| 1ère Route des
Rois VTT du 20 au 29 septembre 1998
|
![]() |
Cette page est
citée dans les guides de voyage Petit Futé
www.lepetitfute.com

Le staff NED en Jordanie
(de gauche à droite et de haut en bas) :
Serge, Emmanuelle, Gilbert, Raymonde
Dominique, Jean, Philippe, Christophe, Agathe
![]()
VTT dans le désert du Wadi Rum et devant un temple à Beida ("petit Petra")
Samedi 19 septembre
Départ pour Orly Sud, vol jusquà Amman (Royal Jordanian). Les formalités douanières sont quasi-inexistantes à Amman. Le service de sécurité est renforcé. Nous débarquons à l'hôtel Ambassador, où les 25 participants et leurs accompagnants font connaissance autour d'un repas qui nous est exceptionnellement offert à 2 heures du matin. Une nuit réparatrice vaincra notre fatigue.
Dimanche 20 septembre
Journée de repos. Visite dAmman : le théâtre romain, le musée des costumes traditionnels, les souks, la citadelle où lon peut voir des fouilles montrant les vestiges des byzantins, des romains, (visite guidée en anglais). Nous visitons également la Mosquée du Roi Hussein (il faut enlever ses chaussures et ne faire apparaître que le minimum de sa peau, ce qui donne lieu à quelques situations cocasses). Des taxis vite arrêtés nous ramènent quatre par quatre à l'hôtel, après une journée culturelle bien remplie. Avec Christophe, mon collègue chronométreur sur la course, nous établissons la liste de départ du lendemain grâce à notre matériel informatique.
![]()
Amman : théâtre romain - rues
Lundi 21 septembre
Nous nous déplaçons en bus à Kérak, lieu de la première étape, suivi des 4x4 dassistance, balisage, photo, et du camion chargé des 25 VTT. Accueil au Palace Hôtel à Mutah. Déballage des vélos et montage. Surprise : jai oublié ma selle. Un membre de lorganisation ma dépanné, sans quoi je partais sans selle!
![]()
Au château de Kérak1ère étape (prologue de 15 km dont 400 m de dénivelé positif) : après un transfert en bus, le départ est donné dans la ville de Kérak en présence des autorités et du Ministre du Tourisme de Jordanie. Le paysage désertique surplombe la Mer Morte. C'est une très bonne mise en jambes car l'étape est courte mais intense. Une petite erreur de parcours ma privé de la 2ème place. Je terminerai 4ème. Le soir, Christophe et moi raccompagnons deux étudiants jordaniens chrétiens dans leur famille et nous nous faisons offrir le café arabe (parfumé à la cardamone). Laccueil y est très hospitalier et nous restons discuter en anglais en nous imprégnant dun moment de vie jordanienne.
Mardi 22 septembre
2ème étape : Muhta-Mer Morte. Etape de 49 km, très désertique, qui nous emmène jusquà la Mer Morte qui fait la frontière avec lIsraël. Après quelques kilomètres de montée, nous descendons jusquà la Mer Morte en suivant des crêtes montagneuses. Le balisage est parfait (flèches, morceaux de rubalise). Traversée de villages avec des enfants curieux (un peu trop curieux!). Etape éprouvante malgré laltitude darrivée (400m en dessous du niveau de la mer; il sagit du point le plus bas du globe), sur des chemins de cailloux très roulants mais irréguliers.
Baignade pour la majorité des coureurs dans la Mer Morte : sensationnel! Inoubliable avec le coucher du soleil qui éclaire la chaîne de montagne et la mer qui devient vert clair. Nous flottons littéralement sur leau sans faire le moindre effort, il est impossible dy rester debout. L'eau y est quatre fois plus salée et minéralisée que l'eau de mer ordinaire, ce qui lui donne ses vertus curatives, connues depuis plus de 2000 ans. Il n'y existe aucune vie marine.
Le soir, dîner en musique (groupe local) en présence des autorités (gouverneur de la province de Kérak, Maire de la ville, chef de la police).
Mercredi 23 septembre
6h30 : petit déjeuner. Les vélos ont souffert et ils ont besoin d'un nettoyage rigoureux et dune révision mécanique avant létape du jour. 8h00 : départ du bus pour Tafila, suivi du camion qui transporte les VTT (1h30 de route).
3ème étape : Tafila-Dana, 28km. Sous lescorte de la police, après un transfert en bus dans la province voisine, Tafila, le départ est donné dans le village du même nom. Les gouverneurs de chaque province se transmettent les instructions pour la sécurité de lépreuve et cest le Gouverneur de Tafila en personne qui lance la course après nous avoir généreusement offert quelques boissons rafraichissantes. Nous traversons le village en suivant les véhicules dassistance et de balisage, et létape commence réellement quand nous le quittons pour ensuite attaquer une côte terrible sur un chemin sablonneux, où personne ne pourra rester sur le vélo. Un des leader casse alors sa chaîne et, après avoir réussi à réparer sous un soleil de plomb, remonte petit à petit les coureurs pour revenir à mon niveau. Jétais alors 3ème. Il a dépensé beaucoup dénergie pour revenir et me propose sportivement de finir létape avec moi. Nous finirons ensemble à quelques minutes des deux premiers, à un poste de contrôle qui surplombe le camp de Dana où nous allons bivouaquer.
Camp de Dana (réserve naturelle)Nous découvrons là un site féérique, réserve naturelle protégée, où un imposant repas daccueil nous attend pour nous faire oublier les efforts fournis. Nous sommes accueillis comme des princes. Nous dormirons sous des tentes qui ressemblent à des grands tipis, avec tout le confort nécessaire. Dans la soirée, le gouverneur de Tafila nous rejoindra pour boire le thé et pour partager notre repas. Un peu de protocole qui nous rappelle que la Jordanie et la France ont des liens forts depuis longtemps.
Jeudi 24 septembre
Serge, lorganisateur, nous propose de partir très tôt parce que létape du jour est longue, ainsi nous pourrons profiter de la fin de la journée à Petra, où nous serons logés dans un hôtel luxueux avec piscine.
![]()
![]()
Pétra : le siq débouchant sur le Trésor, El Khazneh (45m de haut) - tombeau4ème étape : Dana Shoubak Petra (longue étape de 49 km). Le départ est donné vers un camp militaire. Litinéraire suit le flanc dun wadi (vallée) pour remonter et suivre une crête montagneuse jusquà Petra. La première partie est très roulante (chemins rocailleux offrant de belles couleurs sétalant de locre au rouge). Nous avions décidé de partir en groupe, mais au désespoir de certains la file sallonge de plus en plus et, très vite, les premiers senvolent. Compte tenu de ce pacte non respecté, je tente de suivre et parviens à rejoindre les échappés, sous une chaleur torride. Il faisait probablement plus de 35 degrés. Sur la deuxième partie, beaucoup moins roulante (chemins de cailloux avec une succession de montées et de descentes), je nai pas pu conserver le contact avec les premiers. Au passage dun ravitaillement, je marrête quelques minutes pour dévorer une figue fraîche et faire le plein de mon camelbak, avant de repartir. Jai très mal au dos, je manque de concentration, tout ne va pas très bien. Résultat : je crève dans une descente puis je me trompe ditinéraire. Je suis rejoint par un poursuivant avec qui je finirai létape (5ème). Il était temps, après 4 jours de course, je nai plus de jambes. Nous sommes une fois de plus accueillis royalement dans le Petra Palace Hotel, ce qui constitue une motivation pour tous les coureurs, en vue dune journée de repos bien méritée. Nous avons laprès-midi pour nous reposer et profiter de la piscine.
Vendredi 25 septembre
Cette journée de repos sera culturelle. Nous la consacrons à la visite de Petra, lieu magnifique qui constitue lune des 7 merveilles du monde. Il ny a pas de mot, cest prodigieux, tout a été construit au temps des Nabatéens, entre le IVème siècle avant J.-C. et le IIème siècle après J.-C. Cette cité rose servait de refuge aux arabes nabatéens nomades, les bédoins, qui venaient du nord de l'Arabie. Nous marchons toute la journée dans cet espace gigantesque où nous découvrrons des temples, des tombeaux, des peintures, des fragments de poteries qui témoignent de la vie qui y régnait. Notre visite est complétée par les commentaires éclairés dun étudiant jordanien en archéologie, ce qui est un réel privilège. Nous en prenons plein les yeux, en oubliant les 6 heures de marche que nous avons dû faire (il sagit peut-être dune bonne préparation des mollets pour la 5ème étape...)
![]()
Pétra : grès coloré - tombeau pour les urnes
Samedi 26 septembre
5ème étape : Beidha, au dessus de Petra (22 km). Le départ est donné dans un décor somptueux, devant les tentes des bédouins. Sa particularité est une boucle qui se décompose en une montée difficile sur un chemin mi sablonneux mi caillouteux, une dizaine de kilomètres sur un plateau où le chemin est très roulant, et une descente technique qui emprunte le même itinéraire en sens inverse. Je suis fatigué de la marche de la veille et je reste sagement derrière un concurrent pendant toute la première partie. Je le passerai plus loin pour enfin lattendre et finir avec lui, au pied dun temple nabatéen. Je commence à mhabituer à cette place de 4ème que je pense alors conserver jusquau terme de ce raid.
Tente de bédoins vers Beidha : pause-théCette petite étape très technique est difficile à aborder sous un soleil intense. Nous serons récompensés de nos efforts en buvant le thé à la menthe sous une tente, offert par les bédouins, avant de retrouver le confort de lhôtel et de sa piscine.
Dimanche 27 septembre
6ème étape : désert du Wadi Rum. Après un déjeuner court et léger en raison du long transfert en bus (plus de deux heures), nous nous apprêtons a avaler 21 km de sable fin sur les pistes du désert du Wadi Rum, paysage lunaire mais non moins mythique qui fut le théâtre de Lawrence d'Arabie. Une fois le départ donné, les pistes se dessinent sous nos roues. La première partie s'annonce roulante mais très vite le sable fin stoppe notre élan, et nous devrons mettre pied a terre plus d'une fois. J'ai gonflé peu suivant les conseils d'un spécialiste, mais une première crevaison m'a fait douter de la pression que j'avais choisie. Je crèverai deux autres fois, en perdant beaucoup de temps par rapport à mon rythme habituel, qui n'est résolument pas adapté au désert. Quelle galère, vraiment je ne pensais pas que de pédaler dans le sable représentait de tels efforts. J'y ai laissé une énergie considérable que je pense payer dans létape du lendemain. Je termine 9ème de l'étape.
![]()
Désert du Wadi RumLe programme de la journée est loin dêtre terminé. Dans un tel décor de cinéma, il ne faut absolument pas rater le coucher du soleil que l'on nous promet sublime. Alors, à nos appareils photos et caméscopes, et c'est parti avec les 4x4, sous la conduite de Matter, notre guide bédoin, dans les dunes de sable. C'est vraiment somptueux, les couleurs...les contrastes...nous sommes petits au milieu de ce tableau de maître. C'est dans le même décor que nous bivouaquerons à la belle étoile, un vrai moment de magie, où nous nous endormirons en observant le ciel nocturne d'une limpidité absolue, sous les seuls cris des hyènes et des oiseaux qui résonnent au gré des reliefs.
Lundi 28 septembre
7ème étape : Wadi Rum - Aqaba. Le départ de cette ultime étape se fera très tôt, de manière à profiter de la fin de la journée qui sera chargée en événements. Certainement la plus difficile étape parce qu'elle va solliciter nos organismes déjà affectés par 183 km jusqu'alors effectués et parce qu'elle est longue : 60 km. On ne plaisante pas avec le désert : trois ravitaillements plus un point d'eau dont les coureurs pourrons disposer le long du parcours. Les deux tiers sont désertiques et très cassants à cause de l'alternance entre le sable mou et les pistes caillouteuses souvent ondulées. Les enseignements de la veille et la fatigue, ajoutés à une autre crevaison, ne m'ont permis a aucun moment de me sentir bien sur mon vélo, mais de se rapprocher de la fin nous tire en avant avec une force inexplicable. Le dernier tiers du parcours nous conduit à Aqaba par la grande route qui vient d'Amman, jusque devant lhôtel Alcazar où nous passerons la dernière nuit. C'est au moral que je termine, en conservant ma quatrième place pour seulement 4 minutes, alors que j'avais auparavant une confortable avance de plus de 30 minutes. Ah...le sable, il ne m'y reprendra plus...
Aqaba - Mer RougeEntre temps et après avoir pris une douche et une collation bien méritées, nous nous empressons de démonter nos VTT pour les reconditionner dans leur emballage de transport (cartons, housses,...). Lagréable surprise de cette fin de raid est un grand moment de détente dans le club privé de lhôtel, au bord de la Mer Rouge. Là, nous enfilerons le masque de plongée et le tuba, pour découvrir les merveilles du monde sous-marin : la suprême beauté de la barrière de corail et de toute sa faune. Plein les yeux : il faut voir ça. Notre solution est de l'immortaliser dans un appareil photo mais le souvenir visuel sera encore plus grand. Pour certains, quelques plongeons dans la piscine, pour d'autres, un cocktail siroté sur un transat. Nous patienterons ainsi jusquà la tombée de la nuit, pour la remise des prix officielle de la 1ère Route des Rois VTT. Le Ministre du Tourisme de Jordanie a tenu à être présent pour cette cérémonie et a affrété un avion spécial, entouré des plus hautes autorités de la province d'Aqaba. Les discours élogieux et les remerciements pleuvent : cette épreuve est une réussite totale. Grâce à elle et à la collaboration des autorités jordaniennes, nous figurons comme un maillon humain important dans les relations entre la France et la Jordanie. Trophées en main pour les trois premiers de chaque catégorie hommes et femmes, nous regagnons lhôtel pour deux heures de sommeil profond, car nous avons un rendez-vous de taille: nous serons reçus dans le Palais Royal d'Amman par son Altesse le Prince Hassan en personne, qui nous témoignera un par un la reconnaissance de tout un peuple, à travers lépreuve que nous avons traversée.
Mardi 29 septembre
Pour se rendre à Amman, nous devons parcourir en bus et en 4x4 les 340 km qui nous séparent d'Aqaba. Ce sera un voyage angoissant à cause de sérieux problèmes mécaniques occasionnés sur les 4x4 pendant la semaine, et de l'obligation d'arriver à l'heure prévue pour la réception au Palais. Là encore, les éloges et les cadeaux nous récompensent individuellement. La cérémonie protocolaire impressionne tout le monde; elle se termine par une photo de famille des plus originales et insolites : le prince héritier entouré de tous les coureurs et du staff technique de NED.
L'avion qui nous ramène à Paris est retardé pour la circonstance. Le rêve sachève à laéroport, où nous retombons sur terre en réalisant que ce genre d'aventure est bien éphémère. Soudain, la vie reprend son cours habituel, mais ne le faut-il pas pour se permettre de vivre de tels moments privilégiés ?
Cette expérience est une fois de plus, avec le trophée du Nil en Egypte, l'une des plus belles que j'ai pu vivre, tant sur le plan culturel que sportif. Elle représente pour moi la meilleure façon de passer des vacances tout en se détachant du quotidien et en s'ouvrant de nouveaux horizons. A chacun son Aventure...
L'organisation
NED (Nature Extrême Développement), a son siège à La Féclaz, vers le Mont Revard, au dessus de Chambéry, Savoie.
L'adresse :
Serge Morel
Nature Extrême Développement
Chemin de la Montagne
73230 La Féclaz
FranceTéléphone +33 4 79.25.84.30
fax +33 4 79.25.84.80
Serge MorelUn grand nombre de raids sportifs (VTT + courses à pied) et courses de chiens de traîneaux sont organisés tout au long de l'année, en France et à l'étranger (Afrique, Asie, Proche Orient). Pour obtenir le programme complet, n'hésitez pas à contacter NED. Si vous avez une adresse email, je peux vous le faire parvenir directement. Faites-le moi savoir en m'écrivant à l'adresse email suivante : contact@philippe-bourgine.com.
Programme VTT et courses à pied
Quelques liens intéressants sur la Jordanie :