| 1er Emirates
Trophy VTT du 24 octobre au 1er novembre 1998
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Situé à la corne est de la presquîle arabique, les Emirats Arabes Unis sont les seuls à présenter, d'est en ouest et sur une distance de 100 kilomètres une grande variété de terrains. Traverser de Dubai à Fujairah, du golfe arabique au golfe d'Oman, c'est successivement franchir une zone côtière qui connaît un développement sans précédent, une bande désertique puis une chaîne de montagnes culminant à plus de 2000 mètres d'altitude, avant de gagner les plages de l'est.
Cette grande variété géographique constitue un terrain de qualité pour y réaliser une épreuve sportive d'exception, dans un pays accueillant, au développement prodigieux, véritable joyaux du Moyen-Orient.
Le EMIRATES TROPHY, c'est aussi une autre manière de découvrir les habitants, leurs coutumes et leurs traditions.
Le EMIRATES TROPHY c'est enfin une promotion importante du tourisme des Emirats, l'aspect international de l'épreuve assurant des retombées diversifiées.
Le EMIRATES TROPHY est placé sous le parrainage de Son Altesse Sheikh TAHNOUN BIN ZAYED, fils du chef de l'état.
Samedi 24 octobre
Nous avons rendez-vous à l'aéroport de Paris-Roissy-Charles de Gaulle pour la moitié des participants (l'autre moitié des coureurs et des organisateurs part le lendemain). Le check-in est fastidieux, avec les VTT conditionnées dans les cartons et les housses de transport, en raison de la fréquentation de l'aéroport dûe aux nombreux départs en vacances de la Toussaint. Nous nous inquièterons encore jusqu`à la dernière minute avant l'embarquement en raison d'un retardataire, qui finira par emprunter le deuxième vol prévu. C'est la compagnie aérienne Gulf Air qui nous transportera jusqu'à Abu Dhabi, avec un changement d'avion à Muscat (Qatar) et une escale technique à Doha. Dans l'avion, nous avons retrouvé une certaine ambiance conviviale qui rappelle celle que nous avions déjà connue lors d'autres raids précédemment organisés par NED.
Hôtel Holiday International - SharjahSortis de l'aéroport, nous sommes surpris par cette chaleur humide qui nous saute au visage : il doit bien faire 30 degrés! C'est peu commun à 1 heure du matin. Après un long transfert en bus, suivi par le camion chargé des VTT, nous rejoignons l'hôtel Holiday International de Sharjah où, après avoir siroté un cocktail de bienvenue, nous passerons une courte nuit. On nous avait dit que les hôtels étaient tous luxueux, et ce n'est qu'une confirmation, c'est la grande classe.
Dimanche 25 octobre
Tandis que les coureurs montent leur VTT devant l'hôtel où il fait déjà 40 degrés à l'ombre, j'en profite pour tourner quelques images et prendre quelques photos de ce grand déballage. Chacun vérifie sa monture en s'assurant qu'il ne manque aucune pièce.
Sous forme d'une exhibition, nous sommes invités à sillonner le coeur de la cité, les souks, en passant également sur les quais, le long du port de commerce, escortés par les 4x4 de la police locale. Le départ se fera sur une grande avenue en bord de mer, fermée pour l'occasion. Un peu de protocole (ouverture officielle, discours, remise de trophées), et sur une longueur de 8 km, le parcours choisi emmènera les coureurs au pied de l'hôtel Kempinski, en bord de mer. Un véritable luxe une fois de plus. J'aurai personnellement la chance de partager une chambre juste au bord de la piscine. En voulant tester la température de l'eau du Golfe Arabe, je suis agréablement surpris : c'est la première fois que l'eau de la mer est plus chaude que celle de la piscine. Elle devait avoisiner les 30 degrés.
Hôtel Kempinski - SharjahDevant l'hôtel, nous ferons une petite remise de prix en présence des partenaires. Nous déciderons de créer deux équipes, Gulf Air et United Arab Bank, qui se battront pendant la course, avec leur maillot, pour représenter au mieux les couleurs de leur sponsor d'une semaine.
Avec Walid en Madeleine, je partirai pour Abu Dhabi afin d'accueillir le 2ème groupe à l'aéroport, avant de revenir à l'hôtel en fin de soirée. Nous aurons peu de temps pour profiter de la piscine ou de la mer en raison de notre planning chargé.
Lundi 26 octobre
PROLOGUE de DUBAI, 8.5 km
Le petit déjeuner est royal, à la mesure de la classe de l'hôtel. Les vélos du groupe 2, encore dans leur emballage, sont transportés en priorité sur le lieu du départ du prologue, afin que tout le monde soit prêt pour le départ officiel. Le site de départ représente les pyramides de l'Egypte pharaonique, qui abrite un restaurant qui s'appelant le Tour de France. Nous y déjeunerons le midi, après l'étape. Le prologue ne comptera pas pour le classement général, en raison de la différence de temps de récupération entre les deux groupes.
Nous sommes suivis sur place par une équipe de reporters-cameraman (BCI) qui réalisent un sujet sur un sportif français dans un pays arabe. Ma mission préalable était de conduire Agathe, notre photographe officiel, sur le parcours de la course, mais elle profitera plutôt de leur présence pour réaliser ses clichés. Je garde néanmoins la responsabilité du chronométrage et de la réalisation des différents classements de l'épreuve : les étapes, le classement général individuel et par équipe.
Le prologue nous donne l'occasion de voir quels sont les gros bras, et les prétendants à la victoire finale se démarquent déjà en signant une vitesse moyenne proche de 35 km/h, le parcours étant uniquement du bitume. L'arrivée se joue au sprint entre une poignée de coureurs.
Toujours escortés par les 4x4 de la police, nous nous déplacerons à Ras Al Khaimah, où sur le champ de course se déroulera une compétition très originale : chameaux contre VTT. Quelques propriétaires de chameaux de course ont parié cher sur cette épreuve originale. Ils s'empressent de monter dans leurs 4x4 pour suivre leurs fils auxquels ils ont confié leur bête de course. Qui va l'emporter ? Chameaux ou VTT ? Le défi est lancé : quelques coureurs enfourchent un vélo en 4ème vitesse et se préparent à affronter les 500m de piste. L'ambiance est folle. Impatients, les chameaux volent le départ. Justice sera faite quand les VTT les rattraperont dans un vacarme assourdissant et un nuage de poussière.
Après cette petite compétition nocturne, une autre surprise nous attend : nous sommes conduits à l'aéroport international privé de Ras Al Khaimah où nous assisterons à une fête religieuse impressionnante où nous avons dansé au rythme des tambours et des chants, avant le dîner. Organisateurs, officiels, coureurs, nous serons couverts de cadeaux en récompense de notre venue dans ce pays.
Nous passerons la nuit au Ras Al Khaimah Hotel, après avoir regardé le journal des sports de DUBAI TV qui nous offrait les images tournées par la télévision locale sur l'exhibition de la veille.
Mardi 27 octobre
2ème étape : RAS AL KHAIMAH - DIBBA, 61 km
Cette journée s'annonce écrasante de chaleur, et la longue étape annoncée éprouvante pour les coureurs car elle affiche un dénivelé positif de plus de 1000 mètres. Il s'agit donc d'une véritable étape de montagne où les spécialistes pourront s'exprimer, à moins que cette chaleur ne freine toutes les ardeurs. Personne n'a jamais fait de tels efforts par 45 degrés de température moyenne sur notre continent. Le profil de l'étape se résume à une grosse montée (bosse dans le jargon du vététiste), puis une redescente sur la plaine pour terminer par quelques kilomètres de bitume, qui ne sera pas au goût de tous. Dibba se trouve sur le territoire d'Oman, qui nous empêche de réaliser un site d'arrivée où nous l'avions prévu. Nous traverserons seulement ce territoire alors qu'il faudrait un autre visa pour y séjourner.
Chrono en main, je prendrai les temps de chacun des coureurs, qui s'échelonneront sur près de 4 heures. Certains sont restés plus de 6 heures sur leur vélo. Paradoxalement, il n'y a pas eu d'abandon, chacun voulant prouver qu'il pouvait le faire. A l'arrivée, on parle de crampes, de douleurs, de souffrances diverses, mais on évoque également les beaux paysages traversés comme le canyon qui aura marqué l'intégralité des coureurs. Même les meilleurs ont pu apprécier le décor planté sous leurs yeux ébahis. Là on sent que le bien-être, c'est peut-être aussi le sentiment d'avoir accompli quelque chose d'exceptionnel.
Philippe, notre irremplaçable mécanicienLe vainqueur de l'étape, Manu pour les intimes, creuse un écart de 3 minutes et 20 secondes sur son poursuivant, en impressionnant tout le monde. Mon intuition était alors bonne, puisque je l'avais vu gagner, connaissant ses excellentes aptitudes en terrain montagneux.
Tous le monde a bien mérité quelques heures de repos au bord de la piscine de l'hôtel Sandy Beach, à Dibba, en bord de mer. Programme pour la soirée : dîner sur la terrasse, nettoyage et réparation des VTT à l'aide des conseils avisés de notre mécanicien officiel, Philippe.
Mercredi 28 octobre
3ème étape : DIBBA - KHOR FAKKAN, 23 km
Cette journée se décompose en deux demi-étapes, dont la première sera chronométrée. Tôt le matin, je saute dans le 4x4 de balisage avec la première équipe, et je suis conduit à l'arrivée avec Emmanuelle afin d'assurer le chronométrage. La quasi-totalité du parcours est constituée de Wadis (vallées) encaissés où coule une petite rivière. Le sol est caillouteux et les nombreux gués à franchir seront à la fois difficiles par leur profondeur que rafraîchissants pour les jambes, même si l'eau est presque chaude. La mise en place des morceaux de rubalise me familiarise avec la technique du balisage, qui indiquera de façon visible les directions à prendre par les coureurs le long du trajet. Le site d'arrivée est majestueux. Il s'agit d'un fond de vallée en cul-de-sac avec une chute d'eau et une grande baignoire naturelle où tous les coureurs se baigneront après l'étape. Un vrai moment de détente dans cet univers de chaleur.
A peine installés sur les lieux, les premiers coureurs arrivent. Emmanuelle au chrono, j'en profite pour immortaliser quelques visages marqués par l'effort.
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Warayah Waterfalls - séance de portageLe retour jusqu'à l'hôtel Océanic, à Fujairah, emprunte le même itinéraire qu'à l'aller avec une variante par la route. Nous voici de nouveau en bord de mer, dans un hôtel somptueux, avec piscine. Après avoir imprimé les différents classements du jour dans ma chambre d'hôtel, je négocie avec le manager leur affichage sur un superbe présentoir.
On nous annonce encore une surprise : nous devons alors partir avec les VTT faire une démonstration qui ne sera en fait qu'un passage au milieu de la population locale. Il y a beaucoup de monde sur les avenues en raison d'un Grand Prix Off-Shores sur la plage de Fujairah. Nous ferons alors un passage-éclair sur la plage privée de l'hôtel Hilton, où les trois meilleurs du classement général, hommes et femmes, se verront remettre un nouveau trophée, plateau argenté sérigraphié aux couleurs de Fujairah, et poseront pour une photo-souvenir en présence des autorités. Au passage, un petite bière ou un jus de fruits nous fera oublier les nombreux déplacements que nous effectuons en raison de toutes ces manifestations protocolaires.
Après le dîner, je proposerai à l'ensemble du groupe de regarder les images que j'ai tournées en Jordanie lors de la Route des Rois, un mois auparavant.
Jeudi 29 octobre
4ème étape : KHOR FAKKAN - HATTA, 40 km
Je pars avec la photographe, dans un 4x4, pour rejoindre l'arrivée en prenant quelques images le long du parcours, sur des points de vue intéressants. Celui-ci est très roulant, un peu vallonné, mais difficile en raison de la succession des montées et des descentes. Je peux alors observer avec précision le style des meilleurs, qui imposent un rythme d'enfer aux avant-postes en dégageant une facilité déconcertante. Cette journée est marquée par une chaleur torride, certainement la journée la plus chaude de la semaine. Cette étape de 40 km nous apprendra qu'il faut prévoir plus de 300 litres d'eau par jour pour la consommation de l'ensemble des 55 participants, dont certains ont déjà lâché prise. A la fin de l'étape, le nombre de ces abandons sera bien plus important, en raison de cette écrasante chaleur.
Une arrivéeTout le monde attend la soirée pour bivouaquer, à Hatta, et ainsi connaître la contraste avec les hôtel "grand luxe" visités. Le comble est que nous dormirons à la belle étoile aux abord d'un hôtel classé "Relais et Châteaux", et dont nous bénéficierons de la cuisine pour le repas du soir. On refait une petite beauté aux vélos, et devant toute cette relative excitation, je prends alors la décision de participer à l'étape du lendemain, en confiant le chrono à Emmanuelle avec toutes les recommandations nécéssaires. J'ai les jambes qui frétillent d'envie de pédaler, d'autant plus que le mécano m'a préparé un vélo qui devrait faire l'affaire, après les nombreux abandons enregistrés. En toute plaisanterie, on me prête des intentions de vainqueur d'étape, compte tenu de mon état de fraîcheur tout relatif. Je ne me sens pas spécialement en forme, et je ne m'aventure pas à des pronostics qui pourraient s'avérer malheureux. Nous verrons bien...
Pour le bivouac, chacun a choisi son emplacement. Je passerai personnellement la nuit avec un groupe d'Orléannais, tous allongés sur un green de golf.
Vendredi 30 octobre
5ème étape : HATTA - MAHDA, 43 km
Après 10 km de liaison, le départ est lancé le long d'un wadi que nous suivrons et traverserons alternativement sur toute sa longueur. Une très belle étape, où je pars très vite, trop vite même par rapport à mes habitudes où je pars plutôt avec une allure modérée. Peut-être voulais-je intimider mes adversaires d'un jour ? Quelques kilomètres plus loin, après avoir subi les méfaits de la tôle ondulée - fines vaguelettes sculptées naturellement sur la piste - je m'aperçois que ma selle descend doucement au fil des secousses. Je devrai m'arrêter 4 fois, en plein effort pour la remonter et la resserrer, en perdant de précieuses minutes et beaucoup d'énergie. Certes, je n'avais pas pédalé depuis le début de la semaine, mais je n'en étais pas plus en forme pour autant, et j'ai payé très cher cette inactivité sportive, traduite par un manque d'entraînement : j'avais les jambes lourdes. J'ai frôlé la déshydratation. Je finis alors 22ème de l'étape, sur les genoux, à plus de 40 minutes du premier. A l'arrivée, la beauté du paysage me fera vite oublier ces douleurs. Une petite sieste à l'ombre des palmiers sera nécéssaire.
Arrivée à MahdaLa police d'Oman, qui a mal accepté la venue de VTT français sur leur terre, raccompagne le convoi des 4x4, camions, et bus en territoire autorisé, en nous escortant jusqu'à la frontière. Ensuite, nous prenons la direction d'Al Ain, théâtre de l'étape finale. Al Ain, ville importante des Emirats, située au coeur de la cité, nous accueille dans un centre sportif avec piscine et plongeoir olympiques. Là, nous sommes loin du luxe des grands hôtels de la côte, mais il s'agit d'un retour en douceur à la réalité. Nous dormirons dans des dortoirs et chambres individuelles, dont le confort précaire sera suffisant pour tous.
Samedi 31 octobre
étape finale : AL AIN, 11 km
La finale étant prévue pour l'après midi, de longs moments de repos pour les uns profitent à d'autres pour aller visiter la ville, avec ses boutiques, ses souks, ses marchés, en empruntant les bus ou les taxis, qui ne sont pas chers.
L'ensemble des coureurs se lance pour une courte boucle de 11 km, sur les grandes avenues de la ville. Nous paniquons légèrement à l'arrivée quand, un peu plus de 15 minutes après, un groupe de 15 coureurs vient franchir la ligne d'arrivée dans un sprint éffrené. Nous avions prévu cette arrivée groupée, ainsi nous avons pu mettre des moyens visuels pour classer les meilleurs coureurs dans l'ordre. Cette finale ne change rien au classement général qui est déjà établi depuis 2 jours.
Une belle mais timide cérémonie protocolaire de remise des prix et trophées aura lieu, avec le rituel discours des autorités locales, des organisateurs (NED et ECO), et des partenaires (UNITED ARAB BANK, GULF AIR, EVIAN).
La fin de la journée sera consacrée au reconditionnement des VTT dans leurs cartons et housses respectives, et au déplacement jusqu'à l'aéroport d'Abu Dhabi où nous nous déchargerons dans les duty free des quelques dirhams non encore dépensés. Nous attendrons 2 heures du matin pour embarquer à bord d'un vol Gulf Air direct pour Paris-Roissy.
Les Vainqueurs
Hommes
1. Emmanuel Morel (F) en 7:32:08
2. Christophe Pourrat (F) en 7:38:56
3. Philippe Demoitié (B) en 7:39:31
Emmanuel Morel
Femmes
1. Sophie Villeneuve (F) en 8:29:22
2. Hélène Danre (F) en 10:37:39
3. Nicole Villard (F) en 12:54:32
Sophie
VilleneuveHélène
DanreNicole
Villard
L'organisation
NED (Nature Extrême Développement), a son siège à La Féclaz, vers le Mont Revard, au dessus de Chambéry, Savoie.
L'adresse :
Serge Morel
Nature Extrême Développement
Chemin de la Montagne
73230 La Féclaz
FranceTéléphone +33 4 79.25.84.30
fax +33 4 79.25.84.80
Serge MorelUn grand nombre de raids sportifs (VTT + courses à pied) et courses de chiens de traîneaux sont organisés tout au long de l'année, en France et à l'étranger (Afrique, Asie, Proche Orient). Pour obtenir le programme complet, n'hésitez pas à contacter NED. Si vous avez une adresse email, je peux vous le faire parvenir directement. Faites-le moi savoir en m'écrivant à l'adresse email suivante : contact@philippe-bourgine.com.