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Refuges du parc national (GR20 Nord)
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le team des "corsicaventuriers"
 
La Céc' Kat Moux Phil

voir aussi : le GR20 Nord en juin 2000


Plus qu'une Ile, la Corse est une "montagne dans la mer" et comme n'importe quel autre massif, on peut la parcourir en empruntant les chemins de Grande Randonnée. Long d'environ 200 km, le GR20 traverse l'île du Nord au Sud à une altitude moyenne de 2000 m. Les torrents, les sommets et les cirques qui le rythment en font l'un des plus beaux itinéraire de montagne en Europe. En quelques années, il a d'ailleurs acquis une réputation internationale et attire chaque été de nombreux étrangers. L'itinéraire suit globalement la ligne du partage des eaux, au coeur du Parc Régional de Corse qui s'étend sur plus d'un tiers de l'Île. La montagne abrite de nombreuses espèces endémiques comme la Salamandre noire à points jaunes et la végétation méridionale lui donne un caractère unique. L'horizon est ici barré par la Méditerranée dont l'horizontalité inhabituelle contraste avec les à-pics environnants. Les sources sont nombreuses, il est donc facile de se désaltérer en chemin. Contrairement aux vallées alpines parsemées de hameaux, vous ne croiserez qu'un seul village tout au long du périple. Ancestralement, les insulaires vivaient sur les collines, ainsi protégés des vagues d'invasions qui se succédaient sur leurs côtes. Ni marins ni montagnards, les corses n'allaient en altitude que lorsque les troupeaux demandaient à monter. Les hauteurs étaient menaçantes et l'idée de les explorer est souvent venue de l'extérieur. C'est par exemple l'Autrichien Félix Von Cube - dont un sommet porte le nom (le nom Corse est Punta Rossa) - qui a fait les premiers relevés des montagnes du nord et le premier guide corse était il y a seulement une dizaine d'années.

Un itinéraire relativement accessible

La période idéale pour "faire le GR" est le printemps ou l'automne jusqu'en septembre. En hiver l'enneigement est très important - eut égard à la situation de la Corse - et la haute route Corse d'hiver est une classique de la randonnée à ski. Réputé assez difficile dans sa partie nord, le GR20 est beaucoup plus accessible dans sa partie sud qui comblera les randonneurs débutants. S'orienter est très facile, il suffit de suivre les marques blanches et rouges ou les cairns, ces petites pyramides de pierres construites de loin en loin sur le chemin. L'équipement conseillé est très classique : chaussures de marche, sac de couchage, sur-sac, tapis de sol, vivres de courses, nécessaire de camping, pharmacie, vêtements légers sans oublier une fourrure polaire et un coupe vent car des orages peuvent éclater en fin d'après midi sur les hauteurs. Le tout dans un sac à dos bien adapté à votre morphologie.
 
Quelques randonneurs abandonnent après quelques jours de marche, effrayés par les dénivelées brutaux et handicapés par un équipement inadapté. Pourtant avec une condition physique normale le GR20 est à la portée de tous. Il faut se forcer un peu au début car après quelques étapes un rythme de croisière s'installe et l'on récupère beaucoup mieux. Les refuges sont ouverts en permanence, des cuisines y sont à votre disposition mais aucune nourriture n'y est vendue bien que les gardiens soient présents de Juin à Octobre. Il vous faut donc porter trois jours de ravitaillement en moyenne. Si vous ne disposez que d'une semaine, vous pouvez envisager de ne réaliser qu'une moitié du GR à partir de Vizzavona (accessible en train) qui marque la séparation entre la partie nord et la partie sud.
 
Des étapes variées, des sites imposants

Calenzana non loin de Calvi est le point de départ habituel des randonneurs. Quand ceux-ci arrivent quinze jours plus tard à Conca non loin de Porto Vecchio, ils ne sont plus tout à fait les mêmes. Ils ont parcouru quinze étapes d'environs six heures chacune que les plus sportifs survolent en dix jours seulement. Dès le début vous entrez dans le vif du sujet et vous croisez les plus beaux sommets de Corse. Il est conseillé de partir tôt le matin vers sept heures afin de parer à toute éventualité. Arrivés au refuge en début d'après midi, vous avez tout le temps de vous restaurer, de vous reposer et de vous installer en vue de la nuit. Si vous n'êtes pas fatigués vous pouvez réaliser l'ascension d'un sommet voisin. Par exemple la Paglia Orba qui trône au dessus du refuge de Ciuttulu di Mori à 2525 m et qui est considérée par Michel Fabrikant comme "la plus belle montagne de l'Ile". L'ascension, sans être difficile ne doit pas être envisagée sans précautions.

N'hésitez pas à vous lancer sur ces pentes avant le lever du soleil, vous serez récompensés par ses premiers rayons sur le sommet voisin, le Tafunatu percé d'un énorme trou de 35 m de large et 10 de haut, véritable énigme géologique. Sa roche verte contraste avec les teintes orangées du levant et c'est un régal pour les yeux lorsque les nuages qui le traversent font croire à la présence d'un volcan en activité. Ce sommet singulier fut gravi par Von Cube en 1904, mais le trou fut visité bien avant. Une légende est à l'origine de son nom : le diable aurait lancé contre la montagne le soc de sa charrue qui y aurait creusé la fabuleuse cavité. Son ascension reste réservée aux pieds les plus surs car le vide est très impressionnant.

Préserver la montagne à tout prix

Du début à la fin, le GR20 est ainsi ponctué de merveilles naturelles, comme les insolites Pozzines autour du lac de Ninu, ces trous d'eau claire qui dessinent des méandres au milieu d'un gazon très court, plus doux et plus vert qu'un golf anglais. Vous croiserez aussi de magnifiques "Pin Laricio", arbres emblématiques de la montagne Corse qui peuvent atteindre 50 m de haut, et si vous êtes attentifs et silencieux vous apercevrez forcément des mouflons au crépuscule. Enfin, vers la fin du parcours dans la partie sud, vous découvrirez - comme une récompense méritée - les célèbres aiguilles de Bavella, fabuleuses dentelles minérales qui s'élancent vers le ciel. Faire découvrir ces sites au public sans que celui-ci ne risque de les polluer, voilà l'enjeu auquel les corses doivent trouver une réponse. La montagne n'ayant jamais été véritablement aménagée, il est encore possible de ne pas tout gâcher. Par exemple en évitant la construction de grands refuges confortables - comme dans les Alpes - qui obligent à tracer des routes de montagne. Les muletiers autrefois très nombreux pourraient proposer beaucoup plus de services en acheminant notamment de la nourriture aux refuges, ce qui permettrait d'alléger les sacs des randonneurs et d'entretenir les chemins. Le GR20 est - en l'état actuel - parfaitement intégré, reste à le développer en se passant d'infrastructures envahissantes et à le faire connaître tout en le protégeant.

Etape 1 - Calenzana - Ortu di Piobbu
Etape 2 - Ortu di Piobbu - Carozzu
Etape 3 - Carozzu - Haut-Asco
Etape 4 - Haut-Asco - Tighjettu
Etape 5 - Tighjettu - Castel di Vergio
Etape 6 - Castel di Vergio - Manganu
Etape 7 - Manganu - Petra Piana
Etape 8 - Petra Piana - Vizzavona


profil général du GR20 NORD en 8 étapes (total 83,4 km)
passer la souris sur les points-étapes pour voir les photos des refuges

 

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carte de l'itinéraire et image satellite Google Earth avec tracé intégral

détail des étapes   cliquez sur les images pour les afficher en taille réelle


 
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Longueur totale
Dénivelé total positif
Dénivelé total négatif
Dénivelé absolu
Moyenne longueur par jour
Moyenne dénivelé positif par étape
Moyenne dénivelé négatif par étape
Moyenne dénivelé absolu par étape
83,4 km
7931 m
7304 m
15235 m
10,39 km
989,5 m
910,5 m
1900 m

Si vous disposez d'un GPS, vous pouvez télécharger les fichiers de tracés de l'itinéraire, étape par étape (ou la totalité).

Je vous propose mes tracés au format PCX5, réalisés à partir de carte IGN numériques, compatibles avec la plupart des logiciels de cartographie et GPS. Les coordonnées sont exprimées en mode WGS 84, degrés décimaux.

Etape 1 (Calenzana - Ortu di Piobbu) - carte IGN
Etape 2 (Ortu di Piobbu - Carozzu) - carte IGN
Etape 3 (Carozzu - Haut-Asco) - carte IGN
Etape 4 (Haut-Asco - Tighjettu) - carte IGN
Etape 5 (Tighjettu - Castel di Vergio) - carte IGN
Etape 6 (Castel di Vergio - Manganu) - carte IGN
Etape 7 (Manganu - Petra Piana) - carte IGN
Etape 8 (Petra Piana - Vizzavona) - carte IGN

Totalité GR20 Nord (Calenzana - Vizzavona) - carte IGN

Si vous avez des problèmes pour importer ces fichiers dans votre logiciel de cartographie, ou dans votre GPS, merci de me contacter, je dispose de nombreux outils de conversion de formats GPS qui pourront répondre à vos attentes.

Si vous disposez du logiciel Google Earth (disponible en téléchargement ici dans sa version standard), vous pouvez alors visualiser en 3D tout l'itinéraire.

Il vous suffit de télécharger le fichier gr20_nord.kmz et de l'ouvrir dans Google Earth. Vous verrez apparaître alors "GR20 NORD" dans la rubrique "Lieux" ou "Lieux temporaires" qui contient le détail de chaque étape avec les noms des différents points caractéristiques (refuges, cols, sommets,...).

Mercredi 1er août : étape 1 - Calenzana - Ortu di Piobbu

Longueur totale
Dénivelé total positif
Dénivelé total négatif
Dénivelé absolu
12,7 km
1695 m
380 m
2075 m

Calenzana, notre point de départ

on prend de la hauteur...vue sur la mer

rencontre avec la faune locale, omniprésente

Kathy est à fond !

elle est pas belle notre maison ?

un premier coucher de soleil qui laisse rêveur

Jeudi 2 août : étape 2 - Ortu di Piobbu - Carozzu

Longueur totale
Dénivelé total positif
Dénivelé total négatif
Dénivelé absolu
6.7 km
492 m
792 m
1284 m

tout de suite dans le bain dès le départ

quel décor (montagneuse Corse !)

premiers passages escarpés

...et ça continue...

vertigineux !

bien se nourrir, indispensable !

Vendredi 3 août : étape 3 - Carozzu - Haut-Asco

Longueur totale
Dénivelé total positif
Dénivelé total négatif
Dénivelé absolu
4,4 km
730 m
550 m
1280 m

la célèbre passerelle de Spasimata

montée périlleuse sur les dalles rocheuses

première vue sur la chaîne du Monte Cinto

pause photo au dernier col avant Asco

moment de nature...

une grosse "binche" bien méritée !

Samedi 4 août : étape 4 - Haut-Asco - Tighjettu

Longueur totale
Dénivelé total positif
Dénivelé total négatif
Dénivelé absolu
7,1 km
970 m
740 m
1710 m

5h30 : on se lève avec le soleil. Superbe !

beau vallon très ouvert, montée progressive

Moux aide Cécile dans les passages difficiles

Cirque de la Solitude : impression de vertige

pause avant la descente sur Tighjettu

le beau refuge de Tighjettu

Dimanche 5 août : étape 5 - Tighjettu - Castel di Vergio

Longueur totale
Dénivelé total positif
Dénivelé total négatif
Dénivelé absolu
14,3 km
890 m
1151 m
2041 m

un cairn original (forêt d'Albertacce)

moment de détente en haut du premier col

vue sur le Capu Tafunatu et la Paglia Orba

on fait tremper les pieds dans le Golo

et on aime ça alors on recommence plus bas

le téléski de la station de Castel di Vergio !

Lundi 6 août : étape 6 - Castel di Vergio - Manganu

Longueur totale
Dénivelé total positif
Dénivelé total négatif
Dénivelé absolu
14,8 km
835 m
653 m
1488 m

la "force jaune" au col Saint Pierre

y'aurait pas un peu de vent des fois par ici ?

méandres artistiques aux abord du lac Nino

l'inévitable pause avant le célèbre lac Nino

ce poulain est intéressé par notre étendage

les fameuses pozzines du lac Nino

Mardi 7 août : étape 7 - Manganu - Petra Piana

Longueur totale
Dénivelé total positif
Dénivelé total négatif
Dénivelé absolu
9,1 km
770 m
530 m
1300 m

belles portions de chemins "roulants"

photo souvenir à la Brèche de Capitello

vue plongeante sur les lacs Capitello et Melo

décor somptueux (Brèche de Capitello)

en contrebas, le superbe la Melo

la pause saucisson (avec le pain frais !)

Mercredi 8 août : étape 8 - Petra Piana - Vizzavona

Longueur totale
Dénivelé total positif
Dénivelé total négatif
Dénivelé absolu
16,9 km
1112 m
2057 m
3169 m

temps incertain, mais fraîcheur agréable

superbe crête pour commencer la journée

Attention...Kathy et Cécile arrivent !

la montra pause au refuge de l'Onda

qui va faire reculer l'autre ?

la Cascade des Anglais où l'on peut se baigner

on termine par des repas lyophilisés

on fête la fin du trek à la gare de Vizzavona

...en attendant le train pour Corte puis Bastia

Retrouvez ici l'album complet de toutes nos photos en haute résolution. N'hésitez pas à nous écrire si vous désirez utiliser l'une d'entre elles dans vos pages. Nous accepterons volontiers si toutefois vous mentionnez l'auteur de la photo.

Cécile

« C’est un parcours magnifique que nous offre la partie nord du GR20. On en revient avec une toute autre idée de la Corse. J’ai particulièrement apprécié de partir en autonomie, avec la tente et les vivres sur le dos. Cela implique un engagement encore plus important, et permet au groupe de s’organiser en fonction de cela, ce qui renforce la notion d’équipe.

Toutefois, le GR20 n’est pas une balade de santé : 8 étapes sur 10 comportent au moins un passage difficile. Certaines étapes ne sont qu’enchaînements de passages techniques, ce qui implique d’être à l’aise et de ne pas avoir peur du vide, sans oublier que le sac, d’environ 18 kilos, fausse notre équilibre. C’était mon grand point faible, heureusement que mes trois coéquipiers étaient la pour m’aider et me rassurer, sinon, j’y serais encore. Les 8 heures de marche quotidienne imposent également d’avoir un minimum d’entraînement, et une bonne récupération.

Bref, ce n’est que du bonheur, aucune fausse note n’est a signaler sur notre périple, si ce n’est quelques ampoules aux pieds pour ma part. Huit jours dans les chaussures de marche, ça laisse des traces, heureusement que j’avais prévu des sandales à semelle Vibram, pour soulager mes petits pieds sur les parties moins escarpées.
En résumé, un rando magnifique, à ne pas prendre à la légère.»

Kathy

« Faire le GR20 est une grande et magnifique aventure. Il faut au minimum avoir le pied montagnard; à presque chaque étape il faut aussi poser les mains.
C'est justement ce qui le différencie des autres GR, des paysages abrupts qui changent souvent : forêts de pins, forêts de hêtres, gros pierriers, petits lacs, lignes de crêtes, brèches, passages vertigineux, vue sur la mer..,sans parler des fabuleux levers / couchers de soleil !

C'est aussi une fabuleuse aventure humaine: on rencontre souvent les mêmes personnes puisqu'elles font comme nous, presque les mêmes étapes, on échange nos impressions, nos "recettes culinaires "...ça crée des liens.

Du coté des Corses, les gardiens de refuge sont dans l'ensemble très accueillants, je retiens surtout Pascal, le gardien de Pietra Piana, le plus haut refuge de la partie Nord, pour son authenticité et son coté très direct.

Ils ont surtout d'excellentes spécialités : Canistrelli (biscuits locaux), fromage de brebis, confitures de figue, de châtaignes, bières... waouuuh que de bonnes choses !

Pour ma part, le must du GR est sans conteste le Cirque de la Solitude, par son coté impressionnant, et le fait d'avoir été "bollus" tout le trajet (avoir du bol en jurassien): pas une goutte de pluie, pas de gros incidents, et surtout 3 partenaires de marche qui assuraient en permanence la bonne ambiance et "la force jaune"* : un grand merci à vous trois, c'est grâce à vous que ce GR a été sublime ! »

* la force jaune : voir les photos...vous comprendrez !

Moux

« Ca faisait longtemps que la Corse me faisait rêver, pas vraiment pour aller y découvrir ses plages et ses stations balnéaires bondées de touristes, mais plutôt pour aller y pratiquer une activité physique qui me permettrait de découvrir sa beauté intérieure. Moi qui aime particulièrement évoluer en montagne je m'étais dis que parcourir le fameux GR20 serait une formidable façon de se faire plaisir. J'ai donc lancé ce projet quelques mois à l'avance auprès de nombreux ami(e)s et de fil en aiguille, après blessures et désistements de dernière minute, nous nous sommes retrouvés à 4 avec Cécile, Cathy et mon frère Philippe. Et là je peux réellement parler d'une fine équipe formidable, tous étaient super motivés pour m'accompagner dans cette aventure et le fait de partager la même passion, celle d'admirer la montagne, était un véritable gage de réussite quand à la bonne humeur et à la parfaite entente lors du trek.

C'est en surfant beaucoup sur Internet que je me suis d'abord fait une idée de ce que pouvait être le GR20, il existe désormais beaucoup de sites consacrés au résumé de ce parcours, et je me demandais pourquoi il y en avait tant. Maintenant j'ai la réponse. Ce tracé partage la Corse du Nord au Sud en partant presque au niveau de la mer non loin de Calvi et traverse les plus hauts massifs montagneux de l'Ile. C'est donc dans ce cadre magnifique que l'on évolue sans cesse tous les jours de refuge en refuge sans jamais (ou très peu) avoir un retour à ce qui nous apparaît comme la civilisation. En effet on chemine en permanence sur des sentiers techniques sur lesquels la progression est relativement lente en terme de rapport temps/distance parcourue, mais qu'à cela ne tienne, la magie s'opère, étape par étape on ne souhaite plus redescendre trop bas dans les vallées de peur de perdre la tranquillité liée à l'altitude. Nous y sommes parfois contraints pour assurer notre ravitaillement, mais ces passages restent de courte durée et nous retournons très vite au beau milieu de ces paysages très variés alternant verdure et univers minéral.

Le GR20 est en fait un parcours de randonnée sportive, voir très sportive car il ne faut pas perdre à l'idée que vous devez progresser en autonomie car les refuges de petites capacités d'accueil sont très souvent complets. Nos épaules ont d'ailleurs subit la forte charge due aux poids de nos sacs à dos et c'est ce qui fait que ce parcours est plutôt exigeant physiquement, parce qu'il l'est aussi techniquement. Les mains si elles servent à tenir les bâtons de marche sont aussi très souvent en contact avec le rocher, tout cela pour dire que ce qu'on pense être des sentiers de randonnée avant de partir, s'avèrent être de véritables parcours techniques de montagne parfois frôlant des voies d'alpinisme facile.

Pour terminer je dirais que nous avons passé tous les quatre un séjour formidable en Corse, tout le monde nous l'avait dis mais on voulait s'en assurer, c'est maintenant chose faite et avec un peu de recul parcourir le GR20 entre amis, entre passionnés, c'est sans aucun doute l'assurance de passer de très bons moments et de revenir au quotidien avec en tête des tas d'images et de souvenirs magnifiques... »

Philippe

« C’est la quatrième fois que je foule le sol corse, et la deuxième fois sur les sentiers du mythique GR20, et c’est toujours avec enchantement. Ce qui me plait avec la Corse, c’est quelle offre une immense diversité de paysages, de contrastes et de couleurs auxquelles je suis sensible. Et c’est sans compter avec la fait de passer du temps en montagne, en haute montagne devrais-je dire, qui représente un environnement dans lequel j’aime me retrouver.

Ce qui est sympa aussi, c’est de le partager avec d’autres et le « train jaune jurassien » que nous constituions symbolisait la convivialité et l’esprit sportif et aventureux qui nous caractérise.

J’ai également apprécié le côté authentique, avec le fait de bivouaquer et de ne pas utiliser tout le confort relatif des refuges, mais aussi le contact avec la population corse, comme si nous étions dans un autre pays ! En tous les cas, j’ai un peu retrouvé le même sentiment de dépaysement que lorsque j’ai voyagé loin de France, et c’est aussi ce que je recherche dans des vacances de ce type.

Plus concrètement, le GR20 est bien plus qu’un sentier de randonnée, er quand on dit qu’il est le plus difficile en Europe (le plus beau je ne sais pas…), il y a du vrai, assurément. Ce n’est pas vraiment un sentier de rando en réalité, mais plutôt un itinéraire de montagne parsemé de passages qui réclament tout de même de bonnes notions d’escalade pour se sentir à l’aise, surtout avec 20 kg dans le dos !

Un grand bravo à Cécile qui a dû affronter la réalité du terrain dans les passages difficiles, même avec notre support et notre soutien mutuel. Elle a fait preuve d’un immense courage et d’une détermination pour outrepasser sa peur du vide et son manque de technique dans le Cirque de la Solitude en particulier, mais aussi dans tous les passages techniquement difficile tout au long du parcours, et de surcroît avec ses douleurs aux pieds croissantes qui lui dictaient de s’arrêter plutôt que de continuer.

Pour terminer, je dirais que nous avons su gérer tous les paramètres (organisation, technique, itinéraires, timing, communication, alimentation) dans un environnement qui n’est pas des moins hostiles. Seuls quelques orteils n’ont pas tenu le choc. Une grande et véritable expérience à dimension humaine. »

Etape par étape, ce que nous avons aimé / pas aimé (pêle/même) :

Etape 1 - Calenzana - Ortu di Piobbu

Nous avons aimé : la surprise avec les gâteaux corses, le premier dîner sur les rochers chauffés en contemplant le coucher du soleil depuis Ortu di Piobbu, la découverte des premiers paysages montagneux corses.

Nous n'avons pas aimé : les premières douleurs aux épaules dues au port du lourd sac à dos, la végétation brûlée ravagée par endroits suite à un incendie, la chaleur écrasante (32°C au départ de Calenzana pour Philippe), le manque de ravitaillement au refuge (absence de pain), pour terminer la charcuterie !


Etape 2 - Ortu di Piobbu - Carozzu

Nous avons aimé : le parcours technique à souhait, fêter l'anniversaire de Philippe en plein air avec le Champagne (il fallait apporter la bouteille jusque là!), la crème Mont Blanc et les gâteaux aux châtaignes, l'entrée dans le véritable massif montagneux de Haute Corse (l'ambiance).

Nous n'avons pas aimé : le manque d'eau sur le parcours, l'impossibilité de photographier les petites lézards récalcitrants, la file d'attente aux douches, avoir raté le coucher du soleil, la descente finale de l'étape avec les premières douleurs aux pieds.


Etape 3 - Carozzu - Haut-Asco

Nous avons aimé : la montée sur les grandes dalles rocheuses inclinées, les points de vue depuis les différents cols (vue sur la mer d'un côté et sur le massif du Monte Cinto de l'autre), les discussions avec nos compagnons de GR avec qui nous avons rapidement créé des liens, le début du parcours avec la passerelle de Spasimata.

Nous n'avons pas aimé : pas de cartouche de gaz de secours au refuge (nous en avons malencontreusement gaspillé une), une heure d'attente pour prendre une douche, mal aux pieds persistant et empirant, toujours pas de ces fameux cochons sauvages corses en vue!


Etape 4 - Haut-Asco - Tighjettu

Nous avons aimé : l'assistance et l'entraide dans les passages difficiles (Cirque de la Solitude), le contraste entre la montée progressive au départ et l'amplitude du Cirque de la Solitude, les vues impressionnantes, la diversité du parcours et l'ambiance "alpine", le cadre et l'emplacement du refuge Tighjettu.

Nous n'avons pas aimé : les passages non équipés dans le Cirque de la Solitude lorsqu'il y a du "gaz", la baisse subite de température dès la disparition du soleil (le refuge est dans l'ombre trop tôt), et toujours pas de cochons sauvages en vue!


Etape 5 - Tighjettu - Castel di Vergio

Nous avons aimé : la vue panoramique 360° depuis le premier petit col après le refuge Ciottulu Di i Mori, la pause dans les vasques du Golo où nous avons tous trempé les pieds à plusieurs reprises, les longues portions de beaux sentiers "roulants", le fait de retrouver des chemins faciles où on pouvait changer de rythme de marche.

Nous n'avons pas aimé : la chaleur dans la descente vers les cascades du Golo, l'environnement autour des Bergeries de Ballone (c'est un peu le "souk"), le manque de forme physique (syndrome du cinquième jour !), le nombre de touristes auy cascades du Golo en raison d'une route assez proche.


Etape 6 - Castel di Vergio - Manganu

Nous avons aimé : l'arrivée au col A Rêta avec la découverte de la vue sur le lac Nino, la mégapause et la sieste au bord du lac Nino, les chevaux sauvages, la marche au milieu des "pozzines", les séance de pauses "photo" avec en fond el lac Nino.

Nous n'avons pas aimé : apparition d'ampoules sur plusieurs orteils (douleur insupportable), mauvais équilibrage du sac à dos, douleurs aux épaules en raison de la lourdeur du sac à dos (longue étape).


Etape 7 - Manganu - Petra Piana

Nous avons aimé : le gardien du refuge Petra Piana (authentique corse nationaliste), la montée rapide à la Brèche de Capitello à la fraîcheur du matin, la vue sur les lacs Capitello et Melo depuis la brèche, le goût du saucisson corse acheté à Manganu.

Nous n'avons pas aimé : le terrain très cassant entre la brèche de Capitello et le refuge Petra Piana, l'attente dans le froid pour manger le soir (seules quelques plaques de gaz pour des dizaines de randonneurs affamés !), trop de monde pour un si petit refuge.


Etape 8 - Petra Piana - Vizzavona

Nous avons aimé : la rencontre inattendue avec deux jurassiens dès le départ de la descente finale vers Vizzavona, le parcours sur les crêtes au début de l'étape (variante intéressante), la longue pause au soleil sur la terrasse du refuge de l'Onda, le petit coup de pluie qui nous a mis un peu de piment à la journée (on a sorti les k-ways et ponchos !), la baignade dans l'eau fraîche des vasques au dessus de la Cascade des Anglais, le test des repas lyophilisés (étonnamment délicieux !)

Nous n'avons pas aimé : la menthe dans le gratin de courgettes au restaurant de la gare à Vizzavona (!), le dernier "chemin à touristes" pour l'arrivée à Vizzavona (trop long), le retour à la "civilisation" avec le bruit des moteurs et l'affluence des touristes dès l'arrivée au niveau de la Cascade des Anglais.

Nécessaire

Facultatif

Il n'y a pas une façon de vivre le GR20, ou plutôt il y en a mille. Il offre une telle diversité de possibilités, tant sur le plan sportif (physique) que géographique ou culturel, que l'on doit le vivre à sa façon, à son rythme. La Corse n'inspire pas la montagne avant tout mais plutôt une certaine culture et le tourisme balnéaire. Pourtant elle est une énorme montagne sortie de la Méditerranée.

C'est toujours la montagne qui gagne, elle garde ses droits sur l'homme. La randonnée sur le GR20 vous le montrera si vous vous lancez dans cette aventure fabuleuse.

Carte IGN TOP25 Ref. 4250OT (Corte - Monte Cinto)

Carte IGN TOP25 Ref. 4251OT (Monte d'Oro - Monte Rotondo)

"A travers la montagne Corse" - Réf 067 - édité par Le parc Naturel Régional
Un topo-guide du GR20 rempli d'infos sur la faune, la flore et la montagne Corse. Editions FFRP
 
  Accès direct au guide

"Le guide des montagnes corses" par Michel Fabrikant et François Dearié, écrit par Michel Fabrikant publié aux éditions Didier Richard (n°120) cet ouvrage fait autorité.

"Montagnes de la Corse" (Juillet 94) par J-P. Quilici, F. Thibaudeau, S Pennequin. Récent, il propose 100 itinéraires dans les massifs montagneux. Editions Milan.

"Corse, les plus beaux sentiers" par JF. Devaud, comme son nom l'indique. Aux éditions Glénat
 
"Les 100 plus belles courses" par J-P. Quilici et Henri Agresfi. Un bel ouvrage chez Denoël.
 
"Corse entre mer et montagne", ou "Mare e Monti" - Réf FFRP0065 - édité par Le parc Naturel Régional pour les randonneurs qui profitent aussi de la Corse pour se baigner. Editions FFRP (Fédération Française de Randonnée Pédestre).
 
Randonnée pédestre "Corse du Nord" Ed. Didier Richard.
Une série de cartes très intéressante au 1 / 50 000 em qui couvrent toute la superficie de la Corse.

Ortu Di Piobbu (1570 m) : 30 places

Charcuterie, fromage, biscuits corses (Canistrelli). Pas de pain.

Carozzu (1270 m) : 38 places

Gâteaux au châtaignes, saucisson, fromage. Pas de pain.

Asco Stagnu (1422 m) : 30 places

Ravitaillement complet au refuge et au bar de l'hôtel "Le Chalet" en contrebas (devant le parking). Epicerie diverse, pain frais, fruits et légumes frais. FAIRE LE PLEIN ICI POUR AU MOINS 3 JOURS SI VOUS ETES EN AUTONOMIE !

Tighjettu (1640 m) : 48 places

Pas de pain (pain de mis seulement). Ravitaillement de base complet.

Ciottulu Di i Mori (2000 m) : 26 places

Saucisson, fromage, ravitaillement sommaire.

Manganu (1568 m) : 26 places

Un peu d'épicerie, pain frais (172 baguettes cuites au four à pain à l'extérieur). Vin rouge. Pas de barres de céréales.

Petra Piana (1842 m) : 28 places

Epicerie complète, pain de mie, fruits et légumes frais, "spécialités du gardien" (restes de fromages râpés !)

L'Onda (1430 m) : 14 places

Pas de ravitaillement dans le refuge supérieur, mais coin cuisine confortable avec parfois des restes de vivres de randonneurs (pâtes, riz, etc...)

Au début (Calenzana), le long (Castel di Vergio), et à la fin (Vizzavona) du parcours, on peut se ravitailler facilement en raison de la présence d'une épicerie importante.

Spécialités, douche chaude payante (2 €), toilettes propres, pharmacie, et restaurant à la gare de Vizzavona.

...et les pages Perso :

Incontournable :

Restaurant du chef de gare à Vizzavona. Cuisine traditionnelle. email marie-ange.zagnoli@wanadoo.fr. Tel 04.95.47.24.41

Hôtel Restaurant à Castel di Vergio (station de ski). Ravitaillement/épicerie et restauration. Tel 04.95.48.00.01

Restaurant Alba (Café Lounge) à Bastia, sur le qui des Martyrs en bord de mer. Tel 04.95.47.03.38

écrivez-nous si vous désirez nous faire part de vos remarques, suggestions, ou si vous avez des questions au sujet du GR20 (nord). Nous nous essaierons d'y répondre bien volontiers.

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