|
|||
|
|









Cette page a
été
référencée dans le magazine Absolute Travel
Mag de mars 2003
Une de mes
photos se retrouve également sur
l'encyclopédie de la plongée WikiDive

|
Sommaire |
|
Sécurité
Conseils généraux de sécurité
Après l'attentat de Louxor du 17 novembre 1997, les autorités égyptiennes ont mis en place des mesures de sécurité renforcées sur et aux alentours des sites touristiques.
Il est recommandé aux visiteurs d'éviter de se rendre en moyenne Egypte (gouvernorats de Minya, Assiout Sohag et Qena) et de circuler sur les routes, hors convoi, en Haute Egypte.
Les risques liés à la présence de mines sont élevés sur une grand partie du territoire :
Une grande vigilance doit être observée par les voyageurs lorsqu'ils quittent les routes ou les sentiers balisés, y compris à proximité immédiate d'hôtels situés en lisière du désert. Il serait en tout état de cause imprudent de considérer qu'une zone non signalisée ne présente pas de danger.
Tout déplacement en véhicule en dehors du réseau routier ou de pistes balisées doit être précédé d'une recherche d'information concernant l'existence éventuelle de champs de mines dans la région.
Le risque lié aux mines concerne en particulier les régions frontalières (désert libyque et région d'El Alamein à l'ouest, désert du Sinaï à l'est). Les voyageurs se déplaçant par route en provenance de Libye, d'Israël, des Territoires palestiniens, de Jordanie ou du Soudan sont invités à faire particulièrement preuve de prudence.
Formalités d'entrée et de séjour
Les ressortissants français voyageant individuellement ou en groupe peuvent entrer en Egypte munis d'un passeport dont la date d'expiration doit être postérieure d'au moins six mois à la date du voyage, ou d'une carte nationale d'identité valide . Le visa est obligatoire et payant (environ 15 dollars US). Pour les porteurs de passeports, le visa peut être obtenu soit auprès d'un consulat égyptien à l'étranger soit à l'arrivée en Egypte. Pour les porteurs de carte d'identité, le visa est apposé, à l'arrivée, sur un formulaire spécifique fourni par les autorités locales. Les voyageurs doivent impérativement se munir avant leur départ d'une photo d'identité qui sera fixée sur ce formulaire.
L'attention des voyageurs se déplaçant en véhicules individuels dans divers pays de la région est appelée sur le fait qu'ils doivent s'assurer qu'ils disposent de visas permettant de passer la même frontière plusieurs fois s'ils reviennent en France par la même voie (visa double-entrée ou entrées multiples). Ils doivent en outre s'assurer avant leur départ, auprès des consulats concernés, qu'ils disposent des documents douaniers autorisant l'entrée de leur véhicule dans les pays visités ainsi que sa sortie, par le même poste frontière ou par un autre point.
Infrastructure routière
Le réseau est convenable. Les habitudes de conduite locales et l'état du parc automobile doivent inciter à une grande prudence. Conduire la nuit est très déconseillé.
En cas d'accident, l'assistance est quasi inexistante. Il faut donc compter sur l'aide éventuelle d'autres usagers au Caire et dans les principales villes . Seule l'assurance automobile au tiers, bon marché mais sans grande valeur, est obligatoire. Il est vivement recommandé de souscrire une assurance complémentaire sur place.
Conditions d'entrée des véhicules: consulter la rubrique "Formalités d'entrée et de séjour".
Réseau ferroviaire
Il est déconseillé d'utiliser les trains à destination de la Haute Egypte et l'on privilégiera les transports aériens.
Transport aérien
La flotte Egyptair est généralement récente. Sa ponctualité est variable.
Conditions sanitaires
L'attention des voyageurs est appelée sur le taux de pollution atmosphérique particulièrement au Caire. Il est recommandé aux personnes présentant un état de santé pouvant être affecté par les conditions qui y règnent (allergies, asthme, difficultés respiratoires) d'éviter de s'y rendre.
Us et coutumes
L'Egypte étant un pays majoritairement musulman et l'Islam étant religion d'Etat, une tenue décente est recommandée sur l'ensemble du territoire.
Législation locale
La consommation d'alcool est autorisée dans les hôtels et restaurants touristiques.
L'usage et la possession de drogues sont punis sévèrement par des sanctions allant de 25 ans de prison à la peine de mort. Il n'y a pas de peine intermédiaire quelle que soit la quantité ou la nature de la substance consommée.
Le tourisme sexuel, la prostitution ou les autres délits de moeurs sont très sévèrement sanctionnés en Egypte.
Divers
L'attention des voyageurs est appelée sur les déconvenues que peut entraîner l'usage des cartes de crédits, notamment dans de petits commerces de souvenirs. Il est recommandé dans ce cas de régler en espèces plutôt que par carte. Si la carte de crédit est le seul moyen de paiement disponible, il convient de vérifier soigneusement le montant sur chacun des feuillets et de faire précéder ce montant de la mention "EGP" (Egyptian pounds) afin d'éviter que la somme à débiter soit calculée à partir d'une autre devise. En outre, les voyageurs doivent prendre soin de conserver le feuillet de paiement qui leur revient ainsi qu'une facture du magasin en vue d'éventuelles vérifications ultérieures.
Le climat est très chaud et humide sur la côte en été et tempéré en hiver.
La pratique de la plongée sous-marine se répand dans les stations balnéaires égyptiennes. Il est naturellement recommandé aux touristes de faire preuve de prudence, en particulier s'ils sont peu expérimentés. On déplore chaque année plusieurs accidents mortels souvent dus à une mauvaise évaluation de leurs capacités par les plongeurs, ou à une préparation insuffisante.
Le patrimoine coralien fait l'objet d'une protection de plus en plus affirmée. Les prélèvements, destruction ou dégradation de coraux sont punis par la loi.
Sharm-el-Sheikh,
bordé d'un côté par le Golf de Suez et de l'autre par le Golf d'Aqaba, se trouve
à la pointe du désert du Sinaï.
Cette partie du monde renferme non seulement la sérénité, la magie du désert du
Sinaï, ainsi que les mystères, les beautés et les rougeoyants couchers de soleil
de la Mer Rouge, mais également un récif d'une variété et d'une richesse de vie
et de couleurs difficile à retrouver dans d'autres parties du monde.
L'absence de fleuves dans les régions désertiques qui entourent la Mer Rouge
explique et contribue à l'extraordinaire clarté de ses eaux.
Le désert s'arrête là où commence la mer. Le sable et les rochers vont à la
rencontre des récifs coralliens.


Où se trouve le
Sinaï ?

Où se trouve
Sharm-el-Sheikh ?

Récit
du voyage
accès direct
15 |
16 | 17 |
18 |
19 | 20 |
21 | décembre 2002
Genève, 15:25 : Me voilà parti pour l'Egypte, et plus particulièrement Sharm-el-Sheikh ou je devrais passer mon brevet de plongée premier niveau (PADI Open Water Diver).
Aussitôt décollé de Genève, après avoir traversé l'épais plafond nuageux, j'espérais apercevoir la chaîne des Alpes, mais je n'en ai quasiment rien vu, tout au plus quelques hauts sommets que je n'ai pas reconnus. Ma récompense est un merveilleux coucher de soleil, s'affichant dans un dégradé orangé sur une mer de nuages gris foncés.

coucher de soleil au dessus des Alpes
Pendant le vol, je parcoure à moitié un bouquin pédagogique sur la sécurité en plongée, histoire de me mettre déjà dans le bain. Il s'agit la du but de mon voyage, je ne dois pas l'oublier. Un film visionné sur l'ordinateur portable vient à bout de mon éveil, c'est donc les yeux fermes que je finis la première partie de ce voyage.
Apres une courte escale à Hourgada, de l'autre cote de la Mer Rouge par rapport à ma destination finale, nous traversons celle-ci en direction de Sharm, située tout au Sud de la Péninsule du Sinaï.
Fait rarissime, l'avion atterrit avec 20 minutes d'avance. J'attends donc un guide qui est censé m'accueillir ici, mon contact local, Ehab, n'ayant pas la possibilité de venir personnellement. Je n'ai pas de mal à le repérer puisqu'il arrive avec un peu de retard alors qu'il n'y a presque plus personne en attente sur le parvis.
Pas de problème, j'en profite pour commencer à m'acclimater en sentant une douce fraîcheur toute relative, sans doute due au vent qui vient de la cote. Il doit faire environ 20 degrés.
Tristan, c'est son prénom, me conduit à l'Hôtel Fantazia, situe au bord de la Mer Rouge au nord de Na'ama Bay, centre touristique de Sharm-el-Sheikh. Sur le trajet, je sympathise très vite avec lui en écoutent toutes ses recommandations et ses conseils pour la semaine à venir. Après la prise de possession de ma chambre d'hôtel, nous allons boire un verre à Na'ama Bay, histoire de discuter de mon séjour et ainsi obtenir tous les détails pratiques. Au passage, je note une activité touristique très intense, qui doit se poursuivre tard dans la nuit, une Ibiza égyptienne, en quelque sorte.
Je navigue dans les allées, toutes plus animées les unes que les autres, en croisant d'innombrables regards et sourires. Je me sens bien. Ca m'a l'air vraiment sympa ici.
Je ne vais pas abuser ce soir de la vie nocturne de la station, surtout que je ne sais pas encore ce que le cours de plongée me réserve. Une chose est sûre, et Tristan me le confirme : les premiers jours sont assez éprouvants. Mes futures soirées risquent alors d'être raccourcies.

Vue générale de Na'ama Bay ("Sharm-el-Sheikh
beach")
Apres toutes ces découvertes, je trouve un restaurant pour satisfaire mon appétit avant de rentrer à l'hôtel, situe à 10 minutes à pied du centre. Il est alors 1 heure du matin. Réveil prévu à 8 h pour être prêt à 10 h ou j'ai rendez-vous avec mon instructeur au club de plongée de l'hôtel Sofitel, situé à proximité immédiate.
Après un petit déjeuner pris à l'hôtel sur la terrasse en plein soleil, je pars en toute décontraction en direction du centre de plongée. A vrai dire, je ne sais pas exactement ce qui m'attend, je suis un soupçon excité à l'idée de mettre un pied (palmé) dans le monde des plongeurs, mais sans brûler les étapes. Il faut donc apprendre. Eh oui !

l'hôtel Fantazia, mon "camp de base" pour cette semaine de plongée
L'accueil est sympa, on me donne mon matériel que je conserverai jusqu'a la fin du cours. Il comprend un masque, un tuba, des palmes, une combinaison humide, des chaussons, un gilet gonflable, un ensemble composé d'un détendeur, d'une source d'air de secours, des instruments de mesure de la profondeur et de la pression. A tout ceci il faut rajouter une bouteille d'air comprimé à plus de 200 bar pour compléter l'équipement.
Je fais également connaissance avec Maissa et Mélanie qui s'occupent des premières explications et des formalités administratives. Ensuite, les choses sérieuses commencent : préférant tout de même suivre le cours en français, on me trouve un instructeur rapidement, Pascale, une suissesse. Elle travaille en freelance et a pu répondre rapidement à la demande du club. Maissa me donne un questionnaire qu'il faudra que je remplisse après avoir parcouru les trois premier chapitres du Manuel PADI de l'Open Water Diver, et visionné les cassettes vidéo correspondantes dans une salle de formation.
J'ingurgite alors une foule d'informations en peu de temps, car je dois rattraper le retard sur la formation d'un autre élève qui a commencé un jour avant moi, et ceci pour des raisons pratiques. Je me "jette à l'eau" sans peine et accepte donc le défi.

le club de plongée de l'hôtel Sofitel, appartenant à
Divers
International
Pascale m'explique pas à pas la séquence des exercices que nous allons réaliser dans l'eau un peu plus tard, qui constituent une application directe du premier chapitre.
Le temps de s'équiper et de se familiariser avec tout le matériel et la sécurité qui s'y rapporte, nous partons en direction de la mer, à quelques dizaines de mètres du centre de plongée, sur l'une des trois plages de l'hôtel Sofitel auquel il est rattaché.
Les premiers exercices pratiques se font normalement en piscine, dans un espace confiné, mais les conditions en mer à cet endroit sont quasiment les mêmes, à deux détails près : la piscine (qu'on appelle ici la Mer Rouge) est bien plus grande et dans celle-là il y a déjà les poissons ! En ce moment l'eau est environ à 26° C.
C'est parti... On enfile les palmes, mouille le masque, et les exercices commencent. Je suis rigoureusement toutes les indications que Pascale me donne sous l'eau (la communication ne s'établit alors que par une gestuelle et des signes bien définis). Tant de choses à synchroniser en même temps n'est pas chose facile, mais avec un instructeur l'erreur de manipulation est rare, à moins de paniquer ou de perdre le contrôle. Il faut penser avant tout aux procédures de sécurité, et ensuite à son bien-être.

la plage du centre de plongée
Dans l'eau, à différentes profondeurs mais sans toutefois dépasser 3 à 4 mètres, les exercices s'enchaînent conformément au programme prévu. Apparemment j'assimile bien les différentes manoeuvres, tout en prenant plaisir à regarder autour de moi, en harmonie avec le décor. Déjà, le spectacle est saisissant. J'éprouve néanmoins quelques difficultés à me stabiliser, c'est-à-dire à rester constamment à la même profondeur, mais c'est tout-à-fait normal sans expérience (je ne le saurai qu'après, mais sur le moment je dois dire que ça m'inquiète un peu). Ca viendra...
C'est stupéfiant, cette impression de liberté en toute autonomie. La technique au service du plaisir pourrais-je dire.
Apres la remontée, nous faisons encore quelques exercices en surface, principalement orientés sur la sécurité. Une chose est sure : c'est bien parti. Je suis très motivé pour continuer. Je me posais la question avant même de commencer. Je sens que mes oreilles ont souffert quelque peu de cette première expérience, mais tout devrait rentrer dans l'ordre dans les heures qui suivent, me précise Pascale.
Il est déjà 16 h 30 mais j'ai encore le temps de regarder la vidéo du chapitre 4, et c'est le bouquin de cours sous les bras que je rentre à l'hôtel pour y prendre une bonne douche.
Plus tard dans la soirée, je retourne à Na'ama Bay pour prendre quelques photos, ce qui me donne également l'occasion de poursuivre ma balade touristique d'hier soir.

Na'ama Bay Promenade by night
Les lumières fusent de tous cotés, tous les restaurants se mettent alors en valeur pour attirer les touristes en dégageant de bonnes odeurs. Je me laisserai prendre dans le filet, comme tout le monde ou presque, lorsqu'un garçon-serveur égyptien m'invite à le suivre pour me montrer ses beaux poissons tous frais pêchés quelques heures auparavant.

"Alors, je prends lequel ?"
J'en choisis alors un, avec une tête bien sympathique, dont le sort est de finir dans mon assiette. Il ne faudra pas plus de 20 minutes, après une préparation minutieuse aux épices, pour que la délectation commence. Au final, un vrai régal.

celui-la, il sera dans mon assiette dans 20 minutes
Apres ça, j'irai m'assoupir dans le creux d'un fauteuil en plein air en buvant un thé égyptien. La, les trois serveurs me demandent s'ils peuvent obtenir une photo de famille avec moi, ce que j'accepte immédiatement. Malheureusement, elle sera floue. Dommage...

ca vous tente de fumer la chicha ?
En passant devant un internet café - ce genre d'établissement pullule ici - je profite pour mettre à jour ma page "Egypte 2002", celle-là même que vous êtes en train de lire et je la publie sur internet. En réalité je prépare les modifications à l'hôtel à l'aide de l'ordinateur portable en insérant les photos prises le jour même. Tout est alors stocké sur une carte mémoire minuscule que je glisse dans ma poche. Il n'y a plus qu'à trouver un point d'accès internet pour transférer les informations. Je vous épargnerai ici tous les détails techniques...

fabrication des tapis par tissage
Je ne rentre pas trop tard à l'hôtel, me sentant malgré tout assez "lourd" avec cet énorme poisson frais dans mon estomac. Il n'y a qu'en Malaisie et en Indonésie que j'ai pu avaler pareille pièce !
J'ai malgré tout passé une très agréable soirée, entrecoupée de courtes rencontres, et tout ceci avec le handicap d'une pseudo surdité due au séjour prolongé dans les profondeurs de la Mer Rouge. J'ai fini par l'oublier mais la plongée prévue demain matin devrait bien vite me le rappeler.
Je me réveille en constatant que mes oreilles sont toujours un peu "encombrées", mais il parait que c'est normal alors on verra si cela continue ou s'amplifie dans la journée.
Comme j'ai rendez-vous au club à 9 h aujourd'hui, je prends avec moi mon livre de cours au petit déjeuner et j'en étudie le chapitre 4, toujours dans le souci de rattraper dans le planning l'autre personne qui suit le cours avec moi. Il s'agit de David, suisse lui aussi. Il sera mon binôme pour les plongées à venir (on doit toujours plonger à deux, avant tout pour des raisons évidentes de sécurité). Il reste à son hôtel ce matin car je dois faire ma première plongée réelle pour être à niveau. Avec Pascale, on s'équipe, et après un briefing précis sur ce qu'on va faire dans l'eau, on y va sans tarder. La plongée est prévue à 12 mètres et en tout nous restons 39 minutes pour boucler les premiers exercices avant de remonter à la surface. Bien entendu, le spectacle qui s'offre à nous est de toute beauté, et Pascale me fait signe à plusieurs reprises pour me montrer quelques spécimens de poissons caractéristiques dans la baie. Entre autres choses, quelques petits poissons clown, un barracuda, un mérou et une raie pastenague à taches bleues. Une fois sortis de l'eau, elle me précise que nous avons eu de la chance d'en voir ici, parmi toutes les autres espèces qui occupent uniformément la baie.
Viennent ensuite, de retour à la base, les tests théoriques d'évaluation et de contrôle des connaissances, effectués tranquillement sur la terrasse ombragée. En alternance avec les explications prodiguées par Pascale sur chaque chapitre, je remplis donc un questionnaire. Heureux de constater que je n'ai fait qu'une faute sur trente dans les 3 premiers chapitres, je deviens confiant pour la suite.
Nous partageons un petit repas avec David, avant la deuxième plongée qu'il va faire avec nous. Nous repartons à l'eau tous les trois, et dans les exercices que nous faisons, il est mon partenaire, mon binôme dans le jargon de plongeur. Cette fois nous sommes juste guidés par Pascale qui nous répète sous l'eau les manoeuvres à effectuer, soit un par un, soit les deux ensemble quand il y a une interaction possible.
J'ai un peu de mal à passer la barre des 5 à 7 mètres et je dois compenser pour m'équilibrer les tympans assez souvent.
Nous terminons cette plongée par une petite balade subaquatique de plaisir ou nous verrons encore quelques spécimens de la faune sous-marine. Un régal pour les yeux encore une fois.
Au retour, Pascale me fait revoir le chapitre 4 et je réalise le test associé. Cette fois, 3 fautes ! Je baisse mon score mais le total reste honorable. Demain ce sera l'examen théorique, déjà effectué par David, que je passerai sur le bateau qui nous emmènera plus loin dans la baie.

vue sur Na'ama Bay à la tombée de la nuit
Avant de terminer la journée par le cinquième et dernier chapitre du cours, nous décidons avec David de nous retrouver à mon hôtel pour 18 h 30, d'où nous partirons pour une séance de karting. Le circuit est tout à coté. Il n'est malheureusement pas très fréquenté, c'est le moins que l'on puisse dire puisque nous ne serons que trois à courir. Le temps d'enfiler la combinaison et nous sommes lancés pour quelques tours de piste pendant 10 minutes qui paraissent bien éphémères. Cette séance ne me laisse pas d'aussi bon souvenirs que les circuits de karting que j'ai fréquenté en France et en Suisse dernièrement, mais c'est intéressant d'essayer ici, ne serait-ce que pour le coté original de la démarche.
Nous sautons dans un taxi, en négociant le prix pour 10 livres égyptiennes, pour nous rendre à Sharm-el-Sheikh city. La ville réelle est éloignée de la côte, à une dizaine de kilomètres de Na'ama Bay (le "Sharm-el-Sheikh que l'on connaît), non moins touristique mais beaucoup plus pittoresque.

une certaine conception de la boucherie, à l'égyptienne
En effet, on sent moins le luxe ici et on y trouve plutôt des boutiques plus traditionnelles où l'on vend des produits de consommation courante. Au détour de quelques ruelles, aidés par un garçon local plutôt entreprenant, nous dégottons un restaurant dont la spécialité est les fruits de mer. Sans hésiter, nous nous y arrêtons pour commander un repas arrosé de vin, blanc pour David et rouge pour moi, ce qui est assez rare ici. Sur ce coup-là, nous sommes plutôt opportunistes.

Un des restaurants de Sharm-el-Sheikh, spécialisé
dans les fruits de mer
Je repartirai d'ici avec une bouteille de vin égyptien, que j'ai du acheter au prix fort, avec l'incertitude de pouvoir en trouver ailleurs (rappelons que l'Egypte est un pays musulman).
Notre soirée n'aurait pas été bien remplie si nous n'avions pas commencé la conversation avec un commerçant, vendeur de babioles en tous genres dans une des boutiques les mieux placées du secteur. David parle un italien parfait, ce qui constitue un langage commun avec lui. Quant à moi, je m'exprimerai en anglais avec un de ses amis, auquel je donnerai par la suite un rapide cours de français pour savoir compter. Il en a l'air très content et s'il m'écoute attentivement, c'est qu'il va s'en servir pour ses prochaines victimes qui seront les touristes francophones. Finalement, avant de reprendre le taxi, nous bavardons ensemble de longues minutes autour d'une table, en dégustant une orange bien juteuse et un thé à la menthe offert par la maison. Nous échangeons alors quelques points de vue sur nos cultures respectives en faisant plus ample connaissance, si bien que nous nous sommes fixé un rendez-vous pour le lendemain dans une discothèque de Na'ama Bay. Le programme sera tout autre, mais avant, il y a la plongée. Ne mélangeons pas les plaisirs en cette circonstance.
Ca commence bien...J'arrive en retard au dive club, le rendez-vous avait été fixé plus tôt que 9 heures mais tout le monde ne le savait pas apparemment. Je suis donc très attendu et, à peine arrivé, je saute dans le minibus qui nous conduit de l'autre coté de Na'ama Bay d'où nous allons embarquer sur un bateau spécial plongeurs. Nous retrouvons Pascale qui nous explique les tenants des plongées prévues au programme aujourd'hui. Ce sera une mise en application de tout ce que nous avons appris ces derniers jours. Deux plongées sont prévues, une à 18 mètres avec certains exercices spécifiques, l'autre est une plongée dérivante pendant laquelle le bateau se déplacera sur un deuxième site pour nous récupérer. Pendant le déplacement sur le premier site, Far Garden, nous profitons pour prendre un grand bain de soleil, tout en nous préparant pour cette première plongée.

vue du site Far Garden, lieu de nos plongées du jour
Sur le pont supérieur, tranquillement installé sur la moquette verte rappelant je ne sais quelle pelouse, je passe l'examen théorique final du cours PADI Open Water Diver. Le verdict tombe... Quelques petites fautes tout de même, mais c'est bon. La partie pratique, c'est-à-dire les plongées par elles-mêmes, ne seront que formalités. Plus même : que du plaisir... En tout 1 heure et 13 minutes passées sous l'eau jusqu'a 18 mètres de profondeur. Je me sens mieux, même si c'est toujours difficile de passer ce fameux cap des 5 mètres. C'est un peu comme passer 4000 mètres d'altitude. J'arrive maintenant à obtenir, mais surtout à sentir et à maîtriser une bonne flottabilité aux différentes profondeurs, nécessaire pour devenir un bon plongeur.

j'affiche un certaine sérénité avant ma quatrième plongée, tout comme David
et Pascale, notre instructrice
Le plaisir est bien là : nous observons des poissons de toutes les couleurs, des récifs coralliens qui tombent à pic (appelés tombats dans le jargon), que nous longeons comme si nous volions à cote d'une falaise. Des gros spécimens attirent notre curiosité tandis que d'autres se cachent par un camouflage stratégique. D'autres encore dansent autour de nous comme au moment où nous nous trouvons au beau milieu d'un banc de fusiliers lunaires . Il est assez difficile de décrire le spectacle que nous vivons. Une raie par ci, un mérou par la, une murène ou encore un banc de barracudas... Et j'en oublie. Tout ceci est étonnant de couleurs et de diversité, et je me mets à penser au moment où, lorsque je serai plus expérimenté, je vais pouvoir immortaliser ce tableau grandeur nature par la photographie ou même la vidéo.
Apres cette journée passée en mer, avec comme camp de base le bateau Sinaï I, Pascale me précise que je pourrais avoir l'opportunité d'enchaîner directement avec le cours PADI OPEN WATER DIVER ADVANCED, qui contient encore cinq plongées en deux jours. Ce n'était pas prévu au programme, mais puisque je n'ai mis que trois jours pour en arriver lä contre cinq pour David, qu'il me reste assez de temps pour le faire avant de repartir, et que je n'ai pas le droit de plonger samedi avant de prendre l'avion, je me dis que ce serait intéressant. Je lui demande alors de m'en expliquer le programme dans les grandes lignes et finis par accepter, avec un certain enthousiasme d'ailleurs.
Demain donc, le rendez-vous est fixé à 9 h 30 pour la suite de l'aventure, le brevet OWD déjà en poche. Je me réjouis d'avance, sans penser à la fatigue qui s'accumule, parce que l'activité plongée n'est pas de tout repos, il faut le dire. David, lui, rentre en Europe après-demain, il ne peut donc pas plonger demain et par conséquent ne peut pas envisager de passer l'Advanced. Dommage pour lui, mais je crois qu'il va nous accompagner en restant en surface avec les palmes, le masque et le tuba.
Avant de nous séparer, Pascale, David et moi prenons une bonne bière dans le club Oonas, histoire de fêter nos brevets fraîchement obtenus. Il ne faut pas abuser de la boisson alcoolisée et le champagne ne serait pas le bien venu au moment nous avons encore quelques bulles d'azote présentes dans l'organisme.

Stella, une des bières les plus populaires au Sinaï
Je rentre à l'hôtel, écris quelques cartes postales et le petit résumé de ma journée, pour ensuite me laisser aller à quelque repos, qui sera de courte durée puisque je dois commencer à lire le contenu de trois paragraphes du nouveau bouquin de plongée qui sera ma préparation au brevet PADI OPEN WATER DIVER ADVANCED : "Maîtrise de la flottabilité", "Orientation sous-marine", et "Naturalisme sous-marin". Tout un programme... respectivement celui des trois plongées prévues demain. La plongée d'orientation est obligatoire, tout comme la plongée profonde que je ferai demain, les autres étant à choix dans le panel des thèmes possible.
Je dois encore étudier... et réviser mes connaissances. Hors de question de s'amuser malgré l'invitation que l'on nous a faite hier soir pour nous rendre en discothèque. Je crois que cette petite visite sera courte voire supprimée...
Finalement, et à vrai dire saturé d'informations après avoir ingurgité deux chapitres de ce nouveau bouquin, je me décide à sortir. J'irai une fois de plus vers le centre touristique pour essayer d'y trouver un guide de plongée. Je ne le trouverai qu'en anglais mais il fera l'affaire. Ce livre est bien fait, il explique en détails tous les sites environnants, du Golfe de Suez jusqu'au Golfe d'Aqaba. On peut y découvrir toutes les informations sur la géographie, la topologie, la profondeur, les parcours et l'intérêt de chaque site, ainsi que tous les poissons de la mer rouge et les explications nécessaires pour les reconnaître.
Je déambule dans les rue animées pour m'arrêter dans un internet café, différent de celui de la veille, puis dans un restaurant italien ou je me laisserai tenter par une grosse assiette de spaghettis au saumon. J'ai besoin de prendre des forces pour cette grosse journée qui s'annonce.
Vite ! Il est déjà minuit, je dois retourner à l'hôtel pour me changer. Je n'ai pas terminé mes révisions mais je vois que je pourrai honorer le rendez-vous arrangé par David et les deux copains égyptiens. Avec quelques minutes de retard dues à ma négociation avec un garde qui n'avait manifestement pas voulu me laisser le passage, je les retrouve vers minuit trente à l'entrée de l'hôtel Sonesta Beach. J'ai promis que je ne resterai pas trop longtemps mais que je pouvais néanmoins leur accorder une heure de ma présence pour aller boire un verre, alors je leur propose de commencer au Bus Stop, un bar-club-disco attenant à l'hôtel Sanafir, en plein centre de Na'ama Bay. Ce bar très fréquenté d'habitude parait assez désert. Comme convenu, après un verre de Cuba Libre, je prends congé de ce lieu saint et retourne à mon hôtel en courant le long de la promenade au bord de la plage. Il ne me faut que 5 minutes pour y arriver et pas moins pour me coucher, après avoir littéralement éclaté un moustique très agressif. Il est alors 2 h 15.
8 h 00...le réveil sonne. Je sens qu'il est plus difficile de se lever aujourd'hui. Sans doute la fatigue accumulée plus celle d'une petite nuit. Il faudrait une grue pour me soulever. Je passe vite sous la douche pour me réveiller plus efficacement, puis je file sur la terrasse devant la piscine, avec toutes mes affaires. Comme hier, pendant le petit déjeuner, je regarde la troisième partie du bouquin de cours qui concerne la faune et la flore sous-marine, ou naturalisme. D'une manière générale, c'est une occasion pour recentrer des réflexions sur d'autres sujets étrangers à la plongée sous-marine.
Au club, seule Mélanie est là pour accueillir les clients, mais Pascale arrive dans la foulée, et nous commençons comme à l'habitude notre préparation. Nous resterons aujourd'hui aux abords de la plage du Sofitel pour les exercices des trois plongées.
Une par une, séparées de pauses suffisantes pour faire descendre notre taux d'azote dans le sang et éviter ainsi un accident de décompression, nos trois plongées du jour se succèdent. Dans les grandes lignes, elles sont partagées en trois thèmes principaux : "Maîtrise de la flottabilité" (plongée destinée à démontrer mes capacités de liberté, d'agilité, et de progression dans le milieu sous-marin), "Orientation sous-marine" (plongée destinée à se repérer dans ce milieu, évaluer les distances, s'orienter correctement,...), et "Naturalisme sous-marin" (plongée destinée à reconnaître la faune et la flore sous-marine pour mieux la respecter). Ces trois activités revêtent un aspect ludique et je me suis amusé par exemple, pour la dernière, à dessiner sur une tablette en plastique, en pleine eau profonde, quelques poissons et coraux que je repérais parmi les innombrables variétés visibles.
Mais que faisait David pendant ce temps-la ? Eh bien, il nous a observé, est allé voir lui aussi les jolis poissons depuis la surface (il n'y a pas besoin de descendre en profondeur pour en voir), et en alternance, a pris quelques poses au soleil sur la plage en profitant des confortables transats.
Journée chargée, mais très agréable, qui constitue pour moi un grand pas vers le brevet PADI OPEN WATER DIVER ADVANCED. Encore deux plongées et la réussite de la partir théorique, et c'est gagné !
Je suis encore plus fatigué mais plus heureux, et ravi d'avoir Pascale comme instructrice avec qui "tout baigne", si je puis dire. J'ai plutôt le souvenir d'avoir eu des relations tumultueuses avec mes profs à l'école, et ne me sens pas toujours bien dans ce contexte. Mais là, ça roule.
David nous rejoint pour prendre un verre avant de quitter Pascale car il repart demain matin pour la Suisse. Quant à moi, je le revois ce soir pour dîner et revenir à une heure raisonnable pour me reposer. Demain, ce sera la cerise sur le gâteau avec la première plongée profonde à 30 mètres. La deuxième et dernière sera de type dérivant sur le site de Ras Mohamed, avec des récifs de coraux impressionnants et aussi des courants assez forts pour connaître de nouvelles sensations. Nous aurons le bateau juste pour nous, aucun autre client ne s'étant inscrit au club.
A Ras Mohamed, si nous avons de la chance, nous pourrons nous trouver en compagnie de requins marteau, pas rares dans le secteur. J'aspire vivement à connaître ce frisson, je l'espère secrètement car ça risque quand même de me faire peur ! Je suis néanmoins confiant, ayant appris à maîtriser ma peur dans bien d'autres circonstances. Pascale fera tout pour que nous en voyions un, parce qu'elle connaît le coin comme sa poche après 7 années d'enseignement à Sharm-el-Sheikh.
Je suis vraiment excité à l'idée de faire cette plongée à 30 mètres, et de connaître la fameuse ivresse des profondeurs, appelée aussi narcose. Il parait que l'effet ressenti est comme celui d'un taux d'alcool trop élevé dans le sang, ou si l'on préfère, l'effet "mec bourré" comme dirait Bigard. L'exercice pour s'en apercevoir est simple : Pascale va me demander de faire un noeud de chaise (noeud marin) en surface, et de le refaire 30 mètres au-dessous. On verra le résultat. Un autre phénomène intéressant, très visible, est qu'une balle de tennis se réduit de moitié et peut même exploser sous l'effet de la pression. Hallucinant !
Le soir venu, nous allons dîner avec David au centre de Na'ama Bay, histoire de passer du temps avec lui avant qu'il ne reparte. En effet, c'est pour lui la dernière soirée en terre égyptienne. Nous irons ensuite boire un thé non loin de là, tranquillement installés dans des fauteuils. J'en profite pour acheter des pansements pour deux de mes orteils qui ont souffert d'un léger décollement de la peau sur le dessus, à cause des chaussons en néoprène qui sont de piètre qualité. Je ne voudrais pas compromettre mes dernières plongées !
Je dis au revoir à David, avec qui je suis ravi d'avoir suivi le cours PADI Open Water Diver, il reviendra certainement passer l'Advanced prochainement ici, me dit-il. Ensuite, retour à l'hôtel, pour écrire le reste de mes cartes postales et enfin me coucher. Je vais essayer de dormir suffisamment pour être en forme demain, car j'ai rendez-vous au centre de plongée à 8 h 15 ou Mélanie m'attendra pour me conduire à Ras Mohamed.
8 h 15 : je suis à l'heure au centre de plongée. Mélanie et le chauffeur m'attendent, parfait. En route pour Ras Mohamed, extrême sud de la péninsule du Sinaï. Nous retrouvons Pascale, bien à l'heure (ça c'est la précision suisse !). Tout d'abord inquiets, nous ne trouvons pas notre bateau car le club a changé ses plans, nous devons monter à bord du bateau affrété pas Egyptian Divers parce que le bateau du Club (Sinaï I) ne peut pas nous être attribué. Finalement, nous le repérons au bout de la jetée et après être montés à bord, nous apprenons qu'une vingtaine de snorkeleurs vont arriver. Soit !

bateaux de plongeurs en partance pour Ras Mohamed
En attendant que tout le monde soit prêt, que tous les équipements soient montés à bord, Pascale me fait le briefing des deux plongées du jour : une plongée profonde à 30 mètres multi-niveaux puis une plongée dérivante, la dernière avant l'obtention du brevet. De plus, comme j'ai un peu de retard sur le bouquin, elle me fait passer les contrôles de connaissances directement, qui valideront les plongées si je ne connais pas de problème sur celles-ci.
Marsa Gazlani (Ras Mohamed), théâtre de ma première plongée profonde
Malgré quelques problèmes de logistique dus aux autres groupes, nous finissons par plonger sur le site de Marsa Gazlani, qui n'est pas celui qui était prévu initialement (c'était Shark Reef). J'angoisse quelque peu à l'idée de plonger lus profond, parce que je ne connais pas encore, tout simplement. Mais Pascale ne voit rien, je ne lui montre pas. Le vent est assez fort, ce qui agite un peu la mer. Nous devons faire une mise à l'eau négative, et c'est gilet dégonflé que nous sauterons du bateau avec la technique appropriée. Avec 200 bar de pression dans la bouteille, en descendant à 30 mètres, la plongée sera courte, alors il faut que tout soit parfaitement rodé. Normalement, je suis au point... on verra bien.
Nous descendons lentement mais régulièrement. La compensation de pression dans mes oreilles se fait de façon plus naturelle et j'ai de moins en moins de problèmes à effectuer la manoeuvre. Peut-être est-ce psychologique, je me suis mis dans la tête une obligation de réussir ou quelque chose comme ça...

Maîtrise de la flottabilité
Je regarde mon profondimètre, et contrôle avec l'ordinateur de Pascale, nous atteignons peu à peu 25 mètres, ... 26...27...L'eau semble être de l'huile. L'impression de fluidité est étrange, différente, mais exceptionnelle aussi. C'est comme un autre monde. Je me sens bien, mais pas narcosé. Le test du noeud de chaise, que Pascale ne tarde pas à me soumettre, me le confirme aussitôt, car il ne faut pas rester ici plus de 5 minutes, nous sommes à 30 mètres. En démonstration de la pression qui doit être ici de 4 bar normalement, la taille de la balle de tennis est considérablement réduite. C'est étonnant.

l'aiguille rouge enregistre la profondeur maxi atteinte :
ici, 30
mètres
Les poissons se font rare, la vie semble plus difficile. La visibilité est diminuée, autant de signes caractéristiques de la profondeur. La remontée s'effectue en deux temps, mais lentement avec une grande régularité. Je regarde très souvent ma consommation d'air et le profondimètre, alors que nous avons déjà dépasse les 20 minutes. Il ne me reste que 50 bar dans la bouteille et nous sommes au palier des 5 mètres. L'air respiré, plus dense en profondeur à cause de la pression élevée, est ainsi consommé plus vite. Encore une démonstration que la théorie se vérifie.
Je n'ai pas eu de problème, seulement des sensations agréables et privilégiées. Je suis agréablement surpris de la sérénité que j'ai pu montrer malgré l'enjeu. Ce ne devrait être qu'une formalité la prochaine fois, et il s'agit bien là du but visé.

vue des montagnes du Sinaï dans le désert
Je ne sais pas comment remercier Pascale de m'avoir permis de connaître ça, je n'arrive pas vraiment à trouver les mots. A la remontée sur le bateau, après un petit débriefing et toutes ces images en tête, c'est un bon repas qui attend tout le monde. Il règne à bord une ambiance de franche camaraderie où tout le monde discute de sa plongée. On trouve la des russes, italiens, hongrois, finlandais, polonais, belges et bien sûr un français et une suissesse, le staff du bateau étant égyptien. Un moment de détente agréable mais nécessaire avant de continuer.
Après que les derniers groupes de plongeurs soient revenus, nous faisons route vars un deuxième site, Ras Gazlani. Mêmes conditions pour cette plongée en dérive ou le bateau viendra nous chercher plus loin, en suivant le courant et donc notre palanquée. Pascale et moi, n'étant que deux, acceptons de partir avec un guide hongrois et ses deux clients. Nous sommes les premiers à nous mettre à l'eau avant l'armada des snorkeleurs. Tous les cinq, nous descendons progressivement à 18 mètres le long d'une pente de sable pour atteindre un tombant intéressant que nous allons suivre dans le courant. Les récifs de coraux sont nombreux et la plongée est très intéressante d'un point de vue paysage. Nous restons à cette profondeur pendant la majorité de la balade subaquatique, ce qui nous permet de ne pas corriger la flottabilité incessamment.
La faune est encore une fois exceptionnelle, nous apercevons tout d'abord une murène qui se fait nettoyer la tête, cachée dans un trou corallien. Je suis Pascale sans la quitter d'une palme et pense à être propre dans ma progression pour économiser de l'air, me permettant de temps à autre quelques effets de style et simulation de photographies de poissons ou de coraux désignés au hasard. Je maîtrise ma flotta à la perfection, restant immobile dans le courant, le masque à quelques centimètres d'un corail en guise d'exercice.
Soudain, Pascale et moi entendons le guide hongrois hurler pour nous prévenir de quelque chose, juste derrière nous alors que nous sommes en train de remonter au palier. En suivant son doigt pointé vers l'avant, nous faisons la spectaculaire rencontre avec un couple de dauphins qui se déplacent inexorablement vers la surface avec une grâce indescriptible. Nous sommes incroyablement chanceux. Il passent à quelques mètres devant nous. Pascale prend une attitude spéciale pour essayer de les attirer vers nous ou alors de les ralentir pour que nos yeux écarquillés en profitent le plus longtemps possible, mais rien n'y fait. Le hongrois essaye aussi... rien ! Les deux dauphins continuent pour aller prendre de l'air en surface. Il vont redescendre à coup sûr. Pascale est aux aguets. Effectivement, nous revivons en direct ce grand moment encore une fois. Je ne suis pas prêt de l'oublier !
C'est fini pour les plongées du cours, c'était la neuvième et dernière. Nous rentrons sur terre, puis au centre de plongée ou je quitte Pascale, après qu'elle m'ait remis ma carte temporaire de licence de plongeur. Ca y est ! Je suis officiellement et doublement breveté PADI, le tout en 5 jours. Je vais pouvoir aller plonger n'importe où dans le monde à condition que ce soit avec une personne de même profil, et motivée de surcroît, parce que moi je le suis.
Pascale est une excellente instructrice avec qui j'ai eu, avec David, beaucoup de plaisir à plonger. Plaisir partagé je crois, semble-t-elle me dire. Je jure de revenir ici, et ce sera assurément avec elle, comme guide pour une plongée spéciale ou un safari en mer par exemple. Tout s'est passé à merveille, dans les meilleures conditions. Le plaisir avec la sécurité, une progression et une continuité sans reproche.

Mes licences PADI Open Water Diver et Open Water
Diver Advanced : l'objectif est atteint, et même dépassé
Pendant que je me repose à l'hôtel, le téléphone sonne dans la chambre. La réception me signale qu'on m'attend. Visite surprise de Tristan qui vient me voir avant que je ne reparte. Je profite de sa présence pour appeler Ehab et ainsi régler les formalités de transfert à l'aéroport pour demain matin. Comme je n'ai pas encore confirmé mon vol, il est difficile de lui donner un horaire précis pour qu'il organise ça. De plus, le bureau Egyptair est fermé jusqu'a demain matin 10 heures. Je devrai donc attendre avant de le rappeler.
Avec Tristan nous allons boire un verre et casser la croûte dans Na'ama Bay, et comme il connaît bien l'endroit, il nous trouvera un endroit hyper sympa ou nous discuterons pendant une heure ou deux avant de nous séparer.
Sur le chemin de l'hôtel, je fais quelques achats de souvenirs et en arrivant, continue la rédaction de mes nombreuses cartes postales. Je passe une nuit mouvementée, attaqué par un p..... de moustique. Ils ont l'air violents ici.
Ce matin, malheureusement, la plongée n'est pas possible. Je dois respecter du temps en surface avant de prendre l'avion, pour que mon sang retrouve son taux d'azote normal (j'ai appris au passage que l'air dépressurisé d'un avion est équivalent à celui qu'on trouve à une altitude de 2200 mètres). Je me lève avant 8 heures et passe tout de suite au club. Là, il n'y a encore personne à mon arrivée. Un peu plus tard, tandis qu'une instructrice part avec 3 clients qui vont prendre un cours OWD, le minibus arrive avec Mélanie et 3 autres personnes inscrites pour la sortie en bateau du jour, une égyptienne très sympa avec qui je fais vite connaissance, et deux russes. Mélanie me confirme que je peux me joindre à eux sur le bateau, pour profiter de cette dernière journée en faisant du snorkeling. Je fais alors partie du voyage et je m'en réjouis, cela fera une excellente façon de finir mon séjour.

notre bateau, le Sinaï I
Le minibus nous emmène au même endroit qu'hier, et nous partons en mer avec le Sinaï I, le bateau du club "International Divers" cette fois-ci. Seuls 7 personnes à bord, la mini croisière est très confortable. Je reprends le même matériel que celui qui m'avait été attribue toute cette semaine, en ce qui concerne la masque, le tuba, les palmes, la combinaison humide 3 mm, et les chaussons. Evidemment, j'oublie l'air comprimé et le gilet gonflable pour aujourd'hui.
Cap sur Ras Katy, la journée s'annonce belle, un peut de vent. La couleur de l'eau est d'un rare turquoise.

cette photo se retrouve aussi sur
l'encyclopédie de la plongée WikiDive
Ras Katy, site idéal pour le snorkeling
J'ai acheté hier soir un petit appareil photo étanche, avec lequel je vais pouvoir immortaliser quelques scènes de la vie sous-marine. C'est d'ailleurs sans tarder que je me jette à l'eau avec les palmes et le masque, pendant que les plongeurs se préparent. Je vais donc à la chasse aux belles images, et je suis tout de suite récompensé de mes quelques coups de palme. Le bateau est amarré tout proche d'un mur de corail magnifique, ce qui me suffira pour voir beaucoup de poissons. Ca grouille de monde là-dessous. Je peux trouver des spécimens de toutes tailles et de toutes les couleurs et tout cela à partir de 30 cm de profondeur. C'est prodigieux.

poisson-perroquet (au premier plan) et poisson-chirurgien à seulement 50 cm de profondeur - poisson-papillon
J'abandonne un moment les poissons pour aller faire des photos des plongeurs qui sont entrés à l'eau, en pleine organisation pour leur descente. Je vois le guide placer une bouteille de secours à 5 mètres, ceci pour la sécurité en cas de problème de l'un de ses clients. C'est aussi étonnant de constater la manière avec laquelle les plongeurs se déplacent sous l'eau. J'ai cette fois le recul nécessaire pour apprécier la nature de leur progression, avec les bases que j'ai acquises pendant le cours.

mise à l'eau depuis le bateau... 1...2...3...plouf !
Passant de l'autre côté du bateau, je m'amuse à suivre les plongeurs en me tenant à leur verticale tout en les regardant, et à jouer avec leur bulles qui remontent inlassablement à la surface en grossissant avec la diminution de pression. Le spectacle offert par ces colonnes de bulles d'air est de toute beauté. Elles scintillent de mille éclats dans un dégradé de bleu. Encore une image forte que je garde pour moi cette fois-ci, mon appareil photo indiquant déjà qu'il ne me reste plus rien à prendre.
En revenant, je m'amuse avec certains poissons clowns qui me regardent au travers du masque. Voulant me montrer qu'ils n'ont pas peur de moi, Ils semblent danser à quelques centimètres de mes yeux.

les bouteilles d'air comprime, le "carburant" du
plongeur
Les plongeurs remontent, et après le respect de leurs paliers respectifs, reviennent au bateau. Je les suis toujours d'un oeil attentif en constatant que l'un d'eux connaît quelques problèmes, c'est la fille russe. Il m'avait semblé qu'elle ne se sentait pas très bien avant la plongée, sans doute quelque peu angoissée. Ca me rappelle au passage qu'il ne faut pas plaisanter avec la sécurité et qu'il est obligatoire d'être en bonne forme physique. Mais rien de grave pour cette fois. Tout le monde remonte à bord pour un repas bien mérité, que je prends tout en bavardant avec la fille égyptienne qui après quelques minutes de conversation voulait déjà m'inviter chez elle au Caire. A son sujet, elle a déjà obtenu la licence PADI ADVANCED, et la plongée d'aujourd'hui n'est qu'une distraction comme une autre.

sergents-majors sous la surface - poissons chirurgiens en nombre
Le soleil se cache quelque temps au passage d'un nuage gris, assez rare, mais l'hiver existe ici aussi, il faut le rappeler. Au vent, il doit faire maintenant 19 degrés, ce qui n'est pas excessif, surtout quand on sort de l'eau qui est bien plus chaude, la combinaison trempée qui colle encore à la peau.
Nous allons maintenant sur le site de Ras Umm Sid pour la deuxième plongée. Cette fois, je ne descends pas du bateau et assiste en spectateur à la préparation des plongeurs et de leur instructeur. Je prends là encore quelques photos et profite du soleil et du paysage. Aussi, je m'amuse à comparer ce dernier à celui qui est décrit dans mon guide de plongée. Ils trouveront là une végétation sous-marine luxuriante, faite principalement de gorgones. Ils vont sûrement voir aussi des poissons-lions qui doivent être représentés en nombre important dans ce secteur.

bateaux de plongeurs à Ras Umm Sid
Il est temps de revenir sur terre. Je fais ma dernière apparition au club pour aller payer mes cours et récupérer mes papiers de licence. "Good bye everybody", "Merry Christmas" (je l'avais presque oublié, ça !), et "See you there next year". Un sentiment de tristesse se lit certainement sur mon visage en quittant cet endroit ou je me sentais bien, mais je réalise soudainement que ce n'étaient que des vacances, certes pour faire de la plongée. Le but est atteint, et de quelle manière ! Et c'est bien là l'essentiel pour moi.
C'est convenu avec Ehab, je l'ai eu au téléphone et il m'envoie quelqu'un demain matin dès 6 h 45 à l'hôtel Fantazia, pour me transférer à l'aéroport. Mon avion décolle à 9 h 15 mais je dois être là deux heures plus tôt pour les formalités de contrôle qui, je le sais maintenant, peuvent être lourdes dans ce pays.
Comme prévu, on vient me chercher à l'hôtel pour me conduire à l'aéroport où je prendrai le vol MS 811 d'Egyptair pour Genève en faisant escale une fois de plus par Hourgada. Je crains de retrouver le froid, la grisaille qui caractérise malheureusement le bassin Genevois à cette époque de l'année, et les sourires absents des visages que je vais croiser. Je commence à me faire une raison. Il s'agit du syndrome des vacances lointaines au soleil...

Pendant le vol sur
Egyptair, vue aérienne de Sharm el Sheikh (on distingue bien
Na'ama Bay, le point rouge indiquant le centre de plongée)

![]()
cliquez sur le logo pour télécharger un fichier PDF de 5 pages (2,4 Mo)
ou
Images à télécharger individuellement : page 1 | page 2 | page 3 | page 4 | page 5
La carte des sites de plongée de Sharm-el-Sheikh
Carte des sites de plongée de Sharm-el-Sheikh (cliquer sur la carte pour l'agrandir)
les sites où j'ai plongé sont entourés de rouge
Adresses Utiles à Sharm-el-Sheikh
Tout sur Sharm-el-Sheikh : http://www.sharmguide.com
Club de plongée Divers International, Hôtel Sofitel : +20 69 603 130
Hotel Sofitel : +20 69 600 086
Hôtel Fantazia : +20 69 601 415 / 416, web http://www.fantaziaegypt.com
Hôtel Sanafir (Na'ama Bay) : +20 69 600 197 / 198, web http://www.sanafirhotel.com
Pascale Burgi (mon instructrice PADI) : me contacter (contact@philippe-bourgine.com)
Eric Goyer : Instructeur PADI et Agent de voyages spécialisé. Site internet : www.spiritofdiving.com, Morges (Suisse). Tel + 41 78 607 25 25
Moi-même : contact@philippe-bourgine.com

Petite blague :
Un plongeur avec
tout son équipement est en train de contempler la faune sous-marine.
Il en est à 15 mètres sous l’eau lorsqu'il remarque un mec à coté de lui, en
apnée... Il n’a aucune bouteille d'air ni aucun élément de l’équipement de
plongée du plongeur traditionnel.
Le plongeur à bouteille descend alors à 25 mètres sous la surface mais se fait
rapidement rejoindre par le mec en apnée.
Alors, un peu vexé, le plongeur descend à 35 mètres de profondeur. Mais il ne
tarde pas à voir le gars en apnée se rapprocher de lui.
Etonné et quelque peu énervé, il saisit sa craie, son petit écritoire waterproof
et écrit :
- QU'EST-CE QUE VOUS FOUTEZ SI BAS SANS EQUIPEMENT ?
Et l'autre lui prend la craie et écrit :
- JE ME NOIE, CONNARD…
| VISITES SUR CETTE PAGE DEPUIS LE 14 FEVRIER 2003 |