Maroc ne se trouve qu'à une heure de l'Espagne, par bateau. Cette courte traversée du détroit de Gibraltar vous plonge au plus profond de la culture islamique qui semble encore bien lointaine et exotique à la plupart des Occidentaux. Le Maroc s'étend des côtes méditerranéennes jusqu'au désert du Sahara en passant par 4 chaînes de montagnes. Le pays présente une incroyable variété de paysages et de climats et possède une culture et des traditions fascinantes.

Marrakech, fondée au onzième siècle, a toujours frappé l'imaginaire des voyageurs occidentaux. Ville impériale, caravansérails, marchés où les hommes des tribus du sud et les villageois berbères viennent vendre des produits artisanaux et des denrées alimentaires. Située dans la plaine fertile du Haouz, au pied des superbes montagnes de l'Atlas, c'est une cité d'une incroyable beauté, projetant les couleurs ocre de ses remparts et de ses monuments aux rayons d'un soleil impitoyable.

Quelques chiffres

Liens

ressources internet au maroc : http://www.ambafrance-ma.org/public/webmaroc.htm

La Maison du Maroc (The House of Morocco) : Un site très complet répertoriant les ressources et les informations indispensables pour voyager au Maroc. En anglais et en français : http://www.maroc.net/station

Profil des étapes

coordonnées GPS des points-étapes

POINT latitude longitude
Marrakech N 31° 38' 4.6" O 8 ° 0 ' 44.4"
Taddert  N 31° 21' 43.6" O 7 ° 23' 20.3"
Ouarzazate N 30° 55' 23.5" O 6 ° 55' 10.6"
Skoura N 31° 3 ' 53 " O 6 ° 33' 10.9"
Tinerhir N 31° 31' 7.1 " O 5 ° 31' 53.7"
Tamtatouchte N 31° 40' 42.5" O 5 ° 32' 12.6"
Aït Hani N 31° 46' 47.8"  O 5 ° 27' 18.1"
Agoudal N 32° 0 ' 37.2" O 5 ° 29' 32.2"
Imilchil N 32° 9 ' 22 " O 5 ° 37' 57.3"
Tizi n'isly N 32° 28' 18.2" O 5 ° 46' 23.3"
Beni Melal N 32° 20' 11 " O 6 ° 20' 47 "
Azilal N 31° 58' 4.5 " O 6 ° 34' 12 "

Participants


Patrick, l'organisateur

Philippe

Michel

Hélène

Philippe

Michel

Freddy

Yves

Mohammed, notre chauffeur

Récit par étapes avec photos

samedi 16 septembre 2000

Vol Paris (ou Lyon) - Casablanca - Marrakech avec Royal Air Maroc

A l'arrivée à Marrakech, nous devons faire face à quelques tracasseries administratives, habituelles lorsque l'on voyage avec un vélo. De plus, le rendez-vous fixé par Patrick, l'organisateur, au chauffeur de l'agence locale devant prendre en charge le transport a échoué. Par conséquent il doit rechercher une autre agence sur le champ, ce qui prend une bonne petite heure pendant laquelle la majorité du groupe reste bloqué à l'aéroport. Pour Philippe et moi, le retard de notre avion nous arrange, finalement.

C'est donc un Land Rover qui nous accueille avec son chauffeur, Mohammed, et un taxi. Le temps de charger et sangler tous les cartons et housses de VTT sur le toit, et nous sommes partis vers l'hôtel Farouk, lieu de notre première nuit marocaine.

Un premier repas marocain (Tagine, merguez,…) accompagné d'un thé à la menthe achèvera notre longue journée de transports.

Les ventilateurs présents dans les chambres nous rappellent que le climat n'est plus le même. Effectivement, chaude sera la nuit.

dimanche 17 septembre 2000

Etape 1 : Marrakech - Taddert (liaison préalable jusqu'à un col)  voir image satellite : Marrakech-Taddert

Barrière de neige
Sans commentaire...

Michel, Freddy, et Yves sur la route de Taddert
Michel, Freddy, et Yves sur la route de Taddert

Vers 8 heures, après avoir déballé et vérifié nos vélos, nous partons en 4x4 jusqu'au sommet d'un col sur la route de Ouarzazate. Sur le trajet nous pouvons déjà nous imprégner de la nature du paysage de l'Atlas. C'est très aride et naturellement montagneux.

Au col, nous nous préparons en remplissant d'eau nos bidons – il fait déjà très chaud – et nous effectuons nos premiers tours de pédales sur la route. Cette première étape de mise en jambes est très roulante, une belle route épousant généreusement les formes du relief. L'étape est courte, 30 km, mais sous cette chaleur elle constitue une réelle acclimatation. Nous traversons quelques villages dont l'un est connu pour son souk (marché aux bestiaux, ventes de livres et cahiers, fruits et légumes, etc…)

1er col important : col du Tichka
1er col important : col du Tichka
Du pur jus d'oranges pressées (Taddert)
Du pur jus d'oranges pressées (Taddert)

Nous rallions le village de Taddert vers midi. L'accueil chez l'habitant, Omar et sa famille, est très chaleureux. C'est chez lui que nous passerons la soirée et la nuit. Nous y goûterons notre premier couscous, et comme souvent par la suite, le fameux thé à la menthe. Un régal ! Le changement brutal de climat ne tarde pas à se manifester sur nos organismes. Nous connaissons tous alors le syndrome de la soif.

Le couscous chez Omar (à Taddert)
Le couscous chez Omar (à Taddert)
Maison typique
Maison typique

Nous passerons une partie de l'après-midi à découvrir le village grâce à la complicité d'Omar, et à goûter aux joies de la vie paisible du village en buvant du jus d'oranges frais à l'unique bar, avant de terminer par un hammam chauffé au bois !

Nous en profitons pour écrire quelques cartes postales et ainsi nous dévaliserons la petite poste du village en achetant des timbres par dizaines. Nous sommes dimanche mais le postier ouvrira exceptionnellement pour nous à cet effet. Il est vrai qu'il a dû réaliser la moitié de son chiffre d'affaire grâce à cette seule journée !

lundi 18 septembre 2000

Etape 2 : Taddert - Ouarzazate (liaisons de Taddert à Telouet et de Aît Benhaddou à Ouarzazate)  voir images satellite : Taddert-Telouet - Telouet - Aït Benaddou - Ouarzazate

Passages-clés : Mines de sel, Cashba du Glaoui, Vallée des cashbas

Ce matin, lever à 6 heures. En effet nous devons rattraper le temps perdu avec les problèmes à l'aéroport. L'étape d'hier, nous devions l'effectuer à notre arrivée pour rejoindre Taddert le soir même. Nous devons alors doubler la journée, ce qui sera possible avec le jeu des transferts en 4x4. Le départ à VTT est fixé à 7 heures. C'est beaucoup trop tôt pour Omar et nous ne voulons en aucun cas lui imposer, c'est pourquoi Patrick a acheter de quoi nous improviser un petit déjeuner rapide à base de produits non-marocains. Une fois n'est pas coutume…

village berbère typique
village berbère typique 

Les vélos de nouveau sur le toit, cette fois avec les roues déjà montées, nous partons en 4x4 jusqu'à Anmitter en admirant une fois de plus les paysages montagneux qui sont grandioses, nous sommes vraiment dans le Haut-Atlas. Après un arrêt au Col de Tichka (2260 m), nous faisons route vers la Cashba du Glaoui que nous visitons de façon privilégiée, guidés par le gardien qui n'a d'autres clients que nous-mêmes. Il nous explique l'histoire qui envahi ces murs magnifiquement ornés, en relatant l'indépendance du Maroc. Non loin de là, nous continuons notre visite par des mines de sel naturelles, où nous voyons encore les ouvrier extraire les minéraux à la pioche pour ensuite les transporter à dos de mules.

La journée est chargée, nous ne restons pas très longtemps.

Les montagnes de l'Atlas
Les montagnes de l'Atlas
Michel dans la vallée des Cashbas
Michel dans la vallée des Cashbas

Le départ de l'étape VTT proprement dite se situe dans un village non loin de là, Telouet. Le parcours est superbe : nous longeons sur sa rive droite toute la Vallée des Cashbas, une série de plats et reliefs peu accentués que nous avalons sans difficulté malgré la chaleur presque insoutenable. Le seul fait de rouler nous procure une aération suffisante pour oublier cette chaleur.

Quelques petites pauses nous permettent de profiter davantage du paysage, et particulièrement lors d'un arrêt sur un belvédère qui surplombe le reste de la vallée. On distingue enfin un peu de verdure, qui ne manque pas de pousser lors de la moindre pluie, qui est néanmoins très rare ici.

Village typique
Village typique
Freddy et Hélène (sentier des cashbas)
Freddy et Hélène (sentier des cashbas)

Une belle descente verra deux chutes dont la mienne, en raison de problèmes mécaniques sur ma monture. Philippe a pris un peu d'avance, je le rejoins pour terminer ensemble à Aît Benaddou où nous prendrons un repas bien mérité avant d'aller visiter sa célèbre Cashba, lieu hautement touristique. On a d'ailleurs érigé là un décor grandeur nature pour les besoins du tournage d'un film cinématographique anglais.

A notre retour, le vent se lève et devient violent. Il n'était pas question de continuer à VTT mais la direction du vent, que nous avons dans le dos par rapport à la suite de l'itinéraire, fait l'unanimité quant à notre désir de continuer par la route. Nous atteindrons alors le croisement avec la route nationale, en deux fois moins de temps que prévu, en atteignant des vitesses élevées de l'ordre de 60 km/h grâce à cet élan naturel. Là nous attend le Land Rover sur lequel nous chargerons nos vélos avant de continuer notre route jusqu'à Ouarzazate en profitant au passage du coucher du soleil.

le désert à perte de vue...
le désert à perte de vue... 

Je dois soigner mes blessures aux doigts, suite à ma lourde chute, avec de la crème anti-inflammatoire. Mon index gauche a doublé de volume et à cet instant je ne vois pas comment je vais pouvoir continuer le raid normalement. A froid, je ne peux presque plus tenir la poignée gauche de mon guidon.

Ouarzazate
Ouarzazate
On fixe les VTT sur le toit (Ouarzazate)
On fixe les VTT sur le toit (Ouarzazate)

mardi 19 septembre 2000

Etape 3 : Ouarzazate - Tinerhir (liaison de Ouarzazate à Tidhreste et de Skoura à Tinerhir)  voir images satellite : Ouarzazate-Skoura - Skoura-Tagmout - Tagmout-Tinerir

Ce matin, en ralliant le début de l'étape vers le village de Tidhreste, nous visitons une fois de plus un décor de cinéma, monté pour le tournage de Cléopâtre. Tout est resté intact ou presque. L'illusion du vrai est prodigieuse, la tromperie est parfaite.

Michel dans le désert par 40°C
Michel dans le désert par 40°C
Le 4x4 d'assistance (Land Rover)
Le 4x4 d'assistance (Land Rover)

Patrick et Yves me confectionnent une atèle de fortune avec un roseau coupé en deux pour protéger mon doigt enflé. Je me contenterai de poser la main sur la poignée sans utiliser le frein avant, mais ça ira. C'est parti sur de longues pistes sablonneuses et caillouteuses dans un paysage totalement désertique, avec le Haut Atlas en toile de fond au nord-ouest. Ça secoue beaucoup, j'ai véritablement mal aux poignet dont j'essaie d'oublier la douleur. Je tiens alors le guidon d'une seule main la plupart du temps. Sur ces grandes pistes nous atteindrons 36 km/h en rejoignant Skoura. Heureusement, le terrain est plus clément et très roulant sur la fin, ce qui nous donnera l'occasion de nous amuser véritablement dans certaines enfilades de sentiers.

Petite marocaine
Petites marocaines
Petite marocaine
 

A Skoura, un peu de fraîcheur grâce à quelques boissons prises à l'ombre de tonnelles et un melon sucré rapporté par Yves et Freddy qui ont chevauché une mobylette locale pour l'occasion. Patrick tente de négocier un taxi avec un peu de peine. Il y parvient, nous pouvons alors accompagner le 4x4 jusqu'à Tinerhir à passant par la Vallée du Daddès, dans laquelle nous déjeunerons au couscous, toujours avec l'inévitable thé vert. L'accueil est extrêmement sympathique encore une fois.

Le soir à Tinerhir, nous visitons une fabrique de tapis que nous essayerons de négocier ou de troquer en vain, avant de nous faufiler dans une belle palmeraie. Puis la nuit tombe et nous rentrons à l'hôtel pour dîner sur la terrasse. La spécialité est la Paëlla. Les plus courageux passeront la nuit à la belle étoile ou sous une tente berbère plantée là.

Attention serpents !
Attention serpents !
Freddy et Yves sur une vraie mobylette
Freddy et Yves sur une vraie mobylette

mercredi 20 septembre 2000

Etape 4 : Tinerhir - Tamtatouchte (tout à VTT)  voir image satellite : Tinerir-Tamtatouchte

Passages-clés : Gorges de Todra

Ce sont les prières qui nous réveillent vers 5 heures, chantées par un haut-parleur du haut d'un minaret se trouvant à quelques centaines de mètres de l'hôtel. Après le petit déjeuner, nous avons un peu de temps pour se balader dans les rues. Certains tentent d'acheter quelques souvenirs tandis que d'autres font un stage chez le barbier du coin, histoire de faire peux neuve. Quant à moi, je tente de réparer grâce à l'expertise de Philippe le moyeu de ma roue avant qui a du jeu. Le village commence à s'animer peu à peu. J'ai néanmoins le temps de flâner dans les ruelles avant le rendez-vous devant l'hôtel pour un départ à 8 heures 30.

Nous partons tranquillement pour cette étape de 40 km, compte tenu de la chaleur qui est déjà fortement montée. Tout d'abord, 15 km de route nous permettent de rejoindre les Gorges de Todra. Sur le chemin, je me laisserai tenter par une photo-souvenir sur le dos d'un dromadaire, enrubanné d'un sheish autour du casque. Insolite !  

L'entrée dans les Gorges de Todra
L'entrée dans les Gorges de Todra
Une belle résidence berbère (Tamtatouchte)
Une belle résidence berbère (Tamtatouchte)

Nous profitons de l'entrée dans ces majestueuses gorges pour trouver quelques rares endroits à l'ombre des falaises. Ce site est un lieu d'escalade renommé dans la région. Depuis notre VTT nous apercevons même des grimpeurs, vraisemblablement des touristes, à l'assaut des parois verticales qui bordent les gorges. A la sortie du canyon qui constitue le départ des gorges, nous quittons le cours d'eau mais continuons à remonter le long de ce lit naturel jusqu'au plateau qui débouche sur le petit village berbère de Tamtattouchte, perdu à 1800 m d'altitude.

Le chemin très sablonneux réserve de nombreux pièges, mais avec une vitesse adaptée ils peuvent être évités.

encore et toujours le désert...
encore et toujours le désert... 

Le terrain, légèrement montant, me convient très bien. Je me sens bien, une agréable petite brise me balaye le visage en permanence. En plein soleil, il fait au moins 40°C. J'augmente alors la cadence pour tenter de rejoindre Philippe, parti en solitaire une fois de plus en se désolidarisant du reste du groupe qui commençait à s'étirer. J'y parviendrai et finirai l'étape avec lui à Tamtattouchte. Quelle délivrance ! Le rythme soutenu que nous avons imprimé avec facilité, à notre grand étonnement d'ailleurs, fait que nous sommes délivrés de cette fournaise. Nous nous scotchons sur des matelas en nous abreuvant de rafraîchissements sucrés pour attendre nos compatriotes. Nous découvrirons plus tard que la tente berbère sous laquelle nous nous trouvons fait partie de l'hôtel où Patrick a prévu de faire étape (chez Baddou).

L'hôtel de Baddou à Tamtatouchte
L'hôtel de Baddou à Tamtatouchte
Cultures irriguées (Tamtatouchte)
Cultures irriguées (Tamtatouchte)

Je n'ai presque plus aucune douleur au doigt, qui a légèrement diminuer de volume. Les autres arrivent vingt minutes après pour subir le même sort que nous : boissons fraîches, repos, thé à la mente, re-repos, pour finir par un bon petit repas. Nous hésitons à nous balader dans le village tellement la température est élevée, et décidons de reporter à plus tard cette visite, pendant laquelle nous prendrons de nombreuses photos et vidéos.

jeudi 21 septembre 2000

Etape 5 : Tamtatouchte - Imilchil (tout à VTT)  voir images satellite : Tamtatouchte-Aït Daoud - Aï Daoud-Agoudal - Agoudal-Imilchil

Passages-clés : Mines de Sel de Aît Daoud, Col de Tizi-Tiherhouzine (2700 m), Agoudal

Cette étape est annoncée comme la plus difficile parce qu'elle est agrémentée du passage d'un haut col (Tirherhouzine) mais aussi la plus longue (90 km). Elle peut faire plus de 100 km si nous décidons d'aller visiter en chemin les mines de sel d'Aît Daoud.

Nous nous levons dès 6 heures, pour un départ à la "fraîche". Il fait encore nuit, après avoir dormi une fois de plus sous une tente berbère posée aux abords de l'hôtel. Certains on toutefois préféré le confort des chambres, ce qui est légitime avant un pareil programme.

Le petit déjeuner est pris rapidement, avant de nous jeter sur nos drôles de bicyclettes.

En route ! Nous traversons le village dans toute sa longueur, en observant le soleil se lever. Le panorama, très ouvert au loin, est superbe. Nous nous trouvons au beau milieu du désert une fois de plus. Il n'y a rien ni personne, seules les montagnes de l'Altlas semblent nous surveiller. Nous croisons tout de même de temps à autre quelques rares camions qui font la navette entre Tinerhir et Imilchil. Le sentier est bien marqué, nous utilisons l'une des deux traces crées par les véhicules, pendant de longs kilomètres jusqu'à Aît Daoud où nous prenons à l'unanimité la décision d'aller visiter les mines de sel rose. Dans les villages traversés, les enfants nous approchent dangereusement en nous tendant leurs mains pour que nous puissions les toucher. Cela doit représenter pour eux un grand honneur ou une fierté, n'ayant certainement jamais vu passer de tels vélos dans leur village. Nous passons certainement pour des extra-terrestres à leurs yeux.

Une des nombreuses crevaisons (Philippe)
Une des nombreuses crevaisons (Philippe)
Marocaine
Marocaine

En route pour la mine, donc. Je m'aperçois soudain que je suis dépossédé de mon appareil photo, avec lequel j'ai déjà vidé trois pellicules. Me le suis-je fait voler, l'ai-je perdu ? Oui, j'ai dû le perdre. Nous nous arrêtons souvent pour prendre des photos, le tentation est trop forte. Je prends alors le décision de revenir sur mes traces en laissant le reste du groupe continuer, et en leur donnant rendez-vous au dernier village traversé. Je parviens alors à me faire comprendre par un villageois qui me propose de demander à tous les enfants du village si l'un ou l'autre aurait trouvé mon appareil photo miniature. Après une première petite enquête, rien de neuf. Je lui laisse mon adresse en espérant qu'il puise me l'envoyer ultérieurement si quelqu'un parvient à le retrouver. Pour le motiver, j'annonce que je promets une récompense de quelques dizaines de dirhams.

Une heure plus tard, après avoir partagé une chaleureuse conversation avec les plus anciens du village, je suis rejoint par Mohammed et son 4x4 d'assistance alors que les autres vttistes prennent un raccourcis en direction du col Tizi n'Tirherhouzine. Nous les rejoignons et continuons tous ensemble depuis le lieu de rendez-vous. De là, nous devons atteindre le haut-col qui se trouve à 2700 m d'altitude, soit 900 m de dénivelée au-dessus de nous, par un chemin de 7 km.

La montée est difficile, le terrain est instable et très irrégulier, il fait naturellement très chaud ( nous sommes alors en plein milieu de la journée). Philippe et Michel sont partis avec un peu d'avance. Je rattrape Philippe avant le virage où la pente s'accentue, puis Michel un peu plus loin. Je le dépasse lentement pour continuer ma progression régulière vers le sommet, sous les yeux éloignés d'Hélène et de Michel qui ont préféré faire le voyage en 4x4 devant cette difficulté, sur les conseils avisés de Patrick. Je serai rejoint par ce dernier, parti à ma rencontre non loin du sommet. Il a mis le turbo et a dépassé tout le monde avec une facilité déconcertante. On sent là le professionnel, mais c'est tout de même impressionnant ! Me prenant au jeu, j'ai même accéléré vers la fin pour essayer de l'intimider, mais je me suis très vite mis "dans le rouge" pour enfin capituler. Il a l'extrême gentillesse de rester avec moi pour rejoindre la tente berbère au col, où nous attendent comme par magie des bouteilles de soda toutes fraîches. Non, ce n'est pas un mirage. Le coin s'appelle Belle-Vue, il ne pouvait en être autrement. L'addition de mes efforts, la pression, la chaleur et la fatigue accumulées sont autant d'éléments qui font soudain que je me mets à saigner du nez sans pouvoir arrêter l'hémorragie. Heureusement, l'effusion ne dure que quelques minutes, j'ai encore besoin d'énergie pour couvrir le reste de l'étape.

Voyageurs allant au souk
Voyageurs allant au souk
Marocain à l'hôtel à Imilchil
Marocain à l'hôtel à Imilchil

Michel, Freddy, Yves, et Philippe se pointent 15 minutes plus tard. Avec l'arrivée du Land Rover, nous sommes au complet pour entamer un riche pique-nique réparateur à l'ombre sous la tente.

Côté parcours, le plus dur est fait, il nous reste la plus longue partie mais aussi la plus facile, car majoritairement constituée de descentes et de faux-plats descendants. Jusqu'à Agoudal. Je suis avec Philippe alors qu'il crève soudain de la roue avant alors que nous étions lancés à plus de 40 km/h. Forcés alors d'attendre les autres pendant la réparation, nous pensons à cette descente infernale que nous allons poursuivre. Plus loin, je me prendrai au jeu avec Patrick une fois de plus, mais cette fois en roulant à toute vitesse dans les grandes courbes, comme le font Philippe et Michel non loin devant nous. Un vrai plaisir pour chacun. C'est inoubliable, d'autant plus que nous ne ratons pas une miette du paysage.

Arrivés Agoudal, nous nous rassemblons devant les gamins du village, curieux, qui arrivent par dizaines. Ils nous courront après pendant quelques centaines de mètres, en nous criant : « Msiou ! Un stylo ! Un dirham ! Un bonbon ! ».

La suite est une succession de pistes très agréables en traversées de villages, jusqu'au croisement avec la grande route que nous emprunterons pour rallier Imilchil. A ce stade du raid, nous sommes surpris par la bonne forme physique que nous avons acquis. Nous avons déjà parcouru plus de 80 km et ce ne sont pas les 25 derniers kilomètres de route qui nous font peur. C'est donc à Vélo que nous irons doit sur Imilchil, à notre hôtel au bord du Lac Tislite, après une courte pause-boissons sur la terrasse d'un bar.

vendredi 22 septembre 2000

Etape 6 : Imilchil - Marrakech (transfert de Tizi-n-Isly à Marrakech)  voir image satellite : Imilchil-Tizi n' Isly

Passages-clés : Tizi-n-Isly (arrivée VTT), Barrage et Lac de Bin-El-Ouidane, Azilal, Cascade d'Ouzoud

Départ calme de l'hôtel à 7h40, doublement éclairés par les reflets du soleil dans le lac Tislite, pour l'ascension d'un petit col sur 2 km. Patrick nous fait savoir que le reste du profil, c'est-à-dire les 60 km, sont globalement descendants puisque qu'on repasse définitivement du côté nord de l'Atlas. Nous profitons encore de la beauté du paysage en observant les dessins caractéristiques de l'érosion. Le début du parcours est malheureusement goudronné à notre grand regret encore qu'une étroite piste l'année précédente. Cela nous permet tout de même de gagner du temps en descendant rapidement. Mais très vite nous retrouvons un sentier régulier. Nous serons même tentés, avec Patrick, d'emprunter un agréable petit sentier sinueux à souhait, hors itinéraire, mais qui pourrait très bien faire l'objet d'une modification de parcours lors d'un prochain raid. Pendant de longs kilomètres, nous jouons facilement avec le terrain, passant de part et d'autre de l'oued en se rafraîchissant lors de traversées. Ce sentiment est très agréable. Mais comme toute bonne chose a une fin, nous retrouvons le goudron pour terminer par la route jusqu'à Tizi-n-Isly où le taxi nous attend pour rentrer sur Marrakech..

Les merveilles de l'érosion
Les merveilles de l'érosion
Oasis
Oasis

Sur cette route, nous devons affronter une série de montées, descentes, longues lignes droites ou courbes interminables, toutes douloureuses pour les jambes et le souffle. Malgré tout, avec Philippe, Freddy et Michel, nous pousserons tour à tour quelques accélérations et pointes de vitesse, comme pour nous délivrer des durs efforts fournis. Nous faisons chanter le gros plateau à 42 dents pour atteindre les 60 km/h dans les grandes descentes. Ce jeu nous fatiguera très vite malgré tout, avec la chaleur grandissante, ce qui n'a pas empêché Freddy de nous illustrer ses talents de grimpeur, bien cachés jusqu'alors.

L'arrivée à Tizi-n-Isly est une délivrance pour tout le monde, j'en profite pour faire une rapide interview de chacun, à chaud après l'arrivée, pour garder les impressions les plus authentiques.

Il nous reste à revenir sur Marrakech. Le voyage est long (plus de 180 km). Avec Michel et Philippe, nous préférons le taxi. Ce voyage est un véritable calvaire, d'autant plus que le chauffeur est extrêmement imprudent. Apparemment, il ne connaît pas le frein moteur, et, sous prétexte de faire des économies d'essence, dévale au point mort les grandes descentes avec sa Fiat Uno lancée à bloc. On s'accroche sans rien dire. Une pause-déjeuner à Azilal, grande ville, viendra à bout de notre peur, et nous reprendrons la route un peu plus calmement, après un petit détour aux Cascades d'Ouzoud, site naturel à visiter absolument.

Cascades d'Ouzoud
Cascades d'Ouzoud
Coucher de soleil près de Marrakech
Coucher de soleil près de Marrakech

Nous nous empressons d'emballer nos VTT dans les cartons restés à l'hôtel Farouk, que nous avons ainsi retrouvés.

Le soir, nous dînons en plein air sur la célèbre place Jemaa El-Fna de Marrakech, non loin du souk où nous ferons quelques achats de souvenirs en testant notre pouvoir de marchandage en vrais faux-touristes que nous sommes. Il y a là des milliers de personnes. C'est à voir. Sans abuser de la vie nocturne de Marrakech, nous retrouvons notre hôtel par les premiers taxis venus. Michel se lève très tôt car il y un avion pour Lyon vers 6 heures. Michel et Hélène, eux, ne sont pas pressés : il restent une semaine de plus dans le pays pour passer de "vraies" vacances, sans vélo !

Quant à nous autres, Patrick, Freddy, Yves, Philippe et moi-même, retour à l'aéroport pour nous envoler sur Lyon ou Paris et retrouver notre beau pays français avec ses belles montagnes et son herbe bien verte.

samedi 23 septembre 2000

Vol de retour en France, Marrakech - Casablanca - Paris (ou Lyon) avec Royal Air Maroc

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