Chamonix
Zermatt
 la Haute Route à skis
  du 5 au 9 avril 2003

A voir aussi : La Haute Route 2006

Sommaire

présentation
itinéraire et profil des étapes
points GPS - données techniques
récit et photos

samedi 5 avril 2003 : Chamonix (Le Tour) - cabane du Trient
dimanche 6 avril 2003 : cabane du Trient - cabane de Valsorey
lundi 7 avril 2003 : cabane de Valsorey - cabane de Chanrion
mardi 8 avril 2003 : cabane de Chanrion - cabane des Vignettes
mercredi 9 avril 2003 : cabane des Vignettes - Zermatt

refuges et cabanes suisses
adresses utiles
bibliographie - cartographie
liste de matériel
conclusion
liens web
autres infos utiles
contacts

 


Présentation

Avec une certaine expérience du ski de randonnée et ma passion pour la montagne, il y a déjà quelques années que je voulais partir sur un raid à skis. Faute de disponibilité et de préparation, j'ai attendu le moment, et c'est avec Benoît, du CAF de Saint-Genis Pouilly (Ain), que je me suis lancé dans cette mythique aventure qu'est Chamonix-Zermatt, la Haute Route qui relie à skis les deux capitales européennes de l'Alpinisme.


Profil des étapes


Mont Blanc - Grand Combin - Pigne d'Arolla - Dent Blanche - Cervin

téléchargez ici la cartographie complète avec le tracé : partie 1 (5,8 Mo) - partie 2 (5 Mo) - partie 3 (5,2 Mo)

détail des étapes


profil d'altitude

cliquez sur les points sensibles pour plus d'infos


Points GPS - données techniques

Points GPS

si comme moi vous possédez un GPS portable, ceci peut vous être très utile en cas de mauvais temps.
les données sont des points GPS répartis sur le parcours de chaque étape, données à titre indicatif

Les points de longitude et de latitude sont données en Degrés décimaux (sous la forme D° MM' SS.S"), au format WGS 84

  jour 1
  jour 2
  jour 3
  jour 4
  jour 5

Coordonnées des refuges visités :

Données techniques

n° étape nom dénivelé
positif
altitude
départ
altitude
arrivée
temps
parcours
niveaux requis distance
étape 1 Chamonix (Le Tour) - cabane du Trient 2148 1800 3170 8 h 36' BSA env.  9.5 km
étape 2 cabane du Trient - Champex - Bourg St Pierre - cabane de Valsorey 1470 3170 3037 5 h 33' BSA env. 16.5 km*
étape 3 cabane de Valsorey - cabane de Chanrion 1005 3037 2460 5 h 51' BSA env. 11.5 km
étape 4 cabane de Chanrion - cabane des Vignettes 1500 2460 3160 6 h 24' BSA env. 11.5 km
étape 5 cabane des Vignettes - Zermatt (Gare) 1205 3160 1846 6 h 40' BSA/BS env. 29.0  km
TOTAUX 7328   33 h 04'   env. 87.5 km

*distance Champex-Bourg St Pierre non comptée (trajet effectué en voiture)
BSA : bon skieur alpiniste
BS : bon skieur


Récit par étapes avec photos

Samedi 5 avril 2003

Itinéraire : de Chamonix (Le Tour) à la Cabane du Trient

  Benoît ne pouvant me rejoindre sur le trajet que le deuxième jour, c'est avec Patrice que je commence ce raid. Pour lui, il s'agit d'une randonnée à la journée, qui doit être théoriquement la première étape classique de Chamonix Zermatt, soit Argentière (Les  Grands Montets) – Cabane du Trient. En fait, il s'agit réellement des deux premières
           étapes que j'ai concentrées en une seule, ne voyant pas d'intérêt à
                     rester dormir au refuge d'Argentière après une simple descente
                                  sur le glacier.
 
   
Le problème, c'est qu'aujourd'hui il est impossible
de monter jusqu'à l'Aiguille des Grands Montets compte
tenu du fort vent annoncé au sommet, nous dit-on. Nous décidons
alors de partir depuis le Tour, village situé au-dessus d'Argentière, et
de monter alors au Col du Tour par le Glacier du même nom, ce qui constitue
du même coup une originalité.
Donc, cap sur le Tour en voiture, et la station de Charamillon d'où nous partons
avec les skis de randonnée. Patrice laisse sa voiture ici, qu'il récupèrera en fin de journée. Pour lui, le demi-tour se fera au Col du Tour, où il me laissera pour que je rejoigne seul la Cabane du Trient, côté suisse.

La montée est longue et difficile, avec le poids du sac auquel il va falloir s'habituer. Le mien pèse 16 kg, sans l'eau dans les gourdes !

Il fait très froid et le vent nous indique que ce ne sera pas une partie de plaisir. Personne n'est monté sur le glacier depuis plusieurs jours, et je dois faire la trace dans la neige, en enfonçant à chaque pas d'une dizaine de centimètres.

Quelques heures plus tard, nous passons sous le refuge Albert 1er, situé idéalement sur la rive droite tout à côté des séracs géants du glacier. C'est de tout beauté. A ce moment-là, nous profitons d'être un peu à l'abri du vent pour une pause casse-croûte bien méritée.

Le soleil, à la verticale de nos têtes, tape très fort en ce début d'après-midi, et dans cette fournaise nous buvons beaucoup le long du trajet, si bien que nous n'avons plus d'eau en arrivant à 300 mètres au dessous du Col du Tour. La pente s'accentue sur la fin, comme souvent au passage de certains cols, et nous devons déchausser pour terminer l'ascension. C'est skis à la main que nous gagnons ensemble le sommet, d'où Patrice me laisse basculer de l'autre côté dans une pente très raide que je dois désescalader avec les skis et les bâtons sur le sac à dos, piolet à la main. C'est à l'ombre, il fait très froid, et de ce côté-ci ça souffle beaucoup. J'ai les doigts gelés mais je dois rester concentré pour bien assurer chaque pas et planter le piolet pour ne pas dévisser dans la pente. L'issue serait tragique, je pourrais me retrouver rapidement 150 mètres plus bas dans une crevasse au niveau de la rimaye du glacier du Trient.

Pendant ce temps-là, Patrice redescend au village du Tour en empruntant l'itinéraire classique des Trois Cols puis celui de la descente derrière le Col du Passon.

Dès mon arrivée sur le plateau du Trient, je n'ai plus qu'à rechausser les skis pour atteindre le refuge du Trient (oops ! on dit "cabane" en Suisse). Cabane du Trient, donc…

J'arrive tard, sans doute trop tard pour bénéficier du service de repas, j'attendrai donc encore un peu avant de pouvoir dîner, tout en avalant goulûment un litre d'eau. Mais malgré ma fatigue consécutive à cette longue journée,  j'ai en tête le souvenir tout frais de la traversée du plateau du Trient, seul au soleil couchant éclairant les montagnes partout autour de moi d'une lumière orangée. Une vive impression de bonheur et de sérénité. Je suis dans mon élément, et l'aventure a bel et bien commencé.

A la cabane, je fais la connaissance de plusieurs randonneurs dont Michelle, une canadienne avec qui j'ai l'occasion de pratiquer un peu mon anglais. Elle est là avec deux américains, engagée dans la Haute Route comme beaucoup de monde ici. Pour eux, la journée a été plus courte car ils viennent tous du refuge d'Argentière par la route classique (Col du Chardonnet, puis Fenêtre de Saleina).


Face nord de l'Aiguille du Chardonnet - Gendarmes près du Col Supérieur du Tour

Dimanche 6 avril 2003

Itinéraire : de la Cabane du Trient à la Cabane de Valsorey (avec un transfert en voiture de Champex à Bourg-Saint-Pierre)

Départ à 8 heures après un petit déjeuner copieux, je suis le seul à monter au-dessus du refuge pour gagner un couloir raide (45°)
dans le Glacier d'Arpette qui, selon le gardien de la cabane,
est en excellente condition, c'est-à-dire que je devrais y
trouver de la neige poudreuse.
Il s'agit d'une variante qui est intéressante pour moi
car elle me fait gagner du temps par rapport à
l'itinéraire classique qui passe par le Col
des Ecandies. Du même coup, ce sera
du plaisir en plus car pour 15 petites
minutes de montée, je me paye
le luxe de descendre un
couloir de plus de 800
mètres, et en neige
poudreuse de
surcroît ! J'ai malgré
tout une petite
hésitation 
lorsque je me
trouve en
haut, seul
devant
cette pente
vertigineuse.
 
Tant pis, je suis là pour ça, je l'ai choisi et c'est en dérapage que je descends les 20 premiers mètres en raison de l'étroitesse du passage qui m'empêche d'entamer le moindre virage en sécurité. Là, une fausse manoeuvre est interdite, d'autant plus qu'avec 16 kg dans le dos, j'aurais vite fait de me déséquilibrer. Un peu plus bas, chaque virage est un plaisir, en sentant les poussées d'adrénaline qui montent. En contrebas, je commence à apercevoir des groupes de skieurs partis de la cabane longtemps avant moi, ayant suivi l'itinéraire classique ou une variante (Fenêtre du Chamois).
Dès le bas du couloir, je dois rejoindre le fond du vallon, la Val d'Arpette, qui est difficile à skier car la neige est encore toute cartonnée. Le soleil n'a pas encore frappé de ses rayons les pentes sud, et c'est sur les contrepentes orientées au nord que je trouve encore un peu de poudreuse pour faire quelques belles trace. Plus bas vers 1800 mètres d'altitude, je dois changer de côté pour trouver cette fois-ci de la neige dure dans laquelle je n'enfonce pas et qui me permet de gagner le lieu-dit l'Arpette assez vite.
  Tout en croisant des randonneurs qui montent, eux, je me trouve sur un chemin enneigé ou plutôt gelé qui me propulse dans la station de ski de Champex. Je chuterai lourdement emporté par une fausse trace et l'inertie du sac à dos. Me voilà à terre sans avoir eu le temps de comprendre ce qui s'était passé.
Champex, charmant village, m'accueille. Après quelques centaines de mètres à pied, les skis sur le dos, je gagne un bistro au bord du lac, où j'attendrai Benoît, mon compagnon de randonnée pour la suite du raid, avec qui nous nous étions donnés rendez-vous à 11 heures. Il est alors 9h30 et c'est devant un chocolat chaud puis un café que je tuerai le temps. J'aurais pu partir beaucoup plus tard de la Cabane du Trient mais je n'avais aucune idée de ce que la descente représentait. J'utilise donc toute cette avance comme un repos avant d'attaquer la suite qui ne sera pas de tout repos puisque nous aurons encore 1500 mètres d'ascension à effectuer.


Lac de Champex - Benoît dans la montée à la cabane de Valsorey (au second plan, le Vélan)

Benoît arrive enfin à l'heure prévue, conduit par son amie Marie qui nous pousse jusqu'à Bourg-Saint-Pierre, quelques kilomètres plus haut sur la route du col du Grand Saint Bernard, d'où nous partons pour la deuxième partie.
Nous sommes alors à 1600 mètres et le défaut de neige nous oblige à marcher pendant une bonne heure sans prendre beaucoup d'altitude. 
.
Dès que les plaques de neige deviennent suffisamment contiguës nous rechaussons les skis et progressons alors plus vite en remontant le vallon jusqu'à l'amorce d'un passage entre deux éperons rocheux Là, nous nous arrêtons pour casser la croûte. Au menu : viande séchée, pain de campagne, saucisson de montagne, noisettes et abricots secs, ce qui constituera notre repas de midi quotidien pendant les jours à venir. Après ce ravitaillement, nous reprenons les choses sérieuses : une pente plus prononcée qui nous fait gagner de l'altitude plus rapidement encore et nous permet d'atteindre la Cabane de Valsorey par une grande pente finale. Nous arrivons au vent dans le froid, au bout de nombreux efforts qui paraissent interminables, apercevant le refuge au dernier moment seulement.

La Cabane de Valsorey, située à 3037 mètres, peut accueillir 60 personnes mais aujourd'hui nous ne sommes pas nombreux. En tous les cas nous sommes bien au chaud, à contempler les nuages qui remontent à une vitesse vertigineuse sur un fond gris orangé au coucher du soleil. Inutile de dire que nous passons ici une bonne nuit, nullement influencés par l'altitude qui devrait pourtant commencer à se faire sentir sur notre organisme.

deuxième départ à Bourg Saint Pierre suite et fin de l'itinéraire
Cabane de Valsorey

inscription sur la façade
coucher du soleil
vue sur le Mont Vélan

Lundi 7 avril 2003

Itinéraire : de la Cabane du Valsorey à la cabane de Chanrion

 

Debout dès 6 heures pour un petit déjeuner rapide, personne n'est très chaud pour partir en premier car il faut faire la trace dans la pente qui est assez raide, et dont les derniers 200 mètres, avant d'arriver au col, sont particulièrement exposés au vent. Il fait -17°C au départ de cette journée, selon le guide américain qui se trouve avec nous à ce moment. En raison du froid intense, les peaux ont presque du mal à bien coller aux skis et il faut se battre pour arracher chaque pas de la neige. Jamais je n'aurais osé partir randonner à la journée dans ces conditions quelque peu extrêmes, mais Chamonix- Zermatt réserve parfois des surprises et nous devons nous adapter aux conditions quelles qu'elles soient. Il s'agit là d'un engagement que nous avons accepté. L'accès au col est un mur de 45° d'inclinaison dans lequel il est impossible de continuer à skis. Notre seule motivation est un temps dégagé, même si quelques nuages nous plongent dans un brouillard éphémère de temps à autre. 

 
   

(voir partie manquante sur figure suivante)
 
Plusieurs fois dans la montée, je suis obligé de secouer fortement mes bras dans un mouvement de balancier pour me
réchauffer le bout des doigts. Malgré les moufles, le seul contact avec les bâtons de skis suffit à les geler et donc à leur
enlever toute sensibilité. Nous arrivons finalement au sommet où il fait alors -21°C.
 
     
     
    Inutile de préciser que l'eau de mon Camelbak est gelée depuis longtemps et que notre seul recours pour boire est le thermos de thé qui se trouve au fond du sac. Nous nous trouvons précisément juste sous le sommet du Grand Combin.

Nous ne nous attardons pas ici plus longtemps, il faut vite continuer, skis aux pieds dans une pente assez raide qui nous conduit sur le Plateau du Couloir par des virages courts pour éviter de prendre trop de vitesse. C'est de toute beauté. Nous apercevons plus loin le Col du Sonadon où nous devrons passer. Le faible dénivelé pour y parvenir ne justifie pas de devoir recoller les peaux de phoque sur les skis: Après la traversée du plateau, nous remontons légèrement en traversée pour gagner le col.

Une longue descente sur le magnifique glacier du Mont Durand est censée nous procurer beaucoup de plaisir, mais voilà...Nous découvrons un vent glacial qui redouble de violence, et qui souffle face à nous, sans parler des nuages qui commencent à nous effleurer. Sans visibilité, nous vivrions un calvaire sur un glacier crevassé comme celui-ci. Nous nous laissons glisser quelques kilomètres plus bas que nous atteignons péniblement une heure plus tard en comptant les multiples arrêts pour nous épargner les gelures au visage. En même temps, il faut bien regarder devant soi sous peine de passer accidentellement au-delà de grosses barres de séracs ou crevasses. 

La sensation de température, dans les rafales de vent, est extrême, et c'est avec soulagement que nous retrouvons sur la rive droite un peu d'abri où notre itinéraire continue sur une légère remontée. Nous atteignons un petit col qui surplombe le vallon d'où nous pouvons évaluer facilement le temps qui nous reste pour arriver à la Cabane de Chanrion. Dans un premier temps, la descente dans le fond du vallon par des contrepentes est une moindre récompense car nous trouvons de la neige poudreuse dans laquelle de jolis virages s'enchaînent facilement malgré la fatigue accumulée dans les jambes. Nous attendions tant ce moment-là que nous retrouvons facilement des ressources. 


Dans la pente finale d'accès au plateau du Couloir - Vue du glacier du Mont Durand depuis la Cabane de Chanrion

Après un petit lunch improvisé mais nécessaire, il ne nous faut pas plus de trois quarts d'heure pour atteindre la Cabane de Chanrion, à seulement 2460 mètres dans un ultime effort de montée.

Délivrance ! Nous arrivons au chaud pour un repas reconstituant, après une journée que je pourrais qualifier d'extrême, surtout pour un mois d'avril ! Une chose est certaine : cela nous a permis de tester le matériel et surtout l'habillement très objectivement pour en tirer ensuite des conclusions. Dans de telles conditions, il m'aurait fallu des sur-gants et peut-être aussi une cagoule qui couvre la majorité du visage.


Cabane de Chanrion - Séchage des peaux de phoque

Mardi 8 avril 2003

Itinéraire : de la Cabane du Chanrion à la cabane des Vignettes

Nous voici lancés dans notre quatrième étape qui nous conduit à la Cabane des Vignettes, lieu
très fréquenté car d'accès facile depuis le village d'Arolla ou la Cabane des Dix. Nous prenons
donc tout de suite en montant au nord-est la direction du Glacier du Brenay qui constitue l'un
des trois itinéraires possibles, mais vraisemblablement le plus intéressant pour nous.
Nous grimpons sur la moraine en rive gauche, pour rejoindre ensuite le milieu du glacier
jusqu'aux fameux séracs qu'il nous faudra franchir. Il fait encore un froid glacial ce matin
et j'ai toujours beaucoup de mal à épargner le bout de mes doigts du gel. L'approche des
séracs, bien visibles au loin, est interminable. 
 
Nous sommes à l'ombre, c'est presque plat et malgré notre rythme soutenu il nous faut presque une heure pour parvenir à leur base. Rendons-nous à l'évidence, face à cette cathédrale de glace nous ne
sommes plus grand chose. La montagne impose le respect, me dis-je.
 

En effet,la pente est raide (environ 45° d'inclinaison au
   début avec des passages à plus de 50°). C'est 300
   mètres plus haut, au dégagement de cette passe que 
  nous nous reposerons et boirons un thé chaud mérité avant de rechausser les skis pour continuer.

Pour franchir ces séracs monstrueux nous devons chausser
les crampons et mettre les skis sur le sac. Encore quel-
ques kilos de plus ! Nous gravissons la pente à gauche 
de ces blocs de glace impressionnants, sur la rive
droite du glacier, faisant de temps à autre une
pause nécessaire pour reprendre notre
souffle et surtout garder notre 
concentration. Chaque pas doit
être assuré et le piolet bien
planté dans la neige
dure pour nous 
assurer toute
la sécurité
imposée.

Le redémarrage est difficile, sans doute à cause des douleurs
dans les jambes et les émotions procurées par cette dangereuse
pente. Un point positif cependant, le soleil est bien au rendez-vous
et contrairement à ce que nous pensions, il n'y a presque plus de vent.
Il fait sans doute toujours aussi froid mais c'est presque imperceptible grâce
à notre équipement vestimentaire surdimensionné. Inexorablement, nous pour-
suivons droit au milieu du glacier avec comme point de mire le Pigne d'Arolla au
sommet duquel nous passerons plus tard. Le froid commence à se faire sentir au fur et à
mesure que nous prenons de l'altitude, notre rythme de progression se ralentit en conséquence.
Nous progressons difficilement jusqu'au col en contrebas du Pigne d'Arolla, là où se pose l'hélico qui permet aux touristes de goûter aux joies de la montagne avant de descendre à skis sur Arolla. Nous laissons là les sacs en poussant un ouf de soulagement.                                                        

 Skis aux pieds, nous gagnons le sommet du Pigne en un quart d'heure, d'où nous pouvons contempler le panorama 
qui s'ouvre à nous. Nous apercevons nettement le Cervin, la Dent Blanche, le Weisshorn, le Grand Combin et de multiples
autres sommets importants, dont beaucoup dépassent les 4000 mètres. La descente à la Cabane des Vignettes ne sera
 qu'une formalité après avoir récupéré les sacs à dos. En effet, nous avons l'impression d'emprunter une véritable piste de ski,
certes plus pentue mais facile à skier avec la neige déjà transformée par les rayons du soleil.                                                        


avant le départ de la cabane de Chanrion...

Glacier du Brenay

ci-dessus à gauche :
arrivée sous les séracs, rive droite du glacier

ci-dessus :
vue sur le bas du glacier

ci-contre :
montée raide dans la pente de neige

 

Glacier du Brenay

ci-contre : la pente est très raide

ci-dessus :
vue de la Serpentine depuis le bas pendant la montée
 


Panoramas : la Dent Blanche et le Cervin - Le Grand Combin


La cabane des Vignettes - Au sommet du Pigne d'Arolla

Mercredi 9 avril 2003

Itinéraire : de la Cabane des Vignettes à Zermatt

 




Ce matin, il fait très froid et le temps est un peu bouché. Nous nous demandons s'il faut vraiment partir sur l'itinéraire prévu pour rallier Zermatt. Se trouver dans le mauvais temps serait un enfer. Il a neigé pendant la nuit, ce qui a apporté une fine couche de poudreuse qui peut être intéressante pour les descentes, surtout que cette dernière étape nous offre beaucoup de dénivelé négatif.

Le temps a l'air de se dégager un peu alors nous décidons finalement d'y aller, tout d'abord par une descente au col de Chermotane où nous mettons les peaux de phoque. Nous avons pris les précautions nécessaires pour qu'elles collent bien, ce qui n'est jamais évident par temps très froid.

 

 
Après une longue et
première montée au col de
l'Evêque (3386 m), nous passons
autour de séracs dans une pente
assez raide pour rejoindre le glacier
d'Arolla où nous nous arrêtons pour boire
une gorgée et manger une barre de céréales.
Nous avons ici la possibilité de redescendre
à Arolla, mais le temps a l'air de continuer à
se dégager alors nous continuons sur la route
prévue. Nous recollons alors les peaux pour
la deuxième ascension du jour, le col du Mont
Brûlé que nous atteindrons à pied car la pente
est trop prononcée pour garder les skis.
   
 


Montée au col du Mont Brûlé, et arrivée au sommet

Enfin, une dernière traversée nous conduit au col de Valpelline, juste sous Tête Blanche, bien connue pour être le point culminant de la célèbre Patrouille des Glaciers. Nous arrivons au soleil, et c'est avec soulagement que nous posons les skis pour contempler les hauts sommets qui nous apparaissent sous les yeux : la Dent Blanche et le Cervin pour les plus caractéristiques. Le spectacle est magnifique, il y a un soleil radieux.

Zermatt est encore loin et c'est par une très longue descente sur différents glaciers (Stockjigletscher, Tiefmatengletscher, Zmuttgletscher), en contournant parfois d'immenses
séracs, que nous rallions Zermatt et le téléphérique de Furi. Une descente magnifique qui n'a rien à envier à la Vallée Blanche de Chamonix (Quoique !)

 
   
  Nous traversons la village à pied. Il n'y a plus qu'a attendre le train pour Genève qui nous attend seulement une heure plus tard. En effet, nous n'avons mis que 6 h 40 pour arriver jusque là, au lieu des 8 heures prévues.    
   


La Dent Blanche et le Cervin, vus depuis le col de Valpelline (Tête Blanche)

     
   
     
   

 


Passage sous Tête Blanche - Séracs impressionnants sous le Cervin

 


Pose devant le Cervin, avant la descente sur Zermatt


Refuges et cabanes suisses

Cabane du Trient

altitude : 3170 mètres
nombre de places : 124
téléphone : +41 27 783 14 38
gardiens : Thierry et Fatima Amaudruz

coordonnées GPS swissgrid (CH 1903)
0569400 / 0094300

coordonnées GPS WGS284
N 46° 00' 02.8 ", E 7° 02' 40.4"

demi-pension : CHF 52 (nuitée CHF 19 + repas et petit dejeuner CHF 33)

Cabane de Valsorey

altitude 3037 mètres
nombre de places : 60
téléphone : +41 27 787 11 22
gardien : Remy Vermot

coordonnées GPS swissgrid (CH 1903) 0587050 / 0086540

coordonnées GPS WGS284
N 45° 55' 53.5", E 7° 16' 21.4"

demi-pension : CHF 51 (nuitée CHF 19 + repas et petit dejeuner CHF 32)

Cabane de Chanrion

altitude : 2462 mètres
nombre de places : 86
téléphone : +41 27 778 12 09
gardien : Jacky Farquet (contact hors saison cfarquet@swissonline.ch)

coordonnées GPS swissgrid (CH 1903)
0595520 / 0087510

coordonnées GPS WGS284
N 45° 56' 25.3", E 7° 22' 54.5"

demi-pension : CHF 50 (nuitée CHF 18 + repas et petit dejeuner CHF 32)

Cabane des Vignettes

altitude 3160 mètres
nombre de places : 125
téléphone : +41 27 283 13 22
gardien : Jean-Michel Bournissen

coordonnées GPS swissgrid (CH 1903) 0602870 / 0093140

coordonnées GPS WGS284
N 45° 59' 27.7", E 7° 28' 35.9"

demi-pension : CHF 50 (nuitée CHF 18 + repas et petit dejeuner CHF 32)


Liste de matériel

obligatoire

skis et bâtons de rando
sac à dos 55/70 litres
chaussures de randonnée à skis
peaux de phoque (2 paires dont une de rechange)
couteaux
anti-botte en bombe
crampons
piolet droit
1 paire de gants légers
1 paire de gants ou moufles chauds ou sur-gants
1 bonnet polaire avec cache-oreilles
1 gourde ou 1 camelbak avec tuyau isolant contre le gel
lampe frontale (pour le soir dans les refuges)
ARVA ou Ortovox avec piles neuves
lunettes de glacier (haute protection). Prévoir une paire de rechange
1 veste polaire
1 veste gore-tex
baudrier
cordelette(s)
quelques dégaines (2 ou 3)
corde rando 15/30 mètres
boussole
plusieurs paires de chaussettes de rando
cartes topographiques 1/50000ème suisses
tee-shirts thermiques (sèchent rapidement après lavage)
sangles longues et courte
broches à glace
mousquetons à vis
masque de ski (en cas de mauvais temps ou froid intense)
couverture de survie
pelle + sonde
1 collant
1 pantalon de rando genre gore-tex
2 carlines ou polaires fines
rouleau de sparadrap résistant (strapal) pour le collage d'urgence des peaux ou autre réparation
argent de poche (voir coût des cabanes)

conseillé

tee-shirt(s) pour la nuit
sac à viande léger (ou draps) pour les refuges
1 thermos pour le thé
colltex en bombe (pour réencollage rapide)
colliers plastiques (pour réparations de fortune)
piles de rechange pour appareil photo, lampe frontale
photocopies couleurs des cartes topographiques sur les trajets empruntés
pochettes plastiques pour cartes et diverses choses sensibles au froid ou à l'humidité
papier journal pour sécher les chaussons au refuge
liste des numéros de téléphone des refuges, horaires des transports
carte du Club Alpin pour réduction
photocopies des pages concernées des guides Labande Valais Central, Chamonix Mont Blanc, Haut-Valais (voir Cartographie - bibliographie)
aspirine à croquer et autres médicaments de première nécessité
appareil photo ou caméscope avec batteries de rechange
petite serviette de toilette et gant
nécessaire de toilette allégé (échantillons)
1 petit sac plastique pour habits sales (sac poubelle)
1 mini-tupperware (pour nourriture entamée)
baskets légères pour le soir dans les refuges et pour le confort à la fin du raid

facultatif

radio VHF
GPS avec piles de rechange
montre avec ceinture cardio et relevé des altitudes

nourriture pour la journée (les refuges sont à considérer comme gardés et proposent donc un repas du soir et un petit déjeuner)

pains complets aux céréales
barres de céréales (3 à 4 par jour)
abricots secs
raisins secs
viande séchée


Conclusion

La Haute Route Chamonix Zermatt reste un raid à skis très exigeant car lié aux conditions météorologiques pouvant être extrêmes. En haute montagne, même au mois d'avril, la température est fréquemment négative et peut, comme dans notre cas, descendre au-dessous des -20° C.

Il faut être en excellente condition physique, avoir une bonne expérience de la randonnée à skis (si possible sur plusieurs jours consécutifs) et des techniques d'alpinisme. Il faut être familier avec l'utilisation des crampons, piolets, corde, baudrier et ne pas avoir peur des pentes raides, à la montée comme à la descente. Enfin, il est fortement recommandé de savoir skier en toutes neiges. Il vaut mieux avoir également l'expérience de secours en cas de victimes d'avalanche, et si possible connaître les techniques de sortie d'une crevasse, l'itinéraire empruntant très souvent des glaciers.

Outre l'itinéraire classique, les possibilités sont néanmoins assez nombreuses pour changer de route ou dévier sur un autre refuge en cas de mauvaises conditions météo, ou alors en cas de difficultés ou passages techniques pour lesquels vous n'avez pas le niveau requis.


Bonnes adresses


Contacts


Cartographie - Bibliographie

Cartes éditées par la Fédération suisse de ski, au 1/50000ème : Carte routière de suisse

Topo-guides de randonnée à skis :

Ski de Randonnée Valais-Central
118 itinéraires de ski-alpinisme dont la Haute Route
Auteur : François Labande, date de sortie : 1999
n° ISBN : 2-88086-224-8
Ski de Randonnée Haut-Valais
120 itinéraires de ski-alpinisme (4000 m de Zermatt)
Auteur : François Labande, date de sortie : 1992
n° ISBN : 2-88086-095-4
Ski de Randonnée Hte-Savoie & Mt-Blanc
170 itinéraires de ski-alpinisme
Auteur : François Labande, date de sortie : 1999
n° ISBN : 2-88086-223-X


Autres informations utiles

départ 18h
départ 19h
départ 20h

(coût = CHF 88 en avril 2003)

départ 11h34
départ 13h30

départ 17h20

Ces horaires sont valables en avril 2003 (vérifier leur validité)


Liens internet